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La cage de parage, c'est le pied !

L'installation d'une cage de parage dans le bâtiment d'élevage offre fonctionnalité, sécurité et confort à l'éleveur lui permettant d'intervenir sans attendre sur les vaches, dès les premiers signes de boiteries.

Bien installée, la cage de parage facilite le traitement des boiteries. (photo d'archive)
© P.Geboers

Vous voulez connaître les avantages d'installer une cage de parage sur votre exploitation ?

Le parage consiste à enlever l'excès de corne sous les pieds des bovins. Il aide ainsi à prévenir les boiteries voire une déformation du pied qui peut entraîner une baisse de production, en lait notamment, et dégrader l'état de santé général de l'animal.

À l'EDE du Puy-de-Dôme, Éliane Gardon, conseillère bâtiment, recommande aux éleveurs d'installer une cage de parage à l'intérieur de leur stabulation. Ainsi équipés, ils peuvent intervenir sur les animaux dès les premiers signes, en toute sécurité, protégés des affres de la météo et surtout sans perdre de temps.

« Une cage achetée en collectif c'est bien mais le temps d'aller la chercher, de la ramener, de l'installer puis de la rapporter chez le voisin... Ce qui aurait dû prendre une demi-heure demande finalement une demi-journée. » L'idéal est de prévoir l'installation lors de la construction du bâtiment car si la cage de parage est peu volumineuse, elle demande néanmoins quelques aménagements pour profiter pleinement de ses bénéfices.

À lire aussi : Paroles d'éleveurs autour du parage des chèvres

 

Cage de parage : fonctionnalité, sécurité, confort

La cage de parage doit avant tout être proche du box d'isolement pour pouvoir séparer l'animal à soigner du reste du troupeau. Une arrivée électrique est également préconisée pour brancher la meuleuse et limiter les rallonges et donc les risques de chutes.

Éliane Gardon conseille aussi de prévoir une arrivée d'eau. « Les pieds des vaches sont toujours sales. Avant d'intervenir c'est mieux de passer un coup de jet pour avoir plus de visibilité. Le parage est un acte stressant pour l'animal qui va bouser. C'est plus confortable de pouvoir nettoyer avec un tuyau. »

Cet aménagement sous-entend qu'une légère pente doit être prévue pour l'écoulement des eaux de nettoyage.
Une cage de parage mesure environ 2,20 m de long et 1,2 m de large. Des dimensions certes modestes, mais la présence de câbles et de manivelles génère un certain empâtement dont il faut tenir compte. «  Dans l'idéal, il faut prévoir un mètre d'espace libre autour de la cage pour que l'éleveur circule facilement. »

Enfin, il ne faut pas oublier de tenir compte de la perception des animaux. Éliane Gardon déconseille d'installer la cage de parage entre des murs. « Au moment de monter dans la cage, si la vache ne voit plus ses copines, elle va paniquer. Elle sera moins coopérative, augmentant le risque d'accidents. Le mieux c'est qu'elle soit entre des barrières. »

À lire aussi : Les boiteries, 3e pathologie des troupeaux laitiers

 

Paroles d'éleveur

À Perpezat, Vincent Battut a remplacé sa vieille cage de parage de 30 ans. L'éleveur a profité de l'installation de ses robots de traite pour réaménager l'intérieur de son bâtiment et prévoir l'emplacement de l'équipement. « Parer mes vaches était une corvée. Mon ancienne cage n'était pas dans le bâtiment. Il y avait beaucoup de manutention. Quand je voyais une vache qui commençait à boiter, j'attendais qu'un autre animal boite à son tour pour déplacer la cage le moins possible. L'état des animaux s'en ressentait. »

Seul pour conduire un troupeau de 110 vaches, l'éleveur a misé sur la fonctionnalité. La nouvelle cage est installée près du box d'isolement, lui-même à proximité des robots. Ainsi, dès qu'il observe les premiers signes d'une boiterie, Vincent Battut rentre le numéro de l'animal dans le robot qui va se charger du tri. « J'arrive le matin, la vache est dans le box d'isolement. Je n'ai plus qu'à la faire rentrer dans la cage de parage et à soigner ses pieds. J'ai considérablement gagné en confort de travail et mes vaches aussi parce que j'anticipe davantage les problèmes de pieds. »

L'éleveur a toujours recours une fois par an à un pareur professionnel à titre préventif. La cage est utilisée pour les urgences que Vincent Battut comptabilise à « une trentaine par an ».

À lire aussi : Rencontre avec Thibaut Roberton, pareur au GDS Haute-Loire

 

Comment choisir sa cage de parage ?

Il n'y a pas de taille minimale de troupeau pour installer une cage de parage. Comme il n'est pas nécessaire d'attendre d'avoir un bâtiment neuf pour en installer une. « L'important c'est d'être proche du box d'isolement et d'être à l'abri » insiste la conseillère. Naturellement, plus la taille du troupeau est importante, plus cet outil est indispensable pour intervenir dans l'urgence et travailler confortablement.

Le coût d'une cage de parage est compris entre 5 000 € et 10 000 €. Certaines, équipées d'un relevage hydraulique, avoisinent les 27 000€. « D'autres systèmes, moins onéreux, sont proposés à la vente mais la sécurité est minimale. Les accidents ne sont pas rares. Il faut prioriser la sécurité. »

Certaines cages de contention peuvent également servir au parage, offrant alors un outil deux en un.

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