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La mixité dans les métiers : le lycée agricole de Bourbonnais informe ses élèves

Les élèves de classe de Seconde ont participé à une demi-journée de sensibilisation à la place des femmes dans le monde professionnel. L’occasion de rencontrer des femmes et des hommes à l’aise dans des métiers où l’on ne les attend pas forcément et de combattre les aprioris.

Une centaine d’élèves ont participé à l’événement.
Une centaine d’élèves ont participé à l’événement.
© AA

C’est par un quizz sur l’égalité hommes/femmes que les jeunes ont pu prendre part activement au débat grâce à leur smartphone et Kahoot !, une plate-forme d’apprentissage ludique, utilisée comme technologie éducative dans les écoles et autres établissements d’enseignement. Une dizaine de questions pour lesquelles les réponses n’étaient pas forcément, à première vue, évidentes. Une expérience cependant très enrichissante.

15% des femmes occupent des postes de direction en France

Les jeunes ont ainsi pu apprendre que l’écart de salaires mensuels entre les deux sexes est, en France, de 455 euros. Chaque semaine, les femmes passent dix heures de plus que les hommes à effectuer des tâches domestiques et seulement 5 % des personnes qui prennent un congé parental après la naissance d’un enfant sont des hommes. OU Les femmes effectuent 72 % des tâches domestiques et seulement 5 % des personnes qui prennent un congé parental après la naissance d’un enfant sont des hommes. L’orientation dans le parcours d’étude est elle aussi particulièrement marquée avec seulement 4 % des garçons de Seconde générale ou technologique qui se dirigent vers la filière littéraire, et 9 % des filles qui choisissent l’aménagement paysager.  Autre constats édifiants : seulement 15 % des femmes occupent des postes de direction dans les entreprises en France et une seule d’entre elles est devenue Première Ministre, Edith Cresson. Lorsqu’elles sont nommées ministres, près de la moitié d’entre elles (45%) sont ministres déléguées ou secrétaire d’État. Un reflet de la situation dans le Monde avec 23 femmes cheffes d’État sur les 193 pays reconnus par l’ONU.

Une rencontre importante par rapport à l’orientation scolaire. Émilie Dillenschneider est la déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité : « Le cœur de cette matinée était de faire réfléchir les élèves sur leur choix de métier et de leur montrer que des femmes pouvaient l’exerçaient dans des secteurs très masculinisés et, inversement, que des hommes pouvaient l’exerçaient dans des secteurs très féminisés. Des exemples pour leur ouvrir des portes et leur montrer qu’un autre choix d’orientation était possible par rapport à tout ce qu’on peut avoir comme représentation de soi-même vis à vis de ses parents, de sa famille ou par les médias. Une réflexion qui permet de tisser des liens avec d’autres problématiques sur l’égalité hommes/femmes, comme le respect, par exemple, pour un homme qui déciderait de s’engager dans une filière petite enfance. Le but aussi est de faire en sorte que les jeunes aient un plus grand respect pour chacun, indépendamment des stéréotypes et du rôle que devrait avoir une fille ou que devrait avoir un garçon ».

Des réponses surprenantes, plus optimistes

Les réponses apportées au quizz par les élèves sont parfois surprenantes, sans doute plus optimistes que la réalité, lorsqu’il s’agit de questions à choix multiples. Les jeunes femmes ont, en revanche, un regard plus critique sur les représentations. « Les choses évoluent cependant doucement mais pas pour tout le monde et pas dans une proportion massive mais quelque chose est en route. On va dans le bon sens », Émilie Dillenschneider.

Lors cette journée, plusieurs intervenants ont témoigné, qui occupent des métiers où on ne les attend pas forcément, comme ces hommes assistants-sociaux, puériculteurs, sages-femmes ou ces femmes pompiers, travaillant dans des abattoirs, dans la maintenance industrielle. Émilie Dillenschneider : « Quand on est enseignant ou enseignante et qu’on a la responsabilité d’un groupe d’enfants qui nous connaissent, il est important de provoquer des rencontres avec des personnes qui exercent ces métiers pour lesquels on n’a pas forcément l’idée de les associer à l’autre sexe. Une réalité qui a un impact beaucoup plus fort sur les élèves ». Une demi-journée où les jeunes ont travaillé en ateliers avec des professionnels de secteurs très différents pour leur permettre de s’interroger, de discuter en petits groupes. Ils ont ainsi eu un éventail assez large des possibilités en terme d’orientation.

Montrer d’autres modèles

Une journée à l’initiative du lycée du Bourbonnais dans le cadre du projet d’établissement et de son axe « égalité filles/garçons ». De là s’est constitué un groupe de travail autour de ce sujet, composé d’enseignants et de membres du personnel avec autant d’hommes que de femmes. Un travail commun qui a permis de ponctuer l’année de différentes opérations. Pour Béatrice Chevallereau, directrice de l’EPL du Bourbonnais : « L’orientation est un vrai enjeu car souvent, à quinze ans, on fait des choix, peut-être avec une certaine pression. Il nous semblait important de montrer d’autres modèles ». Un établissement agricole qui propose des filières générales et technologiques composées d’autant de filles que de garçons. Avec 52 % des effectifs sur l’ensemble des filières, c’est  même les filles qui sont les plus nombreuses. Des nuances cependant : si les filières services à la personne sont en majorité composées de filles, la situation s’inverse dans les filières aménagements paysagers où les filles sont les moins nombreuses. En filière agricole, la mixité est un peu plus assurée avec un modèle un tiers de filles, deux tiers de garçons. Du côté des membres du personnel, la parité semble atteinte avec une majorité de femmes dans l’équipe de direction. Parmi ces femmes, Blandine Bersac, conseillère principale d’éducation, qui a coordonné l’évènement : « En fait il y a un problème latent, inhérent à nos sociétés sur l’égalité filles/ garçons. De là est née une conscience collective au sein de l’équipe enseignante à laquelle se sont joints des formateurs du CFA qui ont décidé de travailler ensemble sur l’égalité. Nous avons travaillé de concert avec Émilie Dillenschneider, de la préfecture de l’Allier. Un échange qui nous a permis d’établir un diagnostic et d’utiliser des outils avec lesquels travailler sur la mixité dans les métiers ». Le lycée du Bourbonnais a décidé de s’abonner à la revue « Femmes d’ici et d’ailleurs », à disposition au CDR de l’établissement.

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