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La FNSEA privilégie le dialogue

Après un été riche en actualité pour le monde agricole (sécheresse, accords de libre-échange…), la FNSEA reste mobilisée sur tous les sujets. Face à une pression sociétale forte sur un certain nombre de points, comme l’irrigation ou les distances minimales d’épandage, la présidente du syndicat agricole veut toujours privilégier le dialogue, en dépit d’attaques et d’intrusions de plus en plus dures sur les exploitations.

Christiane Lambert et Jérôme Despey lors de la conférence de presse de rentrée.
Christiane Lambert et Jérôme Despey lors de la conférence de presse de rentrée.
© FNSEA

En cette rentrée, le premier sujet d’inquiétude des agriculteurs reste la sécheresse, après un été marqué par trois canicules. « 86 départements en restriction d’eau, 80 millions d’euros de perdus, 69 départements qui ont obtenu des dérogations pour les jachères… les inquiétudes sont fortes, notamment pour les éleveurs », a rappelé Christiane Lambert à l’occasion de la conférence de presse de rentrée de la FNSEA, le 4 septembre. Si la profession agricole s’est organisée dès avril pour faciliter l’échange de fourrages entre départements, la question des leviers d’action à plus long terme se pose, ces accidents climatiques étant désormais amenés à se répéter régulièrement. L’amélioration et la généralisation de l’assurance est ainsi une nécessité, et dans la lignée d’une réflexion initiée au début de l’été, les contributions de la FNSEA sur le sujet seront remises au ministre de l’Agriculture le 16 septembre. La question de l’irrigation progresse également, avec le déblocage d’un certain nombre de projets. « Il faut un débat local », insiste la présidente de la FNSEA, qui se félicite des échanges qu’il est désormais possible de mener avec les associations environnementalistes.

Mettre fin aux intrusions sur les exploitations
Cette posture de dialogue, la FNSEA souhaite la maintenir sur tous les sujets qui font débat, à l’image de la distance minimum d’épandage en bordure des habitations. Alors que la médiatisation de l’initiative du maire de Langouet (Ille-et-Vilaine) n’a pas empêché le tribunal administratif de casser son arrêté interdisant d’utiliser des produits phytosanitaires à moins de 150 mètres des habitations, Christiane Lambert met en regard les chartes riverains à négocier entre les agriculteurs et les collectivités, au cas par cas, dans le respect des différentes parties en présence. « 30 seront signées d’ici fin septembre, et la totalité de ces chartes seront signées avant fin 2019 » promet la présidente de la FNSEA. « Nous prônons le pragmatisme et le dialogue, dans un contexte où ce n’est pas toujours facile ! », rappelle-t-elle. En effet, depuis quelques années, les intrusions et les attaques sur les exploitations agricoles se multiplient : de 8 en 2017, elles sont passées à 16 en 2018 puis à 41 en 2019 ce qui, pour Christiane Lambert, témoigne « d’un certain laisser-faire et d’un sentiment d’impunité ». Des intrusions dénoncées par la FNSEA comme d’autant plus insupportables, alors que les règles de biosécurité sont renforcées. Néanmoins, si Christiane Lambert déplore « un dénigrement des pratiques par des gens qui ne connaissent pas notre métier », « nous continuerons à expliquer », insiste-t-elle.

Accords de libre‑échange : non au double discours
Autre sujet d’inquiétude, les accords de libre-échange, mis en avant pendant l’été au moment de la ratification du Ceta par l’Assemblée nationale. « La FNSEA n’est pas opposée aux accords commerciaux », précise d’emblée Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, qui pointe en revanche une « désinformation » concernant l’accord Ceta : « oui, au Canada les animaux sont nourris avec des farines animales, il faut le dire », insiste-t-il. De même, 46 substances interdites dans l’Union européenne sont autorisées pour les agriculteurs canadiens. Alors que le président de la République a finalement fait marche arrière en ce qui concerne sa volonté de ratifier l’accord UE/Mercosur, pour le secrétaire général de la FNSEA, « c’est une incohérence de dire que l’on ne signe pas l’accord avec le Mercosur, mais que l’on peut ratifier le Ceta ».
« N’importons pas l’alimentation dont nous ne voulons pas » ajoute-t-il, précisant que les contrôles aux frontières ne seront pas suffisants. Sans compter que parallèlement, on demande aux agriculteurs français de monter en gamme, notamment dans le cadre de la loi Egalim. Or, dans les faits, les consommateurs restent attirés par les prix bas des produits importés. « Les seuls distributeurs à avoir augmenté leurs ventes sont Leclerc et Lidl, les premiers distributeurs à communiquer sur les prix bas », indique Christiane Lambert. La FNSEA demande donc davantage de transparence au Gouvernement. « Nous avons besoin de garanties, et pas uniquement de paroles », souligne Jérôme Despey, qui précise que des mobilisations auront lieu dans les prochaines semaines, avec Jeunes Agriculteurs, pour faire entendre la voix des agriculteurs sur ces sujets.

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