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63  SAVEURS
La filière de légumes de plein champ en pleine naissance

L'association 63 Saveurs née du regroupement de producteurs de légumes de plein champ poursuit son développement avec les premières ventes cet été.

Les adhérents de 63 Saveurs ont profité du Sommet de l'élevage pour faire connaître leur toute nouvelle association. Ici Baptiste Arnaud, élu Chambre d’agriculture.
Les adhérents de 63 Saveurs ont profité du Sommet de l'élevage pour faire connaître leur toute nouvelle association. Ici Baptiste Arnaud, élu Chambre d’agriculture.
© M. Comte

L'association 63 Saveurs est née de la volonté de construire une filière de production de légumes de plein champ dans le Puy-de-Dôme. Arrêt de la betterave, perte de valeur des céréales et changement climatique poussent les agriculteurs des Limagnes à diversifier leurs productions. La culture de légumes de plein champ, "un produit à haute valeur ajoutée et cultivable sur de petites surfaces" est l'une des solutions envisagées pour répondre aux nouveaux enjeux agricoles du Puy-de-Dôme. Un enjeu d'autant plus important qu'une forte demande émane des GMS et de la Restauration Hors Domicile (RHD).

Mutualiser la commercialisation

La Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme estime qu'il faudrait "4 000 ha de légumes pour couvrir 50% des besoins du Puy-de-Dôme". La marge de manœuvre est immense mais avant d'atteindre ces chiffres, les néo-producteurs de légumes s'organisent pour structurer à la fois la production et la distribution. La toute récente association de producteurs, 63 Saveurs, a profité du Sommet de l'élevage pour tenir une conférence pour se faire connaître et attirer de nouveaux adhérents.
L'association a vocation à structurer une filière de production de légumes de plein champ dans le Puy-de-Dôme. Elle se concentre dans un premier temps à réduire la surcharge de travail concernant la logistique. Orane Debrune, conseillère à la Chambre d'agriculture explique : " la prise de commandes, leur préparation, leur livraison, l'établissement de factures... demandent jusqu'à 35 heures de travail par semaine et peut représenter en frais l'équivalent de 50% du chiffre d'affaires". L'intérêt du collectif est alors évident et 13 producteurs l'ont déjà compris puisqu'ils ont rejoint l'association. Alexia Boilon en fait partie. L'exploitation familiale rassemblant ses parents et ses frères a développé sa production légumière après l'arrêt de la betterave. Désormais devenu "une passion", le maraîchage représente une part importante dans l'entreprise. "La logistique est très lourde à porter. Alors quand nous avons entendu parler de la création d'un collectif, nous avons été interpellés. Les objectifs de 63 Saveurs correspondent à nos attentes."

Planifier la production

L'idée est également de planifier les productions dans les fermes afin "d'avoir une offre correspondant à la demande". De tels outils existent déjà à l'image d'Auvabio, créé il y a tout juste un an où à travers une association, les maraîchers bio de la région rassemblent leurs productions pour optimiser leurs charges logistiques et approvisionner de manière plus cohérente leurs clients (magasins spécialisés, GMS...). Si l'idée de la Chambre d'agriculture est similaire, Baptiste Arnaud met cependant en garde : "nous ne voulons pas créer une concurrence avec le bio, nous sommes clairs là-dessus, notre offre se concentre sur le conventionnel".
Lancé au 1er juillet dernier, 63 Saveurs propose dans un premier temps à ses clients, deux jours de commandes par semaine. L'ensemble des productions est réuni dans un point de collecte établi dans la ferme d'un adhérent, avant d'être préparé et livré.
Cette première entrée dans la commercialisation encourage les producteurs à développer la production tout en poursuivant la professionnalisation de leur association. "Les GMS veulent être livrées tous les jours. Mais dans ce cadre, il faut de la production et de la main-d'œuvre. Dans la logique collective, nous avons besoin d'un technicien" conclut Baptiste Arnaud.  

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