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Compensation environnementale
La compensation environnementale à l’heure de la moisson

En novembre 2024, une mobilisation de la FDSEA et des JA de la Corrèze réunissait les agriculteurs du canton à Saint-Pantaléon-de-Larche, le long de la Vézère.  

machine agricole dans champs
© FDSEA 19

Cette mobilisation avait pour origine le classement pour compensation environnementale de parcelles parfaitement cultivables, retirées à l’agriculture et « rendues à la nature » pour compenser les ouvrages d’artificialisation liés à l’expansion de l’agglomération de Brive. 

À cette occasion, Christophe Delmond — aujourd’hui élu à la Chambre d'Agriculture — semait un mélange de céréales sur ces terres fertiles, naguère dévolues à une agriculture productive. 

En juillet 2025, les moissonneuses sont revenues : cette fois pour récolter. 

On récolte ce que l’on sème » 

Les JA et la FDSEA de la Corrèze alertaient déjà en novembre sur les conséquences à long terme de la compensation environnementale telle qu’elle est actuellement mise en œuvre. 

Pour les agriculteurs, c’est la double peine », martèle Emmanuel Lissajoux. « Non seulement les terres agricoles sont consommées pour réaliser les projets d’aménagement, mais la compensation est généralement fléchée vers les surfaces agricoles, car cela est moins coûteux que de remettre en état des friches ou des sols pollués. » 

Une injustice profonde pour ceux qui nourrissent la population. 

Il est temps de récolter le fruit de nos efforts et de montrer à l’agglomération de Brive ce que produit une bonne terre lorsqu’elle est menée par le bon sens paysan », poursuit-il. 

Tracteurs, bennes et moissonneuses s’affairent cet été sur les terres contestées

Le message est clair : ce sol est fait pour produire pas pour vendre de la bonne conscience écologique ! 

Un outil détourné de sa vocation initiale Issue de la loi de 1976 sur la protection de la nature, la compensation environnementale ne concernait initialement que les projets publics. Depuis la loi Grenelle II de 2010, elle s’applique également aux porteurs de projets privés.

Elle devrait n’intervenir qu’en dernier recours, après les phases d’évitement et de réduction des impacts. Mais dans la pratique, elle est devenue un « outil à cocher », où compenser rime trop souvent avec sacrifier des terres agricoles

Le choix des surfaces agricoles pour compenser les atteintes à l’environnement est une dérive que dénoncent la FDSEA et les Jeunes agriculteurs. 

Pourquoi toujours aller chercher nos terres ? Parce que c’est simple, plat, fertile, bon marché… et que nous sommes souvent les oubliés des politiques d’aménagement », s’indigne Christophe Delmond. 

Chaque année, ce sont environ 35 000 ha de terres agricoles qui disparaissent sous l’effet de l’artificialisation, et ce chiffre ne faiblit pas. La compensation écologique, si elle est mal encadrée, devient un amplificateur silencieux de cette tendance. Il est possible d’imaginer avec les collectivités, les aménageurs et les opérateurs, une compensation juste, territorialisée, proportionnée, qui ne rime pas systématiquement avec « expropriation déguisée » de terres productives, conclut Emmanuel Lissajoux. 

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