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La filière chevaline à la recherche d’un nouveau souffle

De gauche à droite : Hervé Platon, animateur, Marianne Orlianges, responsable de la filière viande chevaline à Interbev et Guy Arestier, président de la section équine d’Interbev.
De gauche à droite : Hervé Platon, animateur, Marianne Orlianges, responsable de la filière viande chevaline à Interbev et Guy Arestier, président de la section équine d’Interbev.
© SC

De la viande issue de chevaux de trait français devrait être commercialisée en grande distribution début 2023. Le point avec Guy Arestier éleveur des chevaux de trait bretons et de bovins limousins dans le Lot, président de la section équine d’Interbev.

Où se concentre actuellement la production de chevaux de trait ?
Nos neuf races évoluent principalement dans les territoires du Massif central, en Bourgogne-Franche-Comté, et sur la chaîne des Pyrénées. Pour les éleveurs, le cheval constitue souvent un complément appréciable, tant du point de vue économique, qu’environnemental. Nous devons porter ce discours y compris auprès des jeunes éleveurs, qui ne pensent pas toujours au cheval.

De quelle manière sont valorisés ces animaux ?
Nos élevages trouvent un débouché en boucherie, et nos poulains vivants sont exportés majoritairement vers l’Italie, la Suisse, l’Espagne et aussi au Japon. Pour la filière viande, environ 6 000 chevaux sont abattus chaque année. 55 % de la viande est commercialisée en boucherie chevaline (contre moins de 15 % pour le bœuf), et 45 % en GMS.

Comment se porte la consommation ?
Elle n’est pas très importante, et plutôt en décroissance depuis plusieurs années. Il existe des régions où elle demeure plus dynamique qu’ailleurs, comme le Nord et l’Ile-de-France. C’est historique, dans les cités industrielles, la viande de cheval était au début du XXe siècle, la plus consommée. Pour autant, la France importe 70 % de sa viande de cheval (en 2019, la France a importé 9 020 tonnes de viande chevaline, soit quatre fois les volumes abattus), alors que dans le même temps, nous exportons des animaux vivants. L’arrêt des haras nationaux nous a fait perdre 30 % de la production. Notre ambition est donc de relocaliser la production pour satisfaire le marché et offrir de la réassurance aux consommateurs. Nous souhaitons corriger nos soucis de structurations de l’offre et de disponibilités.

Nous devrions donc voir davantage de viande chevaline dans les linéaires des magasins d’ici 2023 ?
Nous nous y employions avec tous les acteurs de la filière. C’est un projet pilote que nous menons avec les GMS. Nous souhaitons également travailler sur la déclinaison de nos produits, en préparations originales (tartare, viande séchée…). Les italiens ont un coup d’avance sur nous en la matière. À nous de familiariser le consommateur à des produits plus innovants.

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