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Installer un robot dans un bâtiment existant, ça se réfléchit

Christophe Michel éleveur à Coubon a installé un robot à la place de sa salle de traite dans un bâtiment existant.

Christophe Michel est satisfait par l'installation de son robot de traite mais reste un éleveur vigilant  pour chacune de ses vaches.
Christophe Michel est satisfait par l'installation de son robot de traite mais reste un éleveur vigilant pour chacune de ses vaches.
© © HLP

Depuis 2 ans, Christophe Michel de l'EARL du Bois Royer à Coubon, ne trait plus ses 60 vaches ; il a délégué cette tâche à un robot, qui s'y colle 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Se retrouvant seul sur l'exploitation début 2023 au départ en retraite de son associé Jean-Paul, il a fait le choix d'un robot pour se décharger de l'astreinte biquotidienne de la traite et de la pénibilité d'un travail répétitif et intensif 3h/jour. 
D'un Gaec à 3 associés d'abord, puis à deux depuis 2020, l'exploitation n'est désormais plus dirigée que par Christophe et devient donc EARL. Mais surtout, anticipant cette diminution de main d'oeuvre, les associés ont réfléchi en amont  pour continuer à faire du lait. Deux solutions s'offraient alors à eux : mettre un robot ou prendre un salarié. Le salarié, s'il est polyvalent et peut donc aider à d'autres tâches, travaille 35h et pas tous les week-end ; de plus, il est difficile d'en trouver un. Rapidement, les Michel ont fait le choix du robot qui travaille en continu, se débrouille seul (ou presque) et supprime l'astreinte horaire et la pénibilité de la traite.
Thierry Savel, technicien à Haute-Loire Conseil Élevage explique : "les troupeaux ont grandi. Il y a 40 ans, le troupeau moyen en Haute-Loire était de 30 vaches, aujourd'hui, il est de 62. On a deux fois plus de vaches, deux fois plus de génisses. L'astreinte traite a donc doublé, avec la même main d'oeuvre voire moins avec la quasi disparition des aides familiaux. On doit donc traire 90 vaches en 1h30, des gestes répétitifs en un temps réduit. Le robot enlève cette contrainte".
 

Réfléchir l'installation


La décision étant prise, il restait à installer le robot et à trouver l'emplacement le plus pratique et économique. Disposant d'un bâtiment pouvant accueillir 65 laitières en stabulation libre avec logettes paillées et les génisses de renouvellement, elles aussi sur logettes et aire paillée, sous un même toit, les agriculteurs ont réfléchi avec leur conseiller en élevage et les concessionnaires à la solution optimale.
Le poste a été installé sur le quai de la salle de traite existante, ce qui permet à l'éleveur d'intervenir, le cas échéant, sur ses vaches à bonne hauteur. C'est un des arguments qui a orienté les éleveurs vers un Delaval. Quelques logettes ont été détruites pour laisser la place à une aire d'attente avec porte d’entrée anti-retour et porte de sortie intelligente, ce qui permet d'orienter les vaches après la traite, voire de les faire repasser si nécessaire. "L'aire d'attente, c'est vraiment bien, explique Christophe, notamment pour les génisses ou pour faire passer une vache  non traite". Une fosse de récupération des eaux a été creusée devant le robot et l'autre gros investissement a été l'installation de racleurs pour éviter de déranger les animaux (auparavant les éleveurs raclaient au tracteur). Une aire d'exercice extérieure jouxte le bâtiment. Par contre, il n'a pas été possible, car trop onéreux, de créer une aire paillée à proximité du robot, comme c'est conseillé pour quelques vaches à problème ponctuel.
 

200 000 euros au total 


Il a aussi fallu faire une extension au bâtiment pour installer le local technique, et les éleveurs en ont profité pour se bâtir un espace bureau confortable juste à côté du robot et de la laiterie. Pour le suivi du troupeau, il est indispensable de prendre le temps de consulter les données de l'ensemble du troupeau pour repérer les éventuels problèmes et les régler au plus tôt. Pour Christophe, c'est son premier travail le matin en arrivant au bureau. 
Tout compris, robot, accessoires, silos, racleurs, maçonnerie… l'investissement s'est monté à 200 000 euros. Mais aujourd'hui, les Michel et en particulier Christophe qui est désormais seul aux manettes, ne regrettent pas leur choix : "On a réglé le problème de la pénibilité et de l'astreinte. On a aussi gagné en production laitière car avant on était 3 trayeurs à se relayer et le robot nous a apporté de la régularité. Les vaches passent en moyenne 2,6 fois au robot. Par contre on consomme davantage de concentré (avant distribué au cornadis, et aujourd'hui au DAC)".
Au Bois Royer, les éleveurs (Jean-Paul reste salarié de l'EARL) sont pleinement satisfaits de leur installation. Ils pourraient même mettre un second poste sur le même quai de traite, au cas où Benjamin voudrait rejoindre son père sur l'exploitation après ses études agricoles, et disposent d'assez de place pour augmenter le nombre de laitières à condition de construire un bâtiment génisses. Néanmoins, Christophe tient à souligner : "Il ne faut pas installer un robot pour ne plus traire. Le robot ne remplace pas la surveillance et la vigilance de l'éleveur sur son troupeau. Le robot crée un souci permanent, il faut apprendre à le connaître et au fil du temps anticiper les problèmes. Le coût de la maintenance est important, mais incontournable".

 

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