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La Brune et les climats extrêmes

Les conférences proposées pendant le congrès couvraient trois grandes thématiques : adaptabilité, efficacité économique et sélection génétique. Peu importe le pays de l’élevage, la Brune est reconnue par sa rusticité, ses capacités maternelles et la qualité de son lait.

Les intervenants de la conférence adaptabilité : Adriana Solano de l’association colombienne de la race Brune est à droite ; l’Australien Robbie Radel porte la cravate rayée.
Les intervenants de la conférence adaptabilité : Adriana Solano de l’association colombienne de la race Brune est à droite ; l’Australien Robbie Radel porte la cravate rayée.
© Sandra Hartmann

La Brune est présente sur tous les continents, avec dix millions de têtes, c’est la deuxième race laitière derrière la Prim’holstein. La Brune se distingue par la qualité de ses productions, c’est-à-dire un bon rapport entre quantité et qualité du lait produit favorable à une bonne production fromagère avec une bonne teneur en caséine K-BB et un faible nombre de cellules somatiques. La vache à la robe gris souris se distingue également par sa longévité, ses caractères fonctionnels, sa faculté d’adaptation et de vêlage ou sa robustesse, sans oublier sa résistance aux maladies. Autre point fort, son adaptabilité aux conditions climatiques extrêmes. Exemple à l’appui avec une conduite d’élevage en Colombie. « Un pays où nous avons deux saisons, hiver et été. Beaucoup de pluie en hiver, des températures élevées l’été avec un écart de température conséquent », détaille Adriana Solano de l’association colombienne de la race Brune. Sauf que depuis quelques années, les conditions ont changé, plusieurs mois peuvent s’écouler sans la moindre goutte de pluie, « certains agriculteurs n’ont rien vu tomber depuis dix mois », ajoute-t-elle avant de préciser que « le climat dépendait beaucoup de l’altitude ». C’est chaud le long des côtes et la température plonge lorsque l’on rentre un peu dans les terres, sans parler des hauts plateaux du pays. Pour les agriculteurs, il fallait s’adapter et surtout « trouver la race idéale. Celle qui serait adaptée aux tropiques et capable de produire de la viande et du lait de qualité, tout en étant à la fois rustique et rentable. » La Brune s’est imposée, il a ensuite fallu plancher sur la génétique. Des croisements ont été effectués entre des races Zébu et la Brune, jusqu’à créer une nouvelle race, la Suiz-bù. « Ce sont des vaches produisant sept à huit litres de lait par jour lorsqu’elles sont au pâturage. Quant au broutards en engraissement, ils atteignent facilement 500 kilos et produisent une bonne viande persillée. » C’est une conduite qui fonctionne avec des coûts limités et une bonne rentabilité. La Brune a aussi réussi son examen de passage en Australie. « Bien que née dans le froid de la Suisse, elle a su s’épanouir dans la chaleur de l’Australie », assure Robbie Radel éleveur à Biggenden à 300 kilomètres au nord de Brisbane.

La suite dans le Réveil Lozère, page 4, édition du 14 avril 2016, numéro 1355.

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