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La Chambre régionale fait un point sur les dossiers agricoles 2017

Septembre est traditionnellement l’occasion pour la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine de dresser un premier bilan de l’année agricole en cours. Mercredi dernier à Limoges, son président, Dominique Graciet a donné la température de l’agriculture, évoqué les sujets en souffrance et les États Généraux de l’Alimentation.

Dominique Graciet, président de la chambre régionale d’agriculture Nouvelle-Aquitaine.
Dominique Graciet, président de la chambre régionale d’agriculture Nouvelle-Aquitaine.
© P. Dumont

La période estivale achevée, l’heure est à un premier bilan. Récoltes, revenus, situation de l’élevage et des cultures, Dominique Graciet a fait un tour d’horizon de l’agriculture régionale avec en filigrane les États Généraux de l’Alimentation. S’il « salue l’initiative », il reste méfiant quant aux travaux et à leurs retombées. « Nous sommes particulièrement intéressés par l’atelier consacré à la rémunération, explique le président de la CRANA, mais nous ne comprenons pas la nomination de Serge Papin (Système U) et François Eyraud (Danone) à la co-présidence de celui-ci. Le gouvernement devra se montrer impartial dans ses conclusions... » Une méfiance renforcée par les nombreux engagements pris par le Gouvernement et non tenus à ce jour. Outre le retard de versement des aides PAC 2015 et 2016 et celui des indemnités pour l’influenza aviaire, les MAEC ou les aides à la conversion bio se font attendre. « M. Travert a un gros chantier devant lui car son prédécesseur a laissé l’agriculture en panne, reprend Dominique Graciet. Le ministre a pris des engagements mais rattraper deux ans de retard n’est pas facile ». La CRANA apportera toutefois sa pierre à l’édifice EGALim en s’associant à la DRAAF et au Conseil régional pour une rencontre autour des filières de qualité. Un sujet important pour la région puisque 40 % des exploitations sont concernées par un signe officiel de qualité et d’origine (SIQO). Il y sera question d’ancrage territorial, de segmentation de marchés, de recherche et d’innovation.

Une année agricole en demi-teinte
2017 devrait être une année inégale selon les productions, sous réserve des résultats des derniers mois. Après une année 2016 difficile, les grandes cultures respirent. Les récoltes des cultures d’hiver sont bonnes ainsi que celles de maïs et de tournesol, malgré un tassement des prix. Le secteur viticole a été très impacté par le gel de printemps. Les conséquences sont variables, allant d’une perte de 30 % dans les Charentes à 50 voire 100 % dans certains vignobles bordelais. Chez les viticulteurs non touchés, la production devrait être bonne. « Cela montre qu’un système assurantiel est nécessaire, ajoute Dominique Graciet. Mais à quel coût ? Sans aides de l’Union Européenne ce n’est pas possible. » Même constat d’inégalité pour les productions animales. Les productions caprine et ovine voient leurs revenus augmenter. Les revenus des producteurs bovin viande s’améliorent légèrement alors que le bovin lait s’effondre. « Nous sommes très inquiets, précise le président. On est arrivé à un seuil d’alerte : quelle densité laitière pourrons-nous conserver pour rester compétitif ? » Au final, les premières estimations montrent un revenu agricole toujours en berne. Si en 2015, 1/3 des exploitations de polyculture élevage avaient un revenu inférieur à 350 euros mensuels, on pourrait atteindre un sur deux. Dans ce contexte, la Chambre régionale participe à plusieurs projets : Chaire Finagri (financement innovant des exploitations), Réseau Régional de l’Innovation, Appel à Manifestation d’Intérêt « Territoire d’Innovation de Grande Ambition », etc. Autre sujet d’inquiétude : les volailles et palmipèdes. Après deux épisodes d’influenza aviaire, les indemnités promises n’arrivent pas et les investissements de biosécurité coûtent cher. « Nous avons réussi à protéger les régions voisines qui, depuis, nous ont pris des parts de marché, déplore D. Graciet. Si de nouveaux problèmes arrivent, les producteurs respecteront-ils encore les consignes ? » Dernier sujet sensible, la Directive Nitrates. La profession n’est en effet pas d’accord avec la volonté du Préfet de région de créer un Plan d’Action Régional (PAR) unique, basé sur les PAR des trois anciennes régions.

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