Aller au contenu principal

Congrés FNB : la formation des nouvelles générations, le défi caché de la filière bovin viande

Le renouvellement des générations est l'enjeu majeur de la filière bovin viande. Lors d'un atelier dédié à cette thématique, les congressistes (éleveurs et partenaires) ont pointé du doigt un défaut de formation chez les jeunes, mettant en péril la pérennité des projets. 

© Anna Beck

En France, la filière viande bovine fait face à un défis majeur : le vieillissement des éleveurs et le manque d’attractivité pour les jeunes générations. Plus de 54 % des éleveurs allaitants français ont plus de 50 ans, et 18 % dépassent les 60 ans. Malgré la pluralité des exploitations à céder, le secteur peine à séduire les jeunes. Les éleveurs bovins présents au congrès ont débattu autour de l’enjeu du renouvellement des générations dans de trouver ensemble des pistes de travail.

À lire aussi : Le congrès de la FNB s'ouvre dans le Puy-de-Dôme

La récente hausse des prix de la viande bovine est un signal encourageant pour l’attractivité du métier. L’augmentation de la valeur des exploitations vient complexifier les reprises, avec un capital lourd à porter pour les repreneurs. Toutefois, durant cet atelier, c’est le manque de formation que les participants au congrès de la FNB, éleveurs comme partenaires, ont pointé du doigt.

Les jeunes éleveurs bovins auraient des lacunes techniques et économiques

Les témoignages dans la salle sont formels : les jeunes manquent de formation tant sur la zootechnie que l’économique, l’administratif que le management.

« On a des jeunes qui arrivent avec des bases fragiles » affirme Nicolas Pejayssac, éleveur en Seine-Maritime.

Il n’en fallait pas plus pour lancer le débat. Selon les participants, la nouvelle génération d’éleveurs serait mal préparée à la réalité du métier de chef d’exploitation. Les dossiers PAC, les normes sanitaires ou encore la comptabilité, sans oublier la zootechnie, l’administratif et le législatif en font un métier complexe. À cela s’ajoute la succession des crises sanitaires.

« Nous l’observons régulièrement, les fermes les plus résilientes sont entre les mains des éleveurs les plus performants techniquement » affirme Jordy Bouancheau, élu national référent bovin viande des JA

Sans maîtrise technique, ces jeunes éleveurs peinent à optimiser leurs coûts de production et donc la rentabilité de leur outil.

Les éleveurs incriminent les formations agricoles qui n’auraient pas su suivre l’évolution de l’agriculture et de l’élevage en particulier. Les lycées agricoles privilégieraient les cours généraux au détriment des enseignements pratiques. Être éleveur, c’est aussi être chef d’exploitation : « nous n’avons pas de formation sur la gestion de la main-d’œuvre, les bases de la gestion économique sont fragiles » reconnaît Jordy Bouancheau.

À lire aussi : PAC : Derrière la stratégie élevage, moins de latitude pour les Etats membres et ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle

Quand l’école ne remplace pas la ferme, la question de la perte des savoirs familiaux

La question des jeunes agriculteurs non issus du milieu agricole a également été soulevée. Alors qu’auparavant les fils et filles d’éleveurs étaient majoritaires, la part des hors cadre ne cesse d’augmenter. Or, ils n’ont pas bénéficié de l’apprentissage et l’expérience informelle au sein de la famille

Ce savoir pratique, acquis dès l’enfance, complétait et renforçait la formation scolaire

Ce modèle assurait une continuité des compétences techniques et une meilleure préparation aux réalités du métier.

Les éleveurs bovins appellent à réformer les formations agricoles pour prendre en compte cette perte de savoirs. Des travaux sont déjà en cours dans certaines régions comme le souligne David Chaize, président de la section bovine de la FNSEA 63. « Il existe un projet actif avec la Région AuRA et les lycées agricoles. Tous les membres de la filière de l’éducation sont actifs mais seulement deux éleveurs participent aux réunions ! Nous devons nous investir, soutenir et accompagner ces travaux pour qu’ils répondent aux exigences et besoins de ce métier. »

À lire aussi : Patrick Bénézit : « Le combat de la FNB, c’est le prix »

Les plus lus

Antoine, Éric et Yoann Foncelle, de l'EARL des Diagots
Transmission : « Reprendre la ferme familiale, une évidence »

À 23 ans, Antoine Foncelle est en plein dans l’aventure de l’installation. Son projet est de reprendre la ferme de son père.…

Conditions d'attribution, calcul des ressources, recours sur succession : la MSA Auvergne fait le point sur un dispositif qui préserve spécifiquement l'outil de travail des agriculteurs.
L’ASPA, un coup de pouce méconnu pour les retraites agricoles modestes

Complément de revenu destiné aux retraités les plus modestes, l’ASPA reste largement sous-utilisée par les exploitants…

une femme et un homme assis sur un mur
Gîtes et chambres d’hôte : Valoriser sa ferme et créer du lien

Dans le cadre de son installation, Floriane Varenne se lance dans l’accueil touristique avec son mari Jonas, tous les deux…

Nathalie Mallot, directrice de la FNSEA 03, et Laurent Thivat, vice-président de la FNSEA 03.
Tour de France : les agriculteurs de l’Allier mettent l’agriculture à l’honneur à Saulcet

À l’occasion du passage du Tour de France 2026 dans l’Allier, les agriculteurs et les viticulteurs réaliseront une fresque…

Théo Mialon, éleveur à Moissat, aux côtés de Viking, un taureau qui devrait partir en concours dès septembre 2026.
Installation : Théo Mialon, l'élevage charolais en héritage

À seulement 24 ans, Théo Mialon a déjà tout d’un agriculteur accompli. Installé depuis novembre 2022 sur l’exploitation…

Les cultures dérobées, une piste à explorer pour sécuriser les stocks fourragers

Les cultures dérobées fourragères peuvent permettre de reconstituer une partie des stocks sans pour autant s’avérer une…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière