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Perspectives viande bovine en 2010
La France et l’Europe s’enfoncent dans le déficit

En 2010, la production française et européenne de viande bovine devrait s’inscrire dans le recul tendanciel observé depuis une dizaine d’année.

La consommation continue de diminuer de l’ordre de 0,5 % à 1 % par an. Mais elle résiste relativement bien à la crise, la croissance démographique atténuant la baisse de la consommation par tête.
La consommation continue de diminuer de l’ordre de 0,5 % à 1 % par an. Mais elle résiste relativement bien à la crise, la croissance démographique atténuant la baisse de la consommation par tête.
© D.R.

Selon l’Institut de l’Elevage, les importations de viande bovine de l’Union européenne en provenance d’Amérique des pays d’Amérique du Sud (Mercosur) devraient augmenter de 10 % en 2010 pour atteindre 465 000 tonnes. Légèrement supérieur à 3 % en 2009, le déficit européen de production par rapport à la consommation devrait atteindre 4 % en 2010. Quant à la France, elle devrait accroître ses achats de viande de réforme à ses partenaires européens et son taux d’auto-approvisionnement pourrait friser seulement les 90 % contre 93 % en 2009.

Comment en est-on arrivé là ? Dans l’Union européenne, la production de viande bovine s’inscrit dans une tendance à la baisse depuis plusieurs années. En 2009, le recul de la production estimé à 130 000 tonnes (-1,7 %) et 2010 ne devrait que confirmer cette tendance baissière de l’ordre de 1 %. Quant à la consommation, même si elle continue de diminuer de l’ordre de 0,5 % à 1 % par an, elle résiste relativement bien à la crise, la croissance démographique atténuant la baisse de la consommation par tête.

Même analyse pour la France. La perspective 2010 est d’abord caractérisée par la poursuite du déclin structurel de la production et par un effritement progressif de la consommation. Même si en 2009, les soubresauts engendrés, tantôt par la conjoncture laitière, tantôt par les accidents sanitaires ont pu contrebalancer cette tendance à long terme. Ainsi a-t-on assisté l’an passé à un accroissement important des abattages de femelles laitières lié à l’effondrement du prix du lait payé aux producteurs et aux mesures de gestion du marché (pas de prêts de quota). L’augmentation de ces abattages a compensé et même au-delà le repli de la production de jeunes bovins estimée à 7 % en 2009. Au final la production de gros bovins finis a augmenté de 1 % en France.

L’engraissement en recul

Mais un tel scénario ne se renouvellera pas en France en 2010 selon l’Institut de l’Elevage. Les abattages de vaches laitières devraient être moins abondants, notamment avec la nouvelle campagne qui va démarrer le 1er avril. Et même si les abattages de vaches allaitantes sont attendus en légère hausse, la disponibilité de femelles de type allaitant ne compensera pas la diminution de l’offre de type laitier. Bref la production de femelles devrait être inférieure de 3 % à celle abondante de 2009.

Quant à la production de jeunes bovins, le repli serait de même ampleur que celui de 2009 (de l’ordre de 6 %). A l’origine de cette évolution, un recul de l’engraissement qui trouve son origine à la fois dans les accidents sanitaires liés à la fièvre catarrhale ovine (perte de fécondité des vaches, retard des vêlages observés début 2009) et le dynamisme des exportations de broutards vers l’Italie et l’Espagne. Au final la production de gros bovins finis devrait reculer de 4 % en 2010 selon l’Institut.

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