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« La bête bouchère par excellence »

La 33e édition de la foire de Langogne s’est tenue samedi au prat de la Feria avec les mêmes fondamentaux, l’effervescence de l’installation des animaux, les éleveurs mettant la dernière main à leurs animaux avant le passage du jury, etc. sans oublier la foule déambulant d’un chapiteau à l’autre et l’exposition avicole.

© Sandra Hartmann

En fin de matinée, c’était l’effervescence de l’installation. Les bétaillères continuaient d’arriver et il fallait décharger des animaux pas toujours très coopératifs. L’an passé, il y avait soixante animaux sous le chapiteau du pré de la Foire à Langogne. Cette année, il a fallu s’organiser pour en accueillir quarante de plus. Cette foire concours est ouverte aux bovins de races à viande : génisse d’engraissement ou de boucherie, vache de boucherie, taureau, etc. Chaque animal est mis à l’attache, aligné avec les congénères de sa section. On brosse, on lave, il faut être le beau du chapiteau. Certains sont rasés sur le dessus pour faire ressortir les morceaux nobles.
Vers 10 h 45, c’est le rush, les jurés doivent commencer à 11 heures, il faut coller les numéros d’identification sur les bêtes. Et puis le coup de sifflet retenti, les agents font sortir le public et les agriculteurs exposant des animaux sont priés de se presser car le jury opère à huis clos. Ils sont huit à se plier à l’exercice, quatre représentants des abattoirs, deux inséminateurs, un agriculteur et un commerçant de bestiaux. Cinq plaques sont attribuées par section. Pour chacune d’entre elle, il s’agit de choisir la meilleure bête, les animaux sont ensuite triés en fonction de la conformation et des qualités de la première de la section. Conformation bouchère, ligne de dos, finesse d’os, rigueur des aplombs, état d’engraissement, propreté, etc. Ce sont des aspects qui ont été discutés lors de l’élaboration du palmarès. Pour jauger de l’état d’engraissement d’un animal, on lui saisit le cuir au niveau de la queue. « Forcément, nous regardons la façon dont vont s’engraisser les animaux pour ceux inscrits dans les sections dédiées, glisse un juge. Une bête avec de bons aplombs et des cuisses rebondies se vendra toujours mieux. » Pour l’anecdote, une bonne génisse aux cuisses rebondies est considérée comme « chevaline ». « A priori, le meilleur sujet de la foire devrait se trouver du côté des génisses de boucherie », me confie un autre juge. Pendant ce temps, les jeunes agriculteurs du canton commencent à accrocher les plaques : prix d’excellence, prix d’honneur, premier prix. Il faut être précis, les plaques font les prix des animaux, c’est un argument de vente pour les éleveurs. Le jury tient un dernier conciliabule pour se mettre d’accord sur le meilleur animal de la foire ; « la bête bouchère par excellence », résume un juge.

La suite dans le Réveil Lozère, page 3, édition du 26 mars 2015.

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