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La porcherie de Marchastel illustre une forme de développement durable

Après bien des déboires, Nathalie et Christian Chalier vont enfin pourvoir engraisser les porcs qu´ils ont fait naître. Maillons d´une filière courte, ils sont montrés en exemple.

C´est un paradoxe : la viande de porc est appréciée, la charcuterie encore davantage, le consommateur ne formule pas d´inquiétude quant à la sécurité alimentaire de cette production, mais l´élevage de porcs traîne derrière lui une assez mauvaise image. Les professionnels qui dressent ce constat font aujourd´hui leur mea-culpa. "Un fossé s´est creusé entre les éleveurs et une opinion publique devenue méfiante. Voilà pourquoi il est temps de démystifier et d´ouvrir les portes de nos élevages", a lancé Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP), devant le nouvel atelier de la famille Chalier, à Falgères de Marchastel. La FDSEA y organisait, mercredi 26 octobre, une "Journée pour un développement durable de la production porcine dans le Cantal".

Faire vivre un territoire

Pour Christian Guy, président de la section porcine départementale, il est inutile de revenir sur les difficultés -heureusement rarissimes- rencontrées par la famille Chalier. Il s´agit de présenter un exemple de "petit atelier moderne et propre" et ses débouchés : 40 porcs charcutiers vendus chaque semaine à la salaisonnerie Pallut de Condat. Face à des producteurs et des intervenants de filière (marchands d´aliment, groupement, abatteurs, transformateurs...), il a surtout tenu à démontrer que l´on peut vivre de la production porcine et faire vivre un territoire en créant de l´emploi. Une condition toutefois : se déconnecter du cadran national, en développant des produits de qualité, qui profitent à une filière courte et locale. "Ici, nous avons un exemple de la bonne évolution", a remarqué Francis Lebas, président du groupement MC-porcs. "En choisissant l´engraissement, M. et Mme Chalier valorisent leur production". Il ajoute que les signes de qualité, comme l´IGP sur les salaisons d´Auvergne, vont venir conforter ces filières locales. "Chaque maillon y sera gagnant, permettant de faire vivre tout un pays", souligne Patrick Escure, président de la FDSEA du Cantal.

Des démarches qualité

Louis-François Fontant, président de la Chambre d´agriculture, confirme "qu´entrer dans une démarche de différenciation est une nécessité absolue". A ce titre, Georges Champeix, président de l´association Porc-montagne, a présenté sa démarche et assuré que la grande distribution était intéressée par des niches de qualité. Aux 270 magasins livrés toutes les semaines, 130 autres vont s´ajouter au 1er janvier et encore une centaine d´autres courant 2006. "Avec la garantie d´une plus-value plus importante encore que les 8 centimes d´euros proposés aujourd´hui", certifie M. Champeix. Il précise cependant que, pour en profiter, les éleveurs doivent s´engager à assurer des animations commerciales. Une manière de faciliter le dialogue entre les éleveurs et la société.

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