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Fruits rouges
La députée Valentin met les projecteurs sur la filière fruits rouges des Monts du Velay

Le 15 juin, la députée de la 1ère circonscription de Haute-Loire, Isabelle Valentin, a rendu visite à deux producteurs de fruits rouges des Monts du Velay et à l'opérateur incontournable de la filière : le GIE à St Jeures. Rencontres.

Chez Eric Pauchon, la visite s'est déroulée en présence de deux autres producteurs et du maire de St Julien  Molhesabate. Ici sur une parcelle de framboisiers hors sol cultivés en pots.
Chez Eric Pauchon, la visite s'est déroulée en présence de deux autres producteurs et du maire de St Julien Molhesabate. Ici sur une parcelle de framboisiers hors sol cultivés en pots.
© © HLP

Alors que la saison des perles rouges et noires du Velay a débuté depuis une quinzaine de jours sur la zone de production, jeudi 15 juin après-midi, la députée Isabelle Valentin s'est déplacée sur deux exploitations, à St-Julien-Molhesabate et Saint-Jeures, et a participé à un temps d'échanges dans les locaux du GIE des Producteurs de Fruits Rouges des Monts du Velay.  Une belle manière pour cette élue de la Nation de faire honneur à notre agriculture départementale dans le cadre des Journées Nationales de l'Agriculture qui se tenaient du 16 au 18 juin. Et dans un département comme le nôtre, où l'élevage tient une grande place, Isabelle Valentin a tenu à mettre en valeur d'autres productions de qualité et à montrer la diversification agricole.
L'après-midi a débuté à St-Julien-Molhesabate sur l'exploitation d'Eric Pauchon, président du GIE, et de son épouse Marielle. Tous deux cultivent 1,8 ha de fraises, 1,5 ha de framboises, 0,6 ha de mûres, 0,4 ha de myrtilles, 0,2 ha de cassis et 0,2 ha de framboises au sol. Les cultures poussent toute sous tunnel afin de les protéger des intempéries et la grande majorité est produite en jardin suspendu et hors-sol, une solution technique qui permet de pallier un manque de surface (qui finit par impacter négativement les rendements), qui supprime la contrainte du désherbage et permet l'utilisation d'engins moteurs entre rang. Chez Eric Pauchon, la saison de production s'étale de mars à mi-octobre, période durant laquelle le producteur fait appel à de nombreux saisonniers français et étrangers pour accomplir différentes tâches (installation des bâches de tunnels, plantation, récolte...).
Son exploitation a beaucoup évolué au fil du temps et notamment avec l'installation de Marielle en 2013. Le couple a alors créé l'EARL "Douceurs de Fruits rouges" devenue SARL en 2018, l'ouverture d'un magasin de vente directe, la modernisation de l'atelier de transformation (mis en place suite à un épisode de forte concurrence allemande entre 2006 et 2010) et l'agrandissement du bâtiment.

Partager l'eau
Elle-même agricultrice installée en  maraîchage avec son mari à Yssingeaux, Isabelle Valentin connaît la plupart des enjeux auxquels se trouvent confrontés les producteurs de fruits rouges. A commencer par la ressource en eau, indispensable à la production de petits fruits composés à 95% d'eau... La question de l'accès à l'eau et du stockage pour une irrigation raisonnée, au goutte à goutte en fruits rouges, est fondamentale pour Eric Pauchon qui a vécu une année compliquée l'an dernier à cause de la sécheresse. "Pour ma part, je dispose de deux réserves d'eau (une de 3000 m3 et une autre de 300 m3, que je compte agrandir de manière à anticiper sur des périodes de sécheresse. Je récupère aussi l'eau des toits de mon bâtiment" explique-t-il. Très consciente de cette problématique dans un contexte de changement climatique rapide, Isabelle Valentin a conseillé au producteur de procéder rapidement à l'amélioration de ses réserves d'eau car la situation risque de devenir compliquée à l'avenir.
Parlant au nom des producteurs de fruits rouges, Eric Pauchon a souligné la volonté de partager l'eau entre les différents utilisateurs : "Il n'est pas question de s'accaparer cette ressource. Il s'agit plutôt de comprendre les enjeux de chacun et de partager l'eau". Sur ce point, la députée a fait part de sa position en matière de stockage de l'eau : "Je suis pour les retenues collinaires qui utilisent de très faibles quantités d'eau sur les bassins versants, par contre je suis opposée aux méga-bassines qui assèchent les territoires".

Production biologique intégrée
La filière fruits rouges est confrontée à un autre enjeu, celui de la suppression progressive des produits phytosanitaires qui conduit les producteurs dans une impasse technique. Ces derniers n'ont d'autres choix que de s'adapter en travaillant sur d'autres solutions telles que l'usage de la production biologique intégrée (piégeage, lâcher d'auxiliaires), biocontrôle, ce qui permet notamment d'accroître la biodiversité. Une problématique à laquelle la députée est confrontée au quotidien sur ses parcelles de légumes.
L'exploitation est labellisée HVE (Haute Valeur Environnementale)  depuis 2021, un moyen de plus "pour communiquer sur nos pratiques" et également pour répondre à la demande de certaines structures commerciales, à l'image de l'enseigne Grand Frais.
L'enjeu du travail et de la main- d'œuvre est également au cœur des enjeux de demain et sur ce point, Eric Pauchon a récemment recruté un jeune en contrat de professionnalisation en interne dans un objectif de structuration et de délégation des tâches.
 

 

Zoom sur ...
La campagne 2023 s'annonce bien
La saison 2023 est plutôt bien partie pour les fruits rouges des Monts du Velay. "Le printemps a été idéal avec de l'humidité, de la douceur sans gelée et une température constante. Si bien qu'à présent, nous disposons d'un beau potentiel en termes de volume de production, sauf peut-être pour la groseille qui a souffert d'un manque de luminosité et d'un excès d'humidité" explique le président du GIE, Eric Pauchon.
Les fraises en jardin suspendu sont entrées en production il y a une quinzaine de jours et la qualité est belle contrairement aux fraises au sol de la vallée du Rhône (en production en ce moment) qui ont souffert de nombreux orages.
Si la saison a bien débuté avec une consommation au rendez-vous, le président reste prudent car la saison est longue. En 5 mois, il peut se passer beaucoup de choses...

 

 

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