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PAC
"La France doit faire le choix des Hommes"

Parce que les contours de la PAC tracés aujourd’hui vont conditionner le visage de l’agriculture de demain, Yannick Fialip en qualité de président de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire invite le ministre de l’Agriculture à faire preuve de bon sens, en ne sacrifiant pas les hommes et la diversité des productions à une spécialisation et une restructuration galopante au risque d’être comptable d’un vaste plan social, économique et territorial.

« On ne peut pas se satisfaire d’une PAC dont la seule ambition serait de gagner en compétitivité par une restructuration des exploitations »
© HLP43

Le ministre de l’Agriculture devrait très prochainement communiquer les grandes lignes de son plan stratégique national dans le cadre de la Pac post-2023. Qu’est-ce qui est en jeu ?

Yannick Fialip : C’est l’avenir de l’agriculture française qui est en jeu car de ces choix dépendront le modèle d’agriculture qui prendra l’ascendant dans notre pays. Il ne s’agit pas de simplifier le débat mais de poser les enjeux, qui doivent placer l’actif au-dessus de toute autre considération. On ne peut pas se satisfaire d’une PAC dont la seule ambition serait de gagner en compétitivité par une restructuration des exploitations. Dans nos campagnes, l’agriculture est bien plus qu’un ciment, elle est le socle d’une dynamique économique, sociale et environnementale. C’est la présence nombreuse d’agriculteurs sur le territoire qui est garante d’une diversité des systèmes, des produits de qualité, de biodiversité qu’appellent de leurs vœux nos concitoyens…La baisse du nombre d’agriculteurs dans notre pays n’est pas une fatalité. Des opportunités existent, aux pouvoirs publics de déployer les bons dispositifs pour qu’elles puissent être saisies. Le gouvernement n’a pas réussi son examen de passage sur les EGA, il ne doit pas abandonner les agriculteurs sur la PAC.

Comment la PAC peut-elle accompagner les agriculteurs dans leur quête de valeur ajoutée ?

Y.F. : Dans notre société moderne, où la vie privée a pris le pas sur le temps de travail, l’agriculture ne peut pas être à contre-courant. Il faut donc trouver plus de valeur ajoutée pour permettre à des jeunes générations de choisir ce métier. La diversité des systèmes d’exploitation nous permettra d’y parvenir, en étant plus résilients face au changement climatique, aux contraintes sanitaires, aux aléas des marchés mondiaux. Nous devons donc mettre en œuvre à travers la PAC, un accompagnement des agriculteurs pour développer ces filières et ceci à travers les aides couplées. Le détricotage de ces aides amèneraient inéluctablement les agriculteurs vers des spécialisations et des simplifications des systèmes qui grèveraient la valeur ajoutée. En favorisant les synergies, à l’instar de l’aide aux légumineuses pour les producteurs de céréales de Limagne pour satisfaire les besoins de la filière AOP saint-nectaire et en adossant des productions aux territoires, le lait de montagne par exemple, ces aides ont freiné la spécialisation, maintenu l’emploi sur les territoires, et permis à des générations de jeunes de s’installer. A bien des égards, la France est riche de sa diversité agricole. La PAC y a contribué à travers des dispositifs tels que le couplage, mais aussi grâce à l’ICHN (Indemnités compensatoires de handicaps naturels). Aujourd’hui, à l’heure où l’histoire, qui plaide pour des modèles plus vertueux, plus diversifiés liant les productions animales et végétales pour améliorer l’agronomie de nos terres, nous donne raison, il serait incompréhensible de vouloir mettre à mal ces mesures.

En compensant les handicaps naturels, l’ICHN est donc garante du maintien de l’agriculture sur tous les territoires… 

Y.F. : L’ICHN a structuré nos territoires de montagne en créant des filières économiques durables génératrices d’emplois. La mesure est juste et pertinente car la compensation a été limitée à un nombre d’hectares, et parce qu’elle est conditionnée à un niveau de production minimum. C’est pourquoi, nous demandons au Gouvernement de sécuriser rapidement l’enveloppe des ICHN au niveau actuel (1,150 milliards d’euros).

La PAC existe car fondamentalement la production alimentaire n’est pas un secteur comme les autres. Cette vision est-elle selon vous partagée ?

Y.F. : En prenant du recul, nous ne sommes que de passage sur cette planète. Notre civilisation humaine a commencé avec 100% d’agriculteurs, il ne faudrait pas prendre un virage qui conduise à une agriculture sans agriculteurs et dirigée par des financiers qui produiraient uniquement de l’alimentation de synthèse.

 

 

 

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