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“La première de nos préoccupations, c’est le prix payé aux producteurs”

Très attendus par la profession agricole, les États généraux de l’alimentation ont été lancés le 20 juillet par le Premier ministre Edouard Philippe. Réaction de Yannick Fialip, FDSEA43.

Nous devons redonner un prix à l’alimentation.
Nous devons redonner un prix à l’alimentation.
© HLP

Dans le cadre des États Généraux de l’Alimentation, la première de nos préoccupations, c’est le prix payé aux producteurs. Il faut en effet que l’on retrouve de la valeur pour les produits agricoles et alimentaires ; nous devons redonner un prix à l’alimentation. En France, les standards de production sont supérieurs (du point de vue sanitaire, environnemental et social) aux standards européens et mondiaux ; cela doit donc se traduire par un prix supérieur ! Si la société réclame davantage de qualité sanitaire et environnementale dans son alimentation, il faudra que les prix payés aux producteurs soient plus élevés. Nous espérons arriver à avancer sur ce point-là dans le cadre des États Gérénaux de l’Alimentation car il y a vraiment urgence pour les producteurs !
Nous espérons aussi une évolution des lois (nationales et européennes) sur la concurrence pour qu’on laisse aux producteurs la possibilité de s’organiser pour arriver à une gestion des volumes et atteindre un prix rémunérateur. Pour ce faire, il est important d’intégrer les coûts de production dans la définition des prix payés aux producteurs mais il faut aussi encadrer plus fortement les promotions qui sont réalisées dans le domaine alimentaire. Il est d’ailleurs choquant de constater qu’un secteur (Ndlr : alimentaire) qui génère si peu de valeur ajoutée auprès des producteurs soit celui qui occasionne le plus de publicités dans les médias ! 
Je pense d’autre part, qu’il va falloir limiter la construction des surfaces de vente alimentaires en France car cela induit une forte concurrence qui, elle même, tire les prix payés aux producteurs vers le bas.
De notre côté, nous producteurs, devons intégrer de nouveaux modes de consommation telles que les plates-formes numériques ; de nouveaux outils qui permettent de mettre en valeur nos produits, notre image, nos territoires tout en récupérant de la valeur ajoutée.
Notre région Auvergne Rhône-Alpes a su segmenter le marché en entrant dans des démarches de qualité (AOP, label rouge...) et de territoire (démarche montagne), mais pour autant nous n’obtenons pas un prix suffisant pour nos produits. Rappelons que dans notre région, le revenu des agriculteurs est inférieur de 30% comparé au niveau national. Les États Généraux devraient être l’occasion de retrouver un prix supérieur au marché mondial pour nos produits.
Nous redoutons toutefois que les États Généraux se limitent à un débat de société porté par les associations environnementales et de consommateurs ; on risquerait alors de passer à côté du sujet majeur du revenu des agriculteurs. Les producteurs sont prêts à entendre les demandes de la société, mais pour y répondre, ils ont besoin d’un prix supérieur pour leurs produits.

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