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La France offre des alternatives à l'export des bovins

À l'initiative de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire, une journée viande bovine a été organisée jeudi 11 octobre chez Vincent et émilie Cosme à Sanssac-l'Église.

Intervenants à la journée bovine du 10/10/24 : Etienne Combourieu, Anthony Fayolle et Nicolas Belleuf.
Tout un panel de débouchés sont possibles en France, selon les intervenants, Etienne Combourieu, Anthony Fayolle et Nicolas Belleuf.
© HLP

Trois bus de lycéens (terminales des lycées de Brioude-Bonnefont, ISVT Le Puy et George Sand Yssingeaux) et des éleveurs, principalement allaitants, ont participé à la Journée bovine, jeudi 10 octobre sur l'exploitation de Vincent et Émilie Cosme à Coyac commune de Sanssac-l'Église. L'objectif de cette journée était de s'intéresser aux perspectives d'avenir pour la production bovine en Haute-Loire

La journée s'est déclinée en 2 temps : en matinée, Caroline Monniot d'IDELE a présenté deux études concernant le marché des viandes de boeuf et veau. Où va le boeuf ? Où va le veau ? Quels produits pour quels marchés en 2022 ? Voilà les questions auxquelles ces études ont tenté de répondre. Cette intervention était suivie d'une présentation des chiffres de la viande bovine en Haute-Loire, par Philippe Halter, technicien spécialisé viande bovine à la Chambre d'agriculture de Haute-Loire. Enfin, étienne Combourieu éleveur à la Besseyre Saint Mary, Anthony Fayolle élu Chambre en charge du dossier viande et Nicolas Belleuf, Directeur technique à Sicarev, ont fait le point sur les tendances actuelles et les perspectives d'avenir. 

L'après-midi était divisé en 5 ateliers techniques autour des thèmes : 

  • activer les leviers de la productivité
  • optimiser les performances animales
  • valoriser l'herbe, des économies à la clé ; 
  • renforcer la durabilité des élevages
  • adapter les bâtiments aux évolutions. Ces ateliers étaient animés par des techniciens de la Chambre départementale d'agriculture.

 

Lire aussi -> L’élevage bovin français : un modèle durable


La décapitalisation bovine continue

Depuis août 2017, les cheptels de vaches viande et lait ont respectivement chuté de -14% et -10% en France.

Pour faire un portrait de la commercialisation des boeufs et veaux en France, l'IDELE s'est appuyé sur une enquête sur les volumes commerciaux de la filière ; enquête réalisée entre mars et décembre 2023, auprès de 88 entreprises (abatteurs, transformateurs, grossistes, RHD, GMS, bouchers…), avec pour but de comprendre comment circule la viande. D'abord, Caroline Monniot a insisté sur la décapitalisation vécue en France, en laitière et allaitante, depuis août 2017 avec - 575 000 vaches viande (-14% en 7 ans) et - 388 000 vaches lait (-10% en 7 ans), ce qui entraîne fatalement une diminution du nombre d'abattages. Quant au devenir de la viande bovine produite en France, on note qu'un mâle sur 2 en allaitant, part à l'export. Toutefois, depuis 2021, la filière a fait un effort pour renationaliser la viande.

 

La consommation de la viande bovine est en baisse

En termes de consommation, on enregistre une baisse de la consommation de viandes bovine (-2.3 kg/hab), ovine et porcine, au profit de la volaille et autres protéines végétales. Le développement des Fast-food a fait la part belle à la viande de boeuf hâchée, en GMS le boeuf se retrouve dans les produits élaborés, en boucherie traditionnelle, place au piécé et au veau… Boeuf et veau ont une bonne place en RDH (restauration hors domicile). En conclusion, l'intrervenante a souligné : « la GMS perd des parts de marché, la boucherie artisanale se maintient, pour les produits sous labels, on note un essoufflement du côté de la production comme de la consommation, le boeuf résiste bien notamment avec les produits transformés, le veau a moins la cote, et enfin la restauration commerciale est un bon créneau pour valoriser la viande française ».

Pour compléter le tableau, Philippe Halter a fait un point sur la production de viande bovine en Haute-Loire avec quelques chiffres d'abord : les vaches allaitantes représentent 40% du cheptel bovin, depuis 2018, les effectifs totaux de vaches baissent. La Haute-Loire compte 4 OP dont 3 commerciales et 3 abattoirs. Les productions issues des troupeaux altiligériens sont très diverses.

Lire aussi -> Les circuits courts : une activité chronophage mais majoritairement rentable


Un panel de débouchés


Une fois le contexte posé, la table ronde a permis d'aborder plusieurs pistes possibles pour continuer à produire et commercialiser des bovins, depuis la Haute-Loire. Ainsi, Nicolas Belleuf, a clairement dit que "Sicarev a besoin des jeunes". Il a incité les éleveurs à pousser leurs animaux "vous faites ce qui est le plus compliqué, faire naître, et vous envoyez vos animaux pour être élevés en Italie ou en Espagne". Le professionnel a clairement dit qu'il y a des places à prendre pour l'engraissement, "on a besoin de bâtiments".
Sur la filière Veaux des Monts du Velay, Étienne Combourieu a souligné l'intérêt de cette production qui pour l'heure, n'est "malheureusement pas assez rémunératrice". Pour lui, "il faut trouver une solution" pour la remettre au goût du jour. Éleveur de limousines, il a reconnu que des efforts importants ont été faits sur la génétique en Haute-Loire, "une génétique qui s'exprime au niveau national". Il insistait enfin sur un frein au développement de la production bovine, les bâtiments…
Reconnaissant que "ce qui dynamise le marché aujourd'hui, c'est l'export des petits veaux et broutards", Anthony Fayolle pose la question de l'avenir sur le marché français. Ce à quoi, Sicarev répond : "on produit de la qualité, il existe des débouchés avec un panel très large d'activités…", y'a qu'à ! Il semblerait donc que l'engraissement devienne de plus en plus intéressant.

Lire aussi -> Fermiers d'Or : 17 producteurs altiligériens primés

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