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La France se prépare contre la FCO 3, les éleveurs sont appelés à vacciner

[article] La France instaure une zone régulée dans les territoires frontaliers avec la Belgique pour freiner la propagation de la fièvre catarrhale ovine du sérotype 3, non présent en France. Les mouvements d’animaux sont restreints.

© Istock

Le gouvernement et les éleveurs s’y étaient préparés : après les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Allemagne, les foyers de fièvre catarrhale ovine du sérotype 3 (FCOBTV3) se multiplient en Belgique, progressant vers le sud du pays en direction de la France. Afin de « freiner la progression » de la FCO-BTV3, non présente en France, le ministère de l’Agriculture a annoncé, dans un communiqué du 31 juillet, l’instauration d’une zone régulée le long de la frontière avec la Belgique. Cette décision intervient après la détection deux jours plus tôt d’un foyer dans un élevage de bovins situé dans la commune belge de Chimay à la frontière française. La zone régulée s’étend du Pas-de-Calais à la Moselle. Dans les départements concernés, les déplacements vers le reste du territoire national sont restreints pour les animaux sensibles à la maladie (bovins, ovins, caprins), non transmissible à l’homme. Pour être autorisés à quitter la zone, les ruminants devront « avoir fait l’objet d’un traitement de désinsectisation dans les deux semaines précédant leur départ et avoir obtenu un test de dépistage négatif ». 


Mouvements suspendus vers l'Espagne


Les mouvements sont suspendus vers les pays qui n’acceptent que des animaux vaccinés, comme l’Espagne qui a mis en place un programme d’éradication de la maladie.
En revanche, ils pourront se poursuivre vers les pays membres de l’Union européenne acceptant la désinsectisation et le test de dépistage négatif.


Des commandes de vaccins lancées


L’instauration d’une zone régulée à la frontière pour prévenir la propagation de la FCO-BTV3 est encadrée par un arrêté du 4 juillet. La nouvelle réglementation prévoit que la mise en place de restrictions de mouvements dans les zones régulées (150 km autour des foyers) s’accompagne d’une obligation vaccinale dans des « zones tampons » (50 km autour des zones régulées). Des stocks de vaccins ont été commandés par la France, explique le ministère. Il indique que « les modalités de distribution, de prescription et d’administration de ces vaccins feront l’objet de précisions à court terme ». Sur ce point, une réunion a été convoquée par la DGAL (ministère de l’Agriculture) le 1er août dernier. 
Ce sérotype 3 apparait plus agressif chez les petits ruminants, et notamment chez les ovins, avec des taux de mortalité plus prononcés chez les adultes que les agneaux.»


GDS 63


En effet, d'après l'agence néerlandaise de contrôle des produits de consommation de Pays-Bas (NVWA) qui a recensé les cas de mortalité en élevage ovins et caprins sur la période du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2023, plus de 37 000 moutons supplémentaires sont morts par rapport à la même période les années précédentes. La mortalité a augmenté au Pays-Bas non seulement dans les élevages qui ont signalé des cas cliniques de BTV-3 à la NVWA, mais aussi dans les élevages qui n’en ont pas signalé mais qui étaient situés dans des zones infectées. Aucune surmortalité n’a été observée chez les chèvres au cours de cette période.
Selon Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine française, « les vaccins devraient être disponibles autour du 15 août. Les éleveurs doivent absolument vacciner pour protéger leur troupeau et éviter la propagation de la maladie». 
Depuis 2018, tout l’Hexagone et la Corse sont en zone régulée pour les sérotypes 4 et 8.
Contre ces sérotypes, la vaccination est volontaire, mais fortement recommandée.
Des cas récents de FCO du sérotype 8 ont été rapportés par les groupements de défense sanitaire (GDS) dans les Pyrénées-Orientales, l’Aude et l’Ariège.
Ils mentionnent des « cas cliniques graves et une mortalité élevée ». 
 

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