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La conjoncture se résume en une formule : l'année de tous les records

Lors de la dernière session de la Chambre d'agriculture, le responsable du pôle développement économique a fait le point sur les productions et les charges qui leur incombent.

Des prix de vente corrects, mais des charges qui battent tous les records, quelles que soient les productions.
Des prix de vente corrects, mais des charges qui battent tous les records, quelles que soient les productions.
© R.S.-A.

L ors des sessions de la Chambre d'agriculture, les présentations de conjoncture de Patrick Chazal sont toujours un moment attendu. Vendredi 19 novembre, le
responsable du pôle développement économique de la chambre d'agriculture du Cantal prévenait : "2021 aura été l'année de tous les records." Et pour illustrer ses propos, le premier exemple était celui du blé.
"Presque 300 euros la tonne de blé, c'est historique", constate-t-il en expliquant le déséquilibre entre offre et demande par différents accidents climatiques à travers le monde, à l'heure où la demande s'accroît pour des raisons démographiques. Il n'exclut pas, non plus, une forme de spéculation des marchés. Globalement, les matières premières alimentaires ont fait (selon l'indice FAO) un bond assez brutal de 30 %. C'est presque peu au regard des coûts de transport qui explosent depuis le flambée des prix de l'énergie. Le pire étant le fret maritime, avec l'exemple d'un acheminement entre Shanghaï et Rotterdam qui a augmenté, en un an, de... 535 % ! Pourtant, "les échanges mondiaux n'ont jamais atteint de tels niveaux, tant en quantité qu'en valeur", révèle Patrick Chazal.

Envolée des coûts de production
Le prix du diesel, qui lui aussi bat des records (prix du baril mais aussi taxes en hausse), affecte directement les coûts de la production agricole. Pour l'électricité, comme pour le gaz, la corrélation avec le prix du pétrole est évidente. Idem, les intrants sont logiquement affectés comme en témoigne l'indice Ipampa qui stipule par exemple que le prix de l'azote a plus que doublé. Voilà qui s'ajoute au prix des concentrés pour les animaux (cette fois en raison du cours des céréales) et au coût des bâtiments d'exploitation qui eux aussi s'envolent. Même les films plastiques sont affectés par cette folle inflation.
Alors, on produit moins. En tout cas, l'effectif de la ferme France baisse sensiblement : - 87 000 vaches allaitantes et - 63 000 laitières en un an. Point positif, l'impact se fait - enfin -  sentir sur certains cours, notamment ceux de la vache de réforme. Le broutard aussi, y compris le croisé salers x charolais, prend la bonne pente. L'export progresse de 6 % et de nouveaux marchés vers des pays tiers s'ouvrent, confirme l'intervenant.

Le point sur les marchés
Patrick Chazal livre aussi de bonnes nouvelles sur la filière lait, avec une baisse de la collecte mondiale, alors que la demande a rarement été aussi forte. Les cours du beurre, de la poudre montent... Avec + 2,7 % en moyenne depuis le début de l'année, le Cantal confirme une progression constante depuis la crise de 2015/2016. Est-ce que ce sera durable ? L'analyste ne se prononce pas. Quant à l'agneau, il ne s'est jamais aussi bien porté (la production qui s'est littéralement effondrée a provoqué un manque d'offre par rapport à la demande et donc un marché en tension). En revanche, le porc est une des rares productions qui voit ses cours chuter : la Chine reconstitue son cheptel, récemment mis à mal sur le plan sanitaire. Enfin, très prudent sur la production fourragère, Patrick Chazal parle d'une année "contrastée" en 2021 et "très incertaine" pour 2022.

Alerte et perspectives
Le premier à réagir à ces données a été le président de la FDSEA. Malgré quelques chiffres encourageants, Joël Piganiol prévient qu'aucune filière n'est capable de couvrir les coûts productions, tant l'ampleur de la hausse des charges est inédite. "Elles remettent en cause nos systèmes d'élevage ;
il faut déclencher l'alerte", lance-t-il, inquiet d'une situation qui risque de dégrader très fortement et très rapidement les trésoreries. Il n'oublie pas cependant que la loi Égalim 2 doit "ramener de la perspective", pressé qu'elle entre dans une phase concrète.
Le responsable syndical évoque aussi la Cop 26. La conférence de Glasgow sur les changements climatiques admet que l'agriculture est une solution palliative en faveur de l'environnement. Une position nouvelle qui la considère comme un outil correctif et qui mérite, à ce titre, des moyens financiers. Très prudent néanmoins, Joël Piganiol se souvient d'une volonté globale de voir le cheptel élevage baisser de 15 % son effectif d'ici 2050. Ou encore de la résolution à voir 10 % des territoires classés au plus haut niveau de Natura 2000 (NDLR actuellemnt 0,05 % dans le Cantal) : "Absurde !", tranche-t-il.
Enfin, il met aussi en garde contre un  nouveau calcul de consommation de foncier agricole intégrant les bâtiments, alors que "chez nous, le développement agricole passe par des
projets bâtiments..."

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