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La FDSEA déterminée à prendre les devants d’une nouvelle ère

C’est un syndicat décomplexé, porté par ses récents succès, qui a appelé vendredi les agriculteurs à se mettre en ordre de marche, groupés, face à des industriels concentrés.

Se regrouper face aux multinationales : le mot d’ordre du syndicat.
Se regrouper face aux multinationales : le mot d’ordre du syndicat.
© P.O.

Il est des combats qui laissent des traces chez ceux qui les ont menés, surtout quand ils ont été auréolés de victoire. Des traces qui agissent parfois comme de puissants stimulants pour les batailles à venir. C'est le constat qu'on était en droit de dresser vendredi à l'issue de l'assemblée générale de la FDSEA qui s'est tenue à la station d'évaluation de la race salers au Fau. Un congrès où les acquis du bilan de santé de la Pac, arrachés de haute lutte par les responsables du Massif central, étaient encore dans tous les esprits (et dont les éleveurs devraient percevoir les espèces sonnantes et trébuchantes dans les tous prochains jours) et où commençaient à se profiler ceux d'un bras de fer plus récent qui a vu le leader de l'abattage français mis au pas par les éleveurs de viande bovine. Et c'est justement pour expliciter le fruit de plusieurs jours de blocage et de négociations tendues sous la houlette du ministre Le Maire, que Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB) avait fait le déplacement de la Corrèze voisine. Cette batterie de mesures actées par la filière devant avoir un effet levier sur le prix de la viande bovine payé à la production.

 

Un syndicat qui gagne

"La mécanique est lancée", a conclu le charismatique patron de la FNB sous les applaudissements. Et en écho, son "fidèle lieutenant", Patrick Bénézit, indiquait qu'une hausse de six centimes d'euros des cours du JB (jeune bovin) était déjà effective ce 19 novembre. "Or, c'est par l'augmentation du prix du JB et des génisses qu'on arrivera à une revalorisation du maigre", martelait le secrétaire général de la FNB, qui invitait à rester attentif sur certaines commissions de cotation. Reconnaissance des Gaec entre époux (encore à parachever), accord sur la CVO 2010 et 2011 (représentant au total plus de dix millions d'euros pour les producteurs d'AOP Auvergne), aide exceptionnelle débloquée par le Conseil général en direction des producteurs de porcs... : autant d'autres avancées notables que n'ont pas manqué de relever les responsables des différentes sections de la fédération, témoignant de l'efficacité de l'action collective. On l'aura compris, malgré des crises qui n'ont plus guère de caractère conjoncturel, des marchés à la volatilité insensée, c'est sur cette spirale de succès syndicaux que la FDSEA souhaite capitaliser. Car si la récente communication de la Commission européenne relative à la Pac de 2014-2020 semble s'inscrire dans la lignée des orientations du bilan de santé de 2009 (voir page 12), confortant l'agriculture des territoires et productions difficiles, le débat est lui loin d'être clos, eu égard à la question budgétaire. Confiant mais vigilant donc, tel était vendredi l'état d'esprit des responsables de la FDSEA qui ont par ailleurs appelé à s'engager dans une évolution voire une rupture. "Aujourd'hui, la question que nous nous posons est : comment faire face à la mondialisation et aux multinationales ? Les grands groupes agro-alimentaires ont changé de gouvernance. Pour les industriels, les enjeux financiers dépassent dé-sormais les intérêts qu'il y avait à travailler au sein d'une filière", a résumé le président Patrick Escure. Pour le syndicat, la réponse est d'opposer à ce nouvel ordre une nouvelle organisation des producteurs "afin de parler d'égal à égal avec nos partenaires économiques". Comment ? Via la possibilité donnée par la loi de modernisation agricole d'établir des contrats. Des contrats qui doivent sceller une relation contractuelle "claire, franche et précise", comme l'a souligné Jean-Marie Fabre, c'est-à-dire incluant une référence de volumes et de prix. "ça ne pourra marcher qu'à une condition : regrouper l'offre et donner mandat de négociation au seul et meilleur outil qui existe aujourd'hui, le syndicalisme", affirmait le président de l'association label rouge salers. De quoi faire tiquer les tenants du modèle coopérateur, absents ce jour-là.

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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