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La filière laitière toujours en ébullition

En interdisant les recommandations nationales, les pouvoirs publics ont, selon M. Lacoste, administrateur de le FNPL, favorisé les appétits dérégulateurs des entreprises.

Les producteurs peuvent-ils espérer une hausse ?
Les producteurs peuvent-ils espérer une hausse ?
© DR

Depuis deux semaines, les actions syndicales des producteurs de lait se sont multipliées dans le Massif central et partout en France. Quel en était le mot d’ordre ?
Michel Lacoste : “Les producteurs ne veulent pas de baisse du prix du lait. Ils dénoncent, à juste titre, l’attitude des entreprises laitières qui ne respectent pas les indicateurs établis dans le cadre de la négociation nationale et qui prévoyait une augmentation du prix du lait à hauteur de + 7 €/1 000 litres pour le dernier trimestre 2008. Au niveau national, les entreprises souhaitent changer les modalités de calcul de l’indicateur et annoncent une baisse de 70€e/1 000 l pour ce même trimestre et de 120 e€pour le premier de 2009.
Leur principal argument est de dire que les hausses de prix qu’elles ont fait passer ces derniers mois à la distribution ont été insuffisantes. Si elles ont commis des erreurs de gestion, ce n’est en aucun cas aux producteurs de les assumer. Cette attitude traduit un véritable mépris à leur égard”.

Dans quelle mesure l’interdiction de recommandation décrétée par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a-t-elle semé le trouble ?
M. L. : “Il y a quelques mois, le Cniel (interprofession laitière française) a été sommé par la DGCCRF de stopper les recommandations sur le prix de lait, établies dans un cadre interprofessionnel. Dès que l’on a eu connaissance de ce courrier, nous avons exigé le rétablissement rapide de ce dispositif. Depuis quelques jours, ces indicateurs sont à nouveau possibles, mais les pouvoirs publics ont cassé un système qui fonctionnait bien et enrayé la dynamique d’augmentation du prix du lait. Ils ont aussi favorisé la dérégulation du marché via l’augmentation des quotas alors que le marché était déjà saturé.
De retour à la table des négociations, les entreprises ont voulu changer les règles du jeu en cours de route. Ce n’est pas loyal. C’est pourquoi nous avons appelé les producteurs à rencontrer leurs entreprises pour réclamer cette hausse légitime de 7 e€/1 000 l, à laquelle s’ajoutent les 27 e€/1 000 l consentis aux transformateurs depuis le second trimestre 2008 afin de lisser la hausse du prix.

Quelles sont vos revendications ?
M . L. : “L’avenir de la filière laitière dans nos régions passe soit par un retour à une logique de régulation, soit par une aide couplée à la production laitière en montagne de l’ordre de 40€e /1 000  l. Cette seconde proposition semble la plus envisageable, dans la mesure où la suppression des quotas a été actée par la Commission européenne. Sans soutien compensatoire, on condamne la production laitière en zone de montagne”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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