Aller au contenu principal

FRSEA Massif central
Jean-Michel Lemétayer, prudent sur le bilan de santé de la PAC

Une centaine de responsables syndicaux du Massif central ont participé, vendredi dernier, au conseil d’administration de la FRSEA, qui accueillait le président de la FNSEA.

Faute de pouvoir assister au congrès de la FNB, la semaine prochaine à Clermont-Ferrand, Jean-Michel Lemétayer a accepté, la semaine dernière, de participer au conseil d'administration de la FRSEA Massif central. Une exception, selon lui, expliquant que c'est la seule réunion régionale à laquelle il participerait. Voilà pour la forme, sur le fond, la centaine de participants à cette réunion, attendait le président de la FNSEA sur le bilan de santé de la PAC. Un sujet qui, comme l'a rappelé le président de la FRSEA Massif central, Jacques Chazalet : « a suscité un vaste débat dans le Massif central pour aboutir à l'automne dernier à la rédaction du livre blanc ». Les propositions sont nombreuses et en poursuivant le principe de l'équité, elles n'apparaissent pas dépourvues de cohérence.
Très rapidement, les agriculteurs du Massif central demandent la concrétisation des soutiens aux productions fragilisées (ovins), le renforcement des ICHN et un soutien spécifique à la production herbagère. Une aide de 300 ? aux hectares d'herbe (plus globalement aux productions fourragères) est mise en avant dans ce cadre. A plus long terme, ils souhaitent que l'Europe, sous la pression française, procède à une refonte en profondeur de sa Politique agricole autour de quatre axes : la sécurisation de la production, l'assurance du revenu, le soutien aux zones à handicaps naturels et aux secteurs fragiles, et le soutien à la recherche et à l'innovation.

Le péril de l'aide forfaitaire
Le président de la FNSEA n'ignore pas le contenu du livre blanc de l'agriculture du Massif central et encore moins les enjeux du bilan de santé de la PAC, mais d'emblée il a tenu à préciser « que ce bilan de santé n'était pas le seul sujet de préoccupation de la FNSEA. Nous travaillons aussi sur d'autres sujets très importants tels que les prix, l'emploi, les biocarburants, les retraites... ».
N'empêche que la PAC occupe actuellement tous les esprits.
« A l'évidence, le bilan de santé sera l'occasion de rediscuter de la PAC avec une question centrale : comment on gère les aides du premier pilier ? », a résumé Jean-Michel Lemétayer. Une équation extrêmement difficile à résoudre tant les intérêts des uns et des autres sont nombreux. Si les débats entre régions et entre productions ne font que commencer, à Bruxelles « la ligne directrice conduit tout droit à une aide forfaitaire à l'hectare, la même pour tout le monde », a expliqué le président de la FNSEA.

Légitimer les soutiens
D'où l'urgence pour les responsables syndicaux du Massif central de répliquer, pour mettre à mal ce type de propositions. «Nous attendons une position plus offensive de la FNSEA », a lancé Patrick Bénézit, président de la section régionale bovine. «On attend de la FNSEA un projet d'avenir », a estimé Michel Lacoste revenant sur l'historique de la PAC : « En 2003, le premier pilier a été défendu unanimement par toutes les régions. Mais en attendant, le second pilier lui a souffert et nos régions ont été les premières à en faire les frais. Sur l'ICHN, la PHAE, les prêts bonifiés... on a beaucoup reculé ». En proposant une aide de 300 euros aux hectares d'herbe dans le cadre d'une PAC rénovée, le Massif central estime réparer une injustice.
« Ce n'est pas une idée farfelue, c'est légitime car cela permettra de conforter les systèmes d'élevage et de régler le problème des ovins », selon Patrick Bénézit. Conscient qu'il y a « un sacré parcours à faire» pour mieux répartir les aides entre productions animales et productions végétales, le président de la FNB, Pierre Chevalier a tenu toutefois à prévenir: « Si les soutiens sont excessifs et illégitimes on les perdra ».

Congrès début avril
Interrogé à plusieurs reprises sur une possible aide à l'hectare d'herbe, le fond du sujet en somme, Jean-Michel Lemétayer s'est voulu réservé :
« Je ne peux pas répondre. Je suis là pour entendre. Si je me positionnais, je serais malhonnête vis-à-vis du conseil d'administration de la FNSEA ». Le sujet est délicat et les propos on ne peut plus elliptiques « si on veut croiser les différents paramètres, il nous faut avoir la vue la plus large possible ».
Pendant près de quatre heures, arguments à l'appui, les professionnels du Massif central auront livré la leur, en espérant qu'elle trouve un écho du côté de la grande maison. Les 1er, 2 et 3 avril, le congrès de la FNSEA à Nantes sera peut-être l'occasion de définir une stratégie claire et commune...

(*) COPA : Comité des organisations professionnelles agricoles, instance basée à Bruxelles.

 

Il a dit... Jean-Michel Lemétayer


Morceaux choisis ...
« La politique de la montagne nécessite d'être clarifiée au niveau européen. Un budget spécifique consacré à la montagne au niveau européen serait légitime »

« Notre avenir ne se fera pas par les aides. Notre activité agricole est une activité économique, c'est d'abord de notre marché que l'on veut tirer notre revenu. On fait fausse route à vouloir mettre en avant le second pilier ».

« La présidence française de l'Union européenne doit entamer le débat politique autour de l'ambition agricole européenne. C'est le préalable indispensable aux discussions budgétaires ».

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière