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La Commission économique se penche sur le nouveau PSN

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© MF

La commission économie de la Chambre d’Agriculture de la Creuse s’est tenue le jeudi 7 juillet au lycée agricole d’Ahun.
Le Président de la commission, Olivier Tourand, a ouvert la séance avant de laisser la parole à Bertrand Dumas, économiste à la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine, qui a communiqué sur les retours du Conseil Supérieur d’Orientation sur le PSN. Ces éléments étant à prendre avec précaution en attendant la réponse de Bruxelles.

Retour du CSO sur le PSN
La conditionnalité de couverture des sols (BCAE 6) sera appliquée hors des Zones Vulnérables Nitrates, où elle suivra le principe suivant : une couverture automnale de six semaines au choix de l’exploitant sur une période de trois mois, du 1er septembre au 30 novembre. Une obligation de résultat sera en vigueur sauf cas d’intempérie avéré. La conditionnalité de rotation de culture (BCAE 7) consistera à l’obligation de rotation d’une année sur l’autre sur 35 % des terres en cultures (terres arables hors surfaces en herbes) ou à la mise en place d’un couvert hivernal. À partir de 2025, sur chaque parcelle, devra être constaté, sur la campagne en cours et les trois campagnes précédentes, au moins deux cultures principales différentes, ou bien la présence d’un couvert hivernal chaque année.
Concernant la BCAE 8, la période d’interdiction de taille des haies va être étendue dans la prochaine PAC du 16 mars au 15 août. Le Coefficient haies va augmenter, un mètre linéaire correspondra à 20 mètres carrés, contre 10 actuellement.
Pour les certifications, une mise en place d’un troisième niveau pour l’Agriculture biologique permettra d’obtenir 30 €/ha en plus du deuxième niveau. La définition du HCF (Hors Cadre Familial) deviendra plus large.

Présentation de la Ferme Creuse
Les différents services présents (DDT, Service élevage et Installation de la Chambre d’Agriculture 23, la fédération départementale des CUMA, le CERFRANCE, et les banques) ont présenté la photographie de la Ferme Creuse. L’agriculture représente 13 % du chiffre d’affaires global creusois en 2018, bien plus qu’au niveau national (1,5 %). Le département compte 3 500 exploitations en 2020, soit 1 100 de moins qu’en 2010. 6 exploitations sur 10 sont en bovin et l’assolement est dominé par les prairies qui occupent 83 % de la surface agricole. L’agriculture en Creuse représente 11,5 % des emplois. La moyenne des DPB départementale se rapproche de la moyenne nationale. Les bénéficiaires de l’ICHN ont diminué depuis 2015, les montants ont augmenté jusqu’en 2017 mais depuis ils sont en baisse car il y a moins de part PAC sur les exploitations. Les aides à l’agriculture biologique et les engagement MAEC ont augmenté en montant et en nombre de bénéficiaires. Les aides assurance récolte ont vu leur montant s’accroître avec un nombre de bénéficiaires en baisse de 2015 à 2021. Le nombre de dossiers pour les investissements de modernisation et diversification sont en hausse avec 144 dossiers l’année dernière. En 2021, on compte 3 240 dossiers surface avec une moyenne de 96 ha dont 2 372 supérieurs à 20 ha.
On remarque une décapitalisation de cheptel avec une perte de 1,9 % de dossiers ABA par an depuis 2015. Ce sont 2048 demandes ABA et 107 ABL qui ont été faites en 2021. Cependant, le nombre de demandes d’aides ovines (300) et caprines (45) restent stables. Si les formes individuelles restent majoritaires, les Gaec deviennent plus fréquents (24 % en 2020 contre 14 % en 2010).
Les données de la MSA confirment un vieillissement de la population agricole et une baisse des actifs entre 45 et 55 ans qui peut être dû à des départs anticipés. Les charges totales par hectare ont augmenté de 1 % dû principalement au carburant. 2021 a été favorable au niveau climatique et cela se retrouve dans les résultats économiques.

Productions animales
On observe une stabilité relative des effectifs, des départs en retraite qui s’annoncent et peu d’installation pour le secteur ovins. Les élevages bovins allaitants et laitiers ne cessent de diminuer avec -2,2 % de naissances entre 2017 et 2020. En 2021, le nombre de vaches par UTH diminue légèrement avec une réduction des chargements pour sécuriser les systèmes fourragers face aux évolutions climatiques. À noter que les élevages à forte efficacité économique sont ceux qui ont une bonne productivité des animaux avec des investissements raisonnés et progressifs pour assurer la productivité. Mais aussi les élevages avec une bonne efficacité des intrants et une satisfaction dans l’exercice du métier et la recherche d’amélioration.

69 installations aidées en 2021
Concernant l’évolution du nombre d’installations, l’année dernière, il y a eu 69 installations avec 5 prêts d’honneur d’âge moyen de 37 ans avec un système de production bovins viande qui est majoritaire. Le montant moyen des investissements s’élève à 220 000 €. Les installations DJA sont parfois précoces avec 30 % des candidats qui ont entre 18 et 20 ans. 99 % des installations se font à titre principal avec également une production bovins viande majoritaire et une augmentation des projets de diversification pour 2021.

Le matériel mieux assuré que l’agriculteur
Les banques présentes à la commission sont unanimes, les entreprises agricoles font partie des moins risquées au niveau des cotations des entreprises même si le salaire moyen est trop faible. Et il est malheureux de voir que les cultures et matériels sont mieux assurés que les agriculteurs eux-mêmes. En résulte une tendance à la baisse des souscriptions pour les indemnités journalières et rente invalidité.
La réunion s’est terminée avec des échanges divers et variés entre les intervenants et les nombreux participants qui ont répondu présents.

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