Aller au contenu principal

« La belle vie » de la jeune apicultrice Mathilde Andrieu, installée à la Canourgue

Mathilde Andrieu s’est installée comme apicultrice depuis le 1er janvier 2025 à la Canourgue, avec sa miellerie située à Banassac. Originaire de l’Aveyron, Mathilde a suivi un parcours atypique.

La jeune apicultrice Mathilde Andrieu avec ses ruches
La jeune apicultrice Mathilde Andrieu avec ses ruches
© Etienne Barrier

Après des études en management hôtelier et quelques années d’expérience professionnelle dans ce secteur, elle a découvert l’apiculture lors d’un woofing dans les Alpes. Cette expérience, combinée à l’opportunité de reprendre partiellement l’activité de son oncle apiculteur qui souhaitait prendre sa retraite, l’a conduite à se reconvertir. Elle a complété sa formation avec un BPREA (brevet professionnel responsable d’exploitation agricole) à Marvejols.
« J’ai exercé, je pense, après mon diplôme pendant deux-trois ans dans l’hôtellerie, et je me suis aperçue que ça ne me convenait pas forcément », détaille l’apicultrice, qui a lancé sa marque « l’Abeille vie » en 2025. Une expérience woofing plus tard, la jeune femme revient en Aveyron et apprend que son oncle, apiculteur professionnel en Aveyron, souhaitait prendre sa retraite. « Tout est arrivé un peu au même moment, et ça a créé une belle opportunité pour moi de travailler dans ce secteur. Et ça me plaisait, parce que je passe, personnellement, beaucoup de temps dans la nature, étant sportive. J’avais aussi l’envie d’un métier qui me corresponde mieux ». Ni une ni deux, la jeune femme décide donc de sa reconversion, suit les formations recommandées et se lance dans sa nouvelle carrière. 
« L’apiculture, c’est hyper varié comme métier, on travaille avec le vivant, on est tout le temps dans la nature, etc. Et ça me donnait aussi l’opportunité de travailler à mon compte, ce qui est quelque chose qui m’intéresse ». Mais Mathilde Andrieu ne regrette absolument pas d’avoir suivi des études de management avant de se tourner vers l’agricole, car sa formation lui est « utile pour gérer les aspects commerciaux et administratifs de son entreprise ». « Au final, une grosse partie de l’année, on fait de l’apiculture, mais il y a aussi une partie de l’année où je dois m’occuper de la communication, de la commercialisation, etc. », détaille la jeune apicultrice.

Un rucher en expansion tranquille

L’exploitation de Mathilde Andrieu, nommée « L’Abeille-vie » (référence à l’expression « la belle vie »), compte actuellement environ 120 ruches avec l’objectif d’atteindre 200 à 250 ruches d’ici quatre ans. Elle pratique une apiculture mixte, 50 % sédentaire et 50 % transhumante, mais reste dans un périmètre local (Lozère, Aveyron) pour proposer des miels représentatifs du terroir.
Mathilde Andrieu propose actuellement cinq variétés de miel ainsi que des produits transformés comme du caramel au miel, et des pâtes à tartiner. « Le fait de proposer des produits transformés, des produits un peu plus originaux, ça permet d’ouvrir les portes d’autres magasins ou d’attirer de nouveaux consommateurs qui n’aiment pas forcément le miel. Proposer aussi des pâtes à tartiner, ça nous permet d’élargir la clientèle », note la jeune apicultrice.
Elle prévoit de développer davantage sa gamme de produits transformés (vinaigre, moutarde, bonbons) pour diversifier son offre et se démarquer sur un marché local où les apiculteurs sont nombreux.
Pour la commercialisation, elle privilégie la vente directe et les revendeurs locaux plutôt que les marchés. Elle dispose d’un petit point de vente qu’elle souhaite développer en une véritable boutique avec une ruche pédagogique et la possibilité pour les clients de voir la chaîne d’extraction. Elle envisage également de créer un site internet dédié pour faciliter la vente en ligne. Mathilde élève des abeilles hybrides (buckfast) et non des abeilles noires, bien que ce fût son souhait initial. Concernant la certification biologique, son exploitation pourrait être éligible car 50 % du territoire dans un rayon de 3 km autour de ses ruchers est soit en agriculture biologique, soit constitué d’espaces naturels considérés comme bio. Elle a préféré reporter cette démarche pour limiter les charges lors de son installation, mais prévoit une conversion d’ici deux ans.
Parmi ses projets futurs, Mathilde Andrieu souhaiterait développer un système de parrainage de ruches incluant des visites sur site, et recherche activement de nouveaux emplacements pour ses ruches, notamment vers le Mont Lozère ou le Nord-Lozère pour diversifier ses productions de miel.
 

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière