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Sécheresse
La FRSEA du Limousin demande la mise en place d'une cellule régionale de crise.

Face au déficit de pluviométrie qui semble s'installer durablement en France et qui n'épargne pas notre région, la FRSEA du Limousin, réunie en conseil d'administration le 3 mai dernier, et JA Limousin demandent aux pouvoirs publics régionaux ainsi qu'au Conseil régional une réactivité forte pour aider la profession agricole.

Des demandes ciblées Il est en effet urgent de prendre des mesures pour atténuer les répercussions financières de la sécheresse, notamment dans le secteur de l'élevage, déjà en grande souffrance économique.

Des courriers ont été adressés en ce sens à M. Jean-Paul Denanot, président du conseil régional et à M. Yves Dassonville, préfet du Limousin. Le syndicalisme agricole demande d'urgence la réunion d'une cellule de crise spécifique « sécheresse » avec l'ensemble de la profession. Les différentes mesures pouvant être mises en oeuvre pour passer ce cap difficile y seraient abordées.Des demandes d'interventions très ciblées ont également été formulées. Ainsi, la profession a demandé au représentant de l'État de transmettre au ministère ou à l'Europe, les demandes de mesures conjoncturelles suivantes :
- le non broyage des pailles produites par les céréaliers afin que les éleveurs puissent en bénéficier aux meilleures conditions ;
- une dérogation à la règlementation sur les CIPAN afin de ne pas pénaliser les céréaliers pour cet acte de solidarité envers les éleveurs ;
- une hiérarchisation des priorités sur l'usage de l'eau (l'abreuvement des animaux ne doit pas mis au même rang que le remplissage des piscines, le lavage des voitures ou l'irrigation des espaces verts par exemple) ;
- une intervention financière de l'Etat euro compatible voire un accompagnement européen spécifique ;
- le lancement sur l'heure des investigations de terrain par les comités d'enquête sècheresse ;
- la suppression du ratio de maintien de prairies permanentes pour 2011 afin d'ensemencer davantage de terres. Des mesures plus structurelles, telles que l'amélioration de la règlementation sur la gestion des stocks d'eau hivernaux (retenues collinaires entre autres) ont également été revendiquées. Au niveau régional, des accompagnements spécifiques sur l'ensemencement ainsi que des aides au transport de la paille ont été demandés.

Une action déjà commencée Par ailleurs, répondant au vieil adage « aide toi et le ciel t'aidera », la profession n'a pas attendu la réponse de ses différents interlocuteurs pour commencer à agir. Les FDSEA contractualisent avec les départements céréaliers afin de fournir de la paille à leurs adhérents et ainsi éviter d'éventuelles spéculations.

A ce jour, aucun changement dans ce schéma climatique exceptionnel ne s'annonce. Les spécialistes évoquent le spectre de la sécheresse de 1976 qui pourtant, à la même date, ne faisait pas état d'une baisse des réserves hydriques de cette ampleur ! Avec un déficit cumulé des précipitations de l'ordre de 80 à 90 %, depuis le début de l'année même si les pluies de printemps venaient à arriver, elles ne parviendraient pas à reconstituer les réserves nécessaires. Si ce scénario perdure, l'élevage, production agricole majoritaire du Limousin, ne survivra pas à ce nouveau fléau. Nous assisterons non seulement à des faillites et à une décapitalisation du cheptel, mais aussi à des drames humains que chacun doit s'efforcer d'éviter à son niveau.

En ces temps perturbés, la solidarité doit s'exprimer au sein de la profession mais aussi au-delà. Les membres de la FRSEA et de JA Limousin espèrent que les représentants de l'État et des collectivités locales les auront entendus et sauront se mobiliser à leurs côtés !

Communiqué de presse de la FRSEA du Limousin, le 10 mai 2011

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