Jaligny-sur-Besbre : La foire aux dindes veut garder le cap
Malgré la présence d’un unique éleveur, à cause des restrictions sanitaires liées à la grippe aviaire, la 76e édition de la foire aux dindes de Jaligny-sur-Besbre a drainé son fidèle public. L’occasion d’observer que cette tradition tient un rôle économique et social important, dans ce superbe coin de la Sologne Bourbonnaise.
Malgré la présence d’un unique éleveur, à cause des restrictions sanitaires liées à la grippe aviaire, la 76e édition de la foire aux dindes de Jaligny-sur-Besbre a drainé son fidèle public. L’occasion d’observer que cette tradition tient un rôle économique et social important, dans ce superbe coin de la Sologne Bourbonnaise.
Présent depuis plus de 40 ans
Cette année, seul Christophe Marodon, agriculteur à Saint-Pourçain-sur-Sioule, a occupé un périmètre dédié à la vente de ses dindes, dont le poids avoisine les 6 à 7 kg.
De quoi nourrir des regrets chez les plus anciens, qui ont connu des foires beaucoup plus fournies.
Cela n’a pas découragé cependant un public, qui tient à honorer cette tradition pour les fêtes de fin d’année.
« Mon père, en tant qu’éleveur, était présent depuis 1984, et c’est donc tout logiquement que j’ai pris la suite », souligne Christophe Marodon, qui élève 600 dindes à l’année.
« Nous entrons nos animaux sur l’exploitation début juin, avec de l’alimentation du commerce pour les six premières semaines, avant de poursuivre avec de l’aliment exclusivement sur la ferme.
Le tout sur un parcours herbeux, pour rendre la viande très tendre », ajoute-t-il.
Un vrai succès pour cet éleveur passionné, car tous ses produits trouvent preneur sur le site.
« Il y a des gens qui viennent de Commentry, de Bourbon-l’Archambault, c’est dire si cette foire est réputée », informe Christophe Marodon.
« De notre côté, nous venons de Saint-Clément, dans la Montagne Bourbonnaise, tous les ans, chercher notre dinde », expriment Alain et Valérie, jeune couple d’agriculteurs dans le secteur ovin.
Un produit qui fait la fierté du territoire
Si la dinde excelle de par ses conditions d’élevage, et fait la fierté du Bourbonnais, il est important également de bien savoir la cuisiner.
Car c’est un plat qui se partage en famille, entre amis, souvent lors des fêtes de fin d’année, et qui se doit de régaler les papilles.
« Une dinde représente le savoir-faire français, le savoir-être, notre ADN également. C’est un plat généreux, et familial », déclare Cédric Anglade, critique gastronomique chez Tables et Auberges de France.
« La meilleure façon de la cuisiner est à la cocotte, en l’arrosant régulièrement, afin de conserver une viande assez tendre.
C’est une viande blanche qu’il ne faut pas agresser. Il faut arriver à la sublimer avec, pourquoi pas, des légumes d’antan, comme la purée de potimarrons, de butternuts », renseigne-t-il.
L’occasion également de l’accompagner avec un vin blanc de Saint-Pourçain-sur-Sioule.
« Je connais cette foire depuis que je suis tout petit, et je constate qu’il y a toujours autant d’engouement autour de cet événement. Pour moi, c’est une tradition qui ne se perd pas », avance Cédric Anglade.
Pérenniser cette manifestation
Dans ce contexte agricole chaotique, il faut être courageux pour défendre de tels événements qui, malgré les nombreux écueils, arrivent à attirer du monde.
C’est ce que s’évertue à faire, chaque année, le comité des fêtes de Jaligny-sur-Besbre, pour célébrer sa foire aux dindes.
« Nous ne pouvions pas avoir plusieurs éleveurs cette année, pour les raisons que nous connaissons. Il aurait fallu faire des tests au niveau des élevages, mais tout cela est très contraignant. La seule solution était donc de n’avoir qu’un éleveur », relate Jean-Marc Minet, vice-président du comité des fêtes.
« Depuis 76 ans, cette foire existe, et a une réputation en dehors de nos frontières du Bourbonnais et ce, malgré la grippe aviaire et le nombre décroissant d’élevages. Cependant, le côté folklore est toujours là, avec les gens qui repartent avec leur dinde sous le bras », poursuit-il.
Du monde pour voir les dindes, pour partager un moment de convivialité autour du superbe bar boisé installé sous la halle.
De quoi pouvoir se projeter sur les éditions futures, avec toutes les précautions qui s’imposent.
« Nous avons une génération assez vieillissante, la dinde étant moins valorisée auprès des jeunes maintenant, mais les traditions restent tenaces ici. Il va falloir que nous évoluions pour les prochaines années, en gardant des dindes sur pieds, car c’est ce qui plaît au public. Le week-end est consacré à la fête de la dinde dans le village, avec pas mal d’animations ouvertes à tous. C’est une belle mise en lumière de notre territoire rural, qui peine à se maintenir », conclut Jean-Marc Minet.
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