Aller au contenu principal

Jean-Marc Jancovici attendu au Sommet de l'Élevage : « Il y a un gros enjeu à stopper la perte de prairies »

Laure Le Quéré et Corentin Biardeau travaillent aux côtés de Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project, groupe de réflexion sur le climat. Leurs scénarios pour l'élevage donnent l'avantage aux systèmes herbagers. Ils en feront la démonstration à l'occasion d'une conférence, organisée, le mardi 7 octobre au Sommet.

Jean-Marc Jancovici, fondateur et président du Think Tank le Shift project interviendra le 7 octobre lors d'une conférence au Sommet de l'Elevage.
Jean-Marc Jancovici, fondateur et président du Think Tank le Shift project interviendra le 7 octobre lors d'une conférence au Sommet de l'Elevage.
© Vincent Motin

C'est quoi le Shift Project ?

Leur mission : éclairer et influencer le débat public sur les défis climat-énergie. Au sein du Shift Project, ils apportent des clés de lecture aux décideurs, élus, entrepreneurs… afin de les guider vers des stratégies moins émettrices de gaz à effet de serre. C'est ainsi que le Shift Project a publié récemment un rapport sur l'agriculture.

« Les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation sont en première ligne des enjeux d’adaptation face aux stress climatiques croissants. Contrairement à d'autres secteurs d'activité, l'agriculture française est à la fois émettrice de gaz à effet de serre, subit une dépendance critique aux engrais azotés et est la première victime du changement climatique », pose en préambule Corentin Biardeau, ingénieur agricole.

Dans leurs scénarios de décarbonation, en matière d'élevage, la prairie occupe une place centrale. « Le poids de l'herbe dans la transition de l'élevage est central. Les prairies naturelles sont de formidables puits de carbone », précise Laure Le Quéré, experte agroécologie et climat. En creux, les deux ingénieurs estiment que l'agriculture peut être source de solutions. 

« Dans le monde de l'élevage, on constate une forme de maturité sur ces sujets là. Pour la majorité des agriculteurs, la possibilité de transition est très liée aux enjeux économiques », poursuit Corentin Biardeau.

Alors que la France a connu une décapitalisation sans précédent de son cheptel bovin depuis dix ans, les deux ingénieurs estiment que si le phénomène devait s'amplifier, ce serait synonyme d'importations massives de viande, qui ne respectent pas forcément les standards de production européens. Une catastrophe pour le climat.

Pour aller plus loin : vous pouvez assister à la conférence « Pour un élevage bas carbone », le mardi 7 octobre à 10 heures au Sommet de l'Élevage.

Lire aussi Élevage herbager : « Pâture, notre élevage c’est (déjà) le futur », le livre blanc du Massif Central

Les agriculteurs sont-ils prêts à s'engager vers la décarbonation ?

Afin de mesurer la capacité d'évolution du secteur agricole sur les enjeux climatiques, les acteurs du Shift Project ont lancé une consultation auprès de 7 800 agriculteurs dont 40 % sont éleveurs.

Cette étude révèle que :

  • 86 % d'entre eux considèrent le changement climatique comme un risque pour la viabilité de leur exploitation,
  • que la hausse du prix de l’énergie et la dépendance aux énergies fossiles sont des sources d’inquiétude pour plus de 70 % des sondés,
  • 75 % des répondants s’inquiètent des effets des produits phytosanitaires sur leur santé. Les préoccupations en lien avec les risques environnementaux sont particulièrement marquées chez les jeunes et chez les femmes.
  • L’enquête révèle aussi que les agriculteurs ne pourront pas mener cette transition sans une vision claire pour l’avenir du secteur et sans un soutien massif de la société et des pouvoirs publics : 86 % des répondants réclament des objectifs clairs et stables, et 87 % posent une condition financière pour s’engager ou accélérer leur transition, en particulier en étant rémunérés pour les services environnementaux rendus et en étant protégés contre une concurrence internationale qu’ils jugent déloyale.
  • 77 % souhaitent en outre une mise en œuvre décentralisée qui permette de prendre en compte les spécificités régionales.

Une fresque de l'élevage herbivore au Sommet de l'Elevage

Comment expliquer les enjeux de l’élevage herbivore au plus grand nombre, sans faire l’impasse sur ses nuances et ses impacts ? « L’idée de concevoir une Fresque a germé dans l’équipe du Sommet de l’Élevage lors de la découverte de la Fresque du Climat », explique Caroline Guinot, ingénieure agronome qui accompagne le Sommet de l’Élevage dans sa démarche RSE (Responsabilité sociale des entreprises) et sur la conception de cette Fresque. L’objectif : créer un jeu qui puisse brosser un panorama global de l’élevage d’herbivores et de ses impacts, y compris auprès du grand public, et de favoriser le dialogue sur les sujets d’élevage et de développement durable.

Lire aussi Valoriser les exploitations réduisant leurs émissions

 

 

 

Les plus lus

La dose d’engrais azoté à apporter correspond à l’écart entre les besoins totaux et les fournitures du sol. Ici un maïs au stade 4-5 feuilles.
25 à 30 T/ha de fumier de bovins suffisent à couvrir les besoins en phosphore et potasse

Le service productions végétales de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire fait le point sur la fertilisation de la culture…

Poulet du Bourbonnais.
Dans les coulisses de la filière avicole dans l'Allier

Première viande consommée en France depuis 2024 après le porc, la volaille s’impose à près de 32 kg par habitant chaque année…

Ludivine Lot sur son exploitation
JA 03 : une nouvelle présidence, un nouveau bureau

À l’issue des élections internes du 8 avril, les Jeunes Agriculteurs de l’Allier ont annoncé l’élection de Ludivine Lot à…

Le 24 avril, les prix constatés dans le magasin atteignaient 24,99€/kg.
Saint-Nectaire fermier à 25€/kg à Auchan Besse : le prix qui indigne les producteurs

À Besse, un Saint-Nectaire vendu jusqu'à 45 € la pièce chez Auchan suscite la colère des producteurs. Impuissante, l'ISN…

La France des fermes bio de Pauline

À la force des mollets, Pauline Plaçais explore les réalités agricoles françaises et questionne notre rapport à l’alimentation…

Haies : qu'est-ce qui pousse les éleveurs cantaliens à replanter ?

Depuis 2020, près de 75 km de haies ont déjà été replantés dans le Cantal par les agriculteurs, une dizaine d’autres devraient…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière