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La chasse en Corrèze fait sa rentrée entre tradition et adaptation

À l’approche de l’ouverture générale de la chasse le dimanche 14 septembre, la Fédération des Chasseurs de Corrèze (FDC 19) a tenu sa conférence de presse de rentrée. 

© Istock

Des effectifs en recul, mais une volonté affirmée de renouvellement 

La Corrèze comptait près de 10 000 chasseurs en 2014 ; ils ne sont plus que 8 200 en 2025, répartis au sein d’environ 500 sociétés de chasse. Cette diminution progressive, estimée entre 3 et 4 % par an, reflète une tendance nationale, mais la Fédération des Chasseurs de Corrèze ne s’y résigne pas. Pour inverser la courbe, elle relance avec détermination son opération « permis à 0 € », visant à porter le nombre de nouveaux permis à 350, contre 200 à 250 les années précédentes. 

Cette initiative s’adresse en priorité à celles et ceux qui n’ont pas d’attache traditionnelle avec le monde de la chasse, et permet de séduire un public nouveau : 25 % des candidats sont désormais des femmes – une évolution remarquable quand on sait qu’elles ne représentaient que 2 % des effectifs – et la moyenne d’âge des postulants se situe entre 30 et 40 ans, bien loin des 60 ans qui caractérisent aujourd’hui le profil moyen du chasseur corrézien. 

Une communication qui se modernise 

La FDC 19 a inauguré le jour de l’ouverture générale sa page Instagram : @fd_chasse_19, fruit d’un travail interne visant à renforcer la communication autour de la chasse. L’objectif : toucher un public plus jeune et plus diversifié, et valoriser les actions des chasseurs corréziens

Le gibier en Corrèze : entre abondance et régulation 

En Corrèze, la faune sauvage se porte bien, parfois même trop bien. Le chevreuil, discret mais omniprésent, peuple l’ensemble du territoire et reste l’un des piliers de la chasse locale, avec un quota de prélèvement fixé à 9 500 animaux. 

Le cerf étend sa présence sur les deux tiers du département, notamment autour d’Ussel et de Marcillac-la-Croisille. Face à une dynamique de population soutenue, le record d’attribution est une nouvelle fois dépassé, avec 3 100 animaux à prélever pour contenir les dégâts agricoles et forestiers

Quant au sanglier, son expansion fulgurante impose une vigilance constante : 7 300 individus ont été prélevés lors de la dernière saison, un chiffre record qui témoigne de la nécessité d’une régulation rigoureuse. 

À côté de ces espèces bien établies, une curiosité naturelle attire l’attention : le chamois. Implanté dans les gorges de la Dordogne, ce visiteur montagnard forme désormais une petite population bien établie. Huit prélèvements sont autorisés cette saison, avec une ouverture différée au 18 octobre. 

Le loup inquiète aussi les chasseurs 

La présence du loup, notamment sur le plateau de Millevaches, suscite l’inquiétude des chasseurs. Les comptages de chevreuils dans les zones concernées montrent des changements de comportement du gibier, voire des disparitions locales. 

Les chasseurs, au même titre que les agriculteurs, s’inquiètent de l’installation de nouveaux prédateurs. Cette année, ils seront mobilisés pour signaler toutes les carcasses de grand gibier trouvées en action de chasse, afin de collecter des données dans le cadre d’un suivi de l’impact du loup

Cerf de la découverte au suivi scientifique 

Comme chaque année, la FDC 19 organise une animation autour du brame du cerf sur la commune de Gros-Chastang. 5 soirées sont prévues jusqu’au 30 septembre au cours desquelles une présentation de l’espèce sera assurée par des spécialistes de la faune sauvage, suivie d’une écoute du brame. 

Tous les six ans, les Fédérations des Chasseurs de la Creuse et de la Corrèze unissent leurs efforts pour organiser un comptage interdépartemental du cerf élaphe sur le Plateau de Millevaches. Cette opération d’envergure, unique en France, mobilisera les 4 et 5 octobre prochains des centaines de chasseurs, bénévoles et naturalistes autour d’un objectif commun : mieux connaître les cerfs pour mieux les gérer. Chaque observation prend en compte la structure des populations : mâles adultes, biches, jeunes de l’année ou daguets. Cette méthode rigoureuse permet de localiser les noyaux de population et d’adapter les plans de gestion aux réalités du terrain. 

Des actions en faveur de l’environnement 

Grâce aux éco-contributions, la FDC 19 participe à des actions en faveur de la biodiversité. Parmi celles-ci, le suivi du lézard ocellé, le plus grand d’Europe, qui profite des abris créés par les garennes pour prospérer en Corrèze. Les chasseurs mènent également un programme de développement de couverts faunistiques, notamment de féveroles dans les noyeraies du département, contribuant à la restauration durable des habitats et des continuités écologiques.  

Face à la pression croissante du grand gibier et à l’évolution des équilibres naturels, la chasse en Corrèze reste un outil essentiel de régulation au service du monde agricole. En s’adaptant, en se renouvelant et en s’engageant pour la biodiversité, les chasseurs contribuent activement à préserver l’équilibre des territoires ruraux. 

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