JA Cantal : “Produire n’est plus une option pour l’Europe”
Une Europe agricole forte, qui joue à armes égales avec ses concurrents : l'ambition affichée des Jeunes agriculteurs du Cantal, qui reviennent sur le congrès national des JA et la question d'un élargissement de l'UE à l'Ukraine.
Une Europe agricole forte, qui joue à armes égales avec ses concurrents : l'ambition affichée des Jeunes agriculteurs du Cantal, qui reviennent sur le congrès national des JA et la question d'un élargissement de l'UE à l'Ukraine.
L’agriculture d’Auvergne-Rhône-Alpes était à l’honneur au congrès national des Jeunes agriculteurs qui s’est tenu du 2 au 4 juin : d’abord parce que c’est le département de l’Ain qui accueillait à Bourg-en-Bresse les plus de 650 congressites, ensuite parce que c’est un local de l’étape, Jocelyn Dubost, qui y a été élu à la tête du syndicat jeune. “On est fier que ce soit l’ancien président des JA de notre région qui accède à cette responsabilité nationale, c’est quelqu’un d’engagé, proche du terrain, qui connaît bien nos préoccupations et très bien ses dossiers”, se félicite Jérémy Chancel, secrétaire général des JA du Cantal, qui était du voyage dans la Bresse, au sein d’une
délégation cantalienne garnie (huit membres).
Présidentielle : des candidats sur le grill
Outre cette séquence statutaire élective, il revient sur les deux temps forts de ce congrès : à moins d’un an de la Présidentielle, ce sont cinq candidats ou représentants nationaux de partis politiques qui ont été conviés par les JA à exposer leurs vision et proposition pour l’agriculture tricolore (lire en p.19) avant d’échanger avec les congressistes. “Ça nous a permis de voir des positions sur l’agriculture très différentes, plus ou moins approfondies d’ailleurs, commente le Sanflorain. La souveraineté alimentaire est dans toutes les bouches mais les approches sont complètement différentes d’un parti à l’autre, avec des divergences de vue majeures.”
Une Europe agricole productive et offensive
Le rapport d’orientation, axé sur la souveraineté agricole et le commerce international - le “défi d’une agriculture européenne et puissante” - a fait l’objet de nombreux débats. Inspiré par la multiplication et l’accélération des accords internationaux entre l’UE et de nombreux acteurs et puissances agricoles qui ont donné le sentiment que l’Europe bradait son agriculture, de même que par les bouleversements géopolitiques, il a permis aux Jeunes agriculteurs de réaffirmer leur ambition pour l’agriculture française avec une conviction : “produire ne peut plus être une option pour l’Europe”. “Notre vision est celle d’une agriculture de type familial, qui produit, qui rémunère les producteurs, qui assure le renouvellement des générations et conserve donc des agriculteurs nombreux sur le territoire qu’ils contribuent à faire vivre”, affiche Jérémy Chancel. Une agriculture française et européenne qui joue à armes égales avec ses concurrentes, donc avec les mêmes normes environnementales, sanitaires... quand ces produits venus de pays tiers débarquent sur le sol européen.
A lire aussi Opération JA 15 au Lioran : le goût de la rencontre
Ukraine dans l’UE : un oui sous conditions
Il a aussi été question d’élargissement potentiel de l’Union européenne vers l’Est et notamment à l’Ukraine. Un sujet qui a valu aux JA une cabale sur les réseaux sociaux... “Sur cette question, on a dit deux choses : d’abord que pour avoir une Europe agricole puissante face aux menaces et concurrences extérieures qu’il s’agisse d’un bloc russe, des États-Unis..., il vaut mieux que l’Ukraine soit avec nous du fait des volumes importants qu’elle produit. L’Ukraine restera une grande puissance agricole avec ou contre nous”, affirme le syndicaliste cantalien, rappelant par ailleurs le choix politique français et européen de soutenir militairement l’Ukraine, dont la souveraineté a été attaquée et menacée par Moscou.
L’Ukraine restera une grande puissance agricole avec ou contre nous”, Jérémie Chancel
Mais cette position en faveur d’une Ukraine dans l’UE est soumise à des conditions “non négociables” : “Le pays doit absolument s’aligner sur les normes de production environnementales (phytosanitaires,...), sanitaires, de bien-être animal, etc., qui constituent nos standards européens.” Faute de quoi “JA s’opposera à tout projet d’adhésion”, insiste Jérémy Chancel.