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Face à face
La charte sur l’eau sera-t-elle signée ? Le face à face continue

Le conseil d’administration FDSEA-JA a lancé ce jeudi 13 février une opération coup de poing auprès des services de la DDT. Vers 11h, une cinquantaine d’agriculteurs et d’agricultrices ont débarqué dans les locaux de la DDT de Mende pour réclamer une signature de la charte sur l’eau. Le lendemain, une rencontre a eu lieu entre la FDSEA, les JA, la chambre d’agriculture, le préfet de la Lozère Guillaume Lambert et le préfet de région Pierre de Bousquet.

Réunion du 14 février à la Brousse.
Réunion du 14 février à la Brousse.
© Emilie Wood

C’est avec détermination et une colère contenue qu’une cinquantaine d’agriculteurs – des membres du conseil d’administration FDSEA-JA – munis de seaux emplis de joncs et armés de banderoles ont surgi dans les bureaux de la DDT et frappé à la porte de Laurent Scheyer, chef de service biodiversité eau et forêt. Respectueux des locaux et des employés au travail, les agriculteurs ont cependant exprimé leur intention de ne pas quitter les lieux jusqu’à la signature de la charte sur l’eau et ne sont partis qu’au bout de près de quatre heures de discutions.

«On est là parce qu’on est à bout. Cela fait trois ans que vous nous baladez. On a déjà vu trois préfets défiler et le dossier n’avance pas» martelait Olivier Boulat, président de la FDSEA. «La FNSEA avait demandé la désobéissance civique, à notre demande lors du conseil fédéral de la FNSEA, pour vendredi 14 février ainsi que le nettoyage des rases. Mais les conditions climatiques en zone de montagne sont telles que nous avons préféré, par respect pour la nature, procéder autrement. Nous sommes ici pacifiquement mais on ne partira pas sans une signature.»

La FDSEA reproche à la DDT de ne pas s’être rendue à une réunion de travail sur la charte sur l’eau le 13 janvier, réunion qui devait se solder par une signature de la charte le 27 janvier. Cette réunion avait été planifiée suite à la visite du préfet sur le terrain au mois d’octobre et à des débuts de négociation en novembre. Mi-décembre, le rendez-vous avait été fixé mais la DDT n’aurait pas répondu à l’invitation de la chambre d’agriculture. Olivier Boulat a dénoncé un retour en arrière de l’administration. Les syndicats se sont toutefois réunis avec la chambre d’agriculture, la Safer et les maires des communes de Margeride. C’est à cette occasion que le projet de charte a été finalisé.

Négociation dans les couloirs

En l’absence du préfet et de René-Paul Lomi, directeur de la DDT, Julien Langlet, le directeur adjoint, a rejoint Laurent Scheyer dans les locaux afin de discuter avec les agriculteurs. L’atmosphère, plutôt calme au début, s’est électrifiée lorsque la police, arrivée sur les lieux peu de temps après le début de l’opération, a empêché la presse d’entrer dans les locaux. De plus, Julien Langlet et Laurent Scheyer ont insisté qu’ils ne signeraient rien sous la pression le jour même, ayant besoin de plus de temps afin d’étudier le dossier.

«Nous avons appris de nos grands-parents comment travailler la terre et gérer les ressources en eau, et la DDT veut nous apprendre à défaire le travail de nos aînés ?» s’exclamait Mathieu Rodier, des Jeunes agriculteurs. Christophe Vialard, lui aussi, avait quelques mots à dire. «J’ai voulu suivre les conseils de la DDT pour remettre mon champs en état. Le résultat : mon champs est devenu une piscine.»

Promesses

Un rendez-vous avec le préfet de la Lozère Guillaume Lambert et le préfet de région Pierre de Bousquet a finalement été obtenu pour le lendemain, vendredi 14 février. Sophie Pantel, vice présidente du conseil Régional, qui recevait les deux préfets sur deux exploitations de La Brousse, commune de Fraissinet-de-Lozère, a permis aux syndicats de les rencontrer avant la visite prévue initialement. Autour d’une table, les deux préfets, des représentants FDSEA-JA, Christine Valentin de la chambre d’agriculture, René-Paul Lomi, directeur de la DDT, ont une fois de plus échangé autour de la charte. Pas encore de signature, mais des promesses d’étudier en détail le document et d’arriver à un accord «très prochainement.»

Olivier Boulat a affirmé que si une réunion pour signature n’était pas prévue d’ici quelques jours, le mot d’ordre de désobéissance civique serait à nouveau lancé. La bataille entre le monde administratif et le monde agricole n’est donc pas encore terminée.

A lire dans le Réveil Lozère N°1247, page 4.

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