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Echanges
"Je pense que les femmes sont l'avenir de l'agriculture" : Agnès Poirier

Le 8 mars, journée de la femme en France, le ministre de l'Agriculture a animé un petit déjeuner débat en visioconférence sur la place des femmes dans le monde agricole.

Visio
Le 8 mars, la réalisatrice Agnès Poirier et un public d'agricultrices et d'agriculteurs étaient invités à échanger sur la place des femmes en agriculture.
© HLP

À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, le Ministre de l'Agriculture Julien Denormandie proposait un temps d'échanges en visio avec Agnès Poirier, réalisatrice des documentaires " Nous paysans " et " L’installation " diffusés ces derniers jours sur France Télévision, et des agricultrices et agriculteurs venus apporter leur témoignage.
Le ministre a démarré ce temps d'échanges en soulignant la profonde augmentation du nombre de femmes parmi les actifs permaments agricoles (30% de femmes), les chefs d'exploitations (24%), les élèves des lycées agricoles (45%) et les installés en agriculture (37%). Toutefois, "depuis une décennie, on observe une stagnation" d'où l'idée pour le ministre de faire le point sur les freins actuels.
Puissantes et fortes
Dans ses documentaires, Agnès Poirier tenait à donner aux femmes du monde agricole toute leur place. "S'il a fallu attendre 1985 pour qu'elles soient considérées autrement que des femmes d'agriculteurs, les agricultrices sont aujourd'hui des femmes puissantes, fortes et qui prennent des décisions. Elles sont en train de réinventer le métier d'agriculteur.... Je pense que les femmes sont l'avenir de l'agriculture" souligne-t-elle.

L'instinct féminin

Le témoignage de deux agricultrices, Lauriane Achard et Audrey Lopez, éleveuses de vaches laitières en Bretagne et protagonistes du documentaire " L’installation ", a permis de faire jour sur leur perception du métier. "On se dit que les choses que l'on ne pourra pas faire (par manque de force physique par exemple), on les fera différemment". Selon ces deux éleveuses de vaches laitières, les femmes apportent "une sensibilité qui leur est propre" et sont "assez complémentaires avec les hommes". Pour Nadège Petit, installée en grande culture, qui voit de plus en plus de femmes dans les réunions techniques et dans le conseil agricole, "c'est plus une question d'affinité plutôt que de capacité". "Les femmes apportent une vision pragmatique. L’instinct féminin est essentiel dans la prise de décision" expliquera François Arnoux agriculteur en société avec son épouse.
Sur le sujet de l'installation et du statut des femmes, l'inégalité homme/femme est ancrée depuis fort longtemps. Si les femmes ont tendance à laisser la place aux hommes (à leur frère...) dans les exploitations agricoles, constate Agnès Poirier, "il faut montrer que les femmes sont des agriculteurs comme les autres". Même vision pour Anne-Marie Nuyttens agricultrice en Seine et Marne, qui souligne la nécessité de "donner la confiance aux filles qui veulent s'installer". Cette dernière n'a pas manqué d'attirer l'attention du ministre sur le trop faible montant des retraites perçu par les femmes. "On finalise la revalorisation des retraites des chefs d'exploitation pour les porter à 85% du Smic ; mesure qui s'appliquera aux flux de retraités futurs et actuels" a répondu le ministre.

Un parrainage pour les femmes ?

Pour relever le défi du renouvellement des générations d'agriculteurs, le ministre a insisté sur l'importance de la communication autour du métier, sur son volet innovation et sur le rôle des femmes, et ceci pour séduire toute une génération.
Il a d'ailleurs annoncé le déploiement d'une grande opération de communication sur les métiers du vivant dès ce printemps.
Alors, quelles actions mettre en place pour favoriser l'installation des femmes en agriculture ? Vaste question à laquelle les participants ont apporté des réponses comme la communication autour du métier et la possibilité de parrainages spécifiques pour les femmes.
Le ministre a conclu ce temps d'échange par un message fort de soutien à l'agriculture : "la France est fière de son agriculture et sait ce qu'elle doit à ses agricultrices et agriculteurs".

 

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