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La dernière heure du tabac en Limagne n’a pas encore sonné

Malgré la fermeture de l’usine de Sarlat en Dordogne, les producteurs puydômois ont réussi à rebondir et à poursuivre, cette année encore la production.

Les plantations de tabac en Limagne et Bourbonnais se terminent et relancent cette année encore une production que l’on pensait perdue.
Les plantations de tabac en Limagne et Bourbonnais se terminent et relancent cette année encore une production que l’on pensait perdue.
© MC

Il y a presque un an, la fermeture de l’usine de Périgord Tabac à Sarlat en Dordogne, aurait pu sonner le glas de la production dans le Puy-de-Dôme. Après de nombreuses négociations et d’âpres consensus, les agriculteurs de Limagne et du Bourbonnais sont parvenus malgré tout à vendre leur récolte de 2019. Le soutien de leur coopérative et de Tabac Garonne Adour, leur a permis d’avoir accès à de nouveaux marchés. Certains d’entre eux sont « loin d’être aussi valorisants » mais d’autres en revan-che éclairent suffisamment l’avenir pour maintenir les plantations. Cette année encore, une quarantai-ne d’hectares de tabac a été plantée entre le Puy-de-Dôme et l’Allier, par une quarantaine de producteurs.

2€/kg sur le marché international

L’histoire est celle-ci : la dernière usine de tabac de France ferme ses portes au cœur de l’été 2019 privant les producteurs, à quelques semaines des premières récoltes, de leur circuit de commercialisation. C’est un raz-de-marée glaçant, sous des températures caniculaires, auquel ont dû faire face les agriculteurs de Limagne et du Bourbonnais. « Nous sommes restés longtemps sans savoir ce qu’allaient devenir nos tabacs. Finalement, une partie a été vendue pour la confection de capes à cigarette. L’autre a rejoint des usines italiennes et le marché des « tout-venant ». Les prix de ce marché n’étaient pas spécialement intéressants puisque le kilo de tabac a été acheté 2€, au lieu de 3,5€/kg via France Tabac » explique Thomas Pannetier, président du syndicat des planteurs de tabac d’Auvergne-Bourbonnais.

A la conquête de l’e-cigarette

Après un tel coup de grâce, conjugué à une sécheresse historique, d’aucun aurait cru à la fin définitive du tabac en Auvergne. Or, les producteurs ont planté dernièrement plus d’une quarantaine d’hectares (au lieu de 50 ha). « Nous n’avons pas replanté de Virginie qui n’est clairement pas adapté à nos conditions pédoclimatiques. Le marché du Burley est tendu, il y a beaucoup de concurrence avec des pays dont les coûts de main-d’œuvre sont inférieurs aux nôtres. Mais nous ne pouvions pas tout arrêter sans essayer de nous assoir sur certains marchés » souligne Thomas Pannetier. Dès l’annonce de la fermeture de Sarlat, les producteurs ont pu compter sur le soutien de la coopérative Tabac Garonne-Adour. Son intervention leur a permis d’intégrer le marché de la cape à cigarette ainsi que celui de la nicotine liquide. «Les cigarettes électroniques se développent beaucoup. Il y a énormément de demandes autour de la nicotine liquide, obtenue grâce à des feuilles d’anciennes variétés de tabac. Certaines de nos surfaces sont consacrées dès cette année à ce marché. »

Ces rebondissements permettent aux producteurs de croire encore en leur culture. Ils restent cependant pris entre deux tourbillons : assoir le tabac auvergnat sur les marchés et donc produire davantage ou rester prudent et ne pas inciter à la plantation. « L’avenir nous dira si nous devons, ou non, favoriser l’augmentation des surfaces. »

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