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JA : première session nationale «ruminants»

70 jeunes agriculteurs issus de la France entière se sont réunis dans la Sarthe à l’occasion de la toute première session nationale des ruminants. Un rendez-vous désormais inscrit dans les agendas des JA.

70 JA ont participé à cette première session ruminants dans la Sarthe.
70 JA ont participé à cette première session ruminants dans la Sarthe.
© JA Sarthe

Un nouveau temps d’échanges réunit désormais les Jeunes Agriculteurs au niveau national avec la session des ruminants, dont la toute première s’est déroulée du 5 au 7 novembre à Sablé sur Sarthe, dans le département de la Sarthe.  Ce nouveau rendez-vous professionnel, qui rassemble les sessions bovins lait, bovins viande, ovins, caprins, vise à créer des liens entre filières et à échanger sur des projets transversaux.
Parmi les 70 JA participants, Thierry Dufaud, responsable lait des JA Haute-Loire et représentant au sein des JA Auvergne Rhône-Alpes, fait le point sur les différentes thématiques abordées durant les 3 jours. «En lait comme en viande, nous sommes conscients que nous avons beaucoup de projets en commun» souligne-t-il.
Visites d’exploitations et d’outil industriel
Après un point général sur la conjoncture, les accords de libre-échanges et les EGA le premier jour, la seconde journée a été consacrée à des visites d’exploitations ou de sites industriels. En viande bovine, les JA concernés ont découvert l’abattoir Charal de Sablé-Sur-Sarthe,  en ovins, ils ont visité une exploitation de 75 ha, 200 brebis et 4 poulaillers de chair, orientée sur la vente directe tandis qu’en caprins, un élevage de lait bio (commercialisé avec Agrial) ouvrait ses portes ; les JA de la session lait ont quant à eux découvert une exploitation membre de l’APBO (OPBel).
Des visites jugées très instructives comme en témoigne Thierry Dufaud en tant que membre de la session lait : «La visite de l’exploitation laitière m’a permis d’observer le fonctionnement du groupe laitier Bel», une entreprise laitière qui se présente comme «un partenaire pionnier d’un modèle rémunérateur et durable pour la filière laitière» peut-on lire sur son site internet. «L’OP Bel arrive à valider un prix du lait à 350€/1000L à ses éleveurs jusqu’en décembre 2020. Ce qui donne de la visibilité à ses producteurs ! A ce prix-là, s’ajoutent 2 primes (6€ supplémentaires pour du lait au pâturage et 15€ de plus pour le lait non OGM). Au final, le prix de base assuré pour les éleveurs qui entrent dans ces 2 démarches, et qui seraient d’ailleurs transposables sur la Haute-Loire, s’élève à 371€ jusqu’à la fin 2020 ! On constate donc que certaines entreprises sont prêtes à rémunérer davantage les éleveurs pour, au final, proposer des produits de qualité aux consommateurs. C’est un sacré changement de pratique que l’on observe également chez certaines GMS... C’est un bon signal» indique avec optimisme Thierry Dufaud qui ajoute : «les industriels se rendent compte que l’élevage français est précieux».
Du prix plancher au maintien de marge
Cette session «ruminants» a par ailleurs été l’occasion de débattre sur le projet de “prix plancher” porté à l’origine par le groupe lait des JA Aura. Le projet désormais remonté au niveau national au sein du réseau JA et qui a obtenu un consensus sur l’ensemble des régions, s’orienterait davantage sur un indice plutôt qu’un prix.
Cet indice appelé “maintien de marge” est conçu comme un outil à actionner en cas de crise laitière. «Nous l’avons présenté à la FNPL qui en a fait l’une de ses priorités de travail et il va très rapidement faire l’objet d’une présentation auprès du CNIEL. Nous sommes sereins sur l’état d’avancement de ce projet». A l’heure actuelle, les JA travaillent sur le financement de cet outil.
Être rémunéré pour stocker du carbone
Cette session a également permis d’aborder le sujet des fermes bas carbone. Si l’agriculture est un secteur qui émet  du CO2, elle dispose par ailleurs d’un atout unique : «elle est le seul secteur d’activité à pouvoir stocker ce carbone. Et l’agriculture dispose d’un outil CAP'2ER® qui permet d'évaluer les impacts environnementaux à l'échelle d'une exploitation. Or, l’idée de la profession est d’obtenir une rémunération pour le stockage du carbone produit par les entreprises... Le travail est en cours» explique le responsable JA qui alerte «industriels et distributeurs vont sûrement être tentés d’utiliser l’image des fermes bas carbone pour commercialiser leurs produits. Or, il va falloir qu’ils contribuent financièrement... Nous allons à présent évoquer ce point de vigilance au sein de notre réseau (en région et dans les départements) en vue de réfléchir à une stratégie d’action».
L’installation en session ruminants
La session a par ailleurs évoqué la préoccupation numéro 1 des JA, l’installation, avec une table ronde “L’installation en élevage : approches et solutions économiques pour l’installation” avant de proposer un atelier sur l’approche économique de l’installation. 
En attendant la prochaine session «ruminants», qui se déroulera en 2020, les JA plancheront sur l’ensemble des thématiques soulevées au sein des groupes lait et viande nationaux.

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