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Installation : un parcours certes exigeant mais pour des installations viables

Viable et vivable :  les deux conditions à tout projet d’installation, défendues par Jeunes agriculteurs du Cantal fait campagne avec la FDSEA pour les élections Chambre.

Valentin Delbos, président des JA 15.
© VD

Qu’est-ce qui a motivé les JA du Cantal à s’engager dans ces élections à la Chambre d’agriculture, une nouvelle fois en tandem avec la FDSEA ?
Valentin Delbos(1), président des Jeunes agriculteurs : “D’abord parce que c’est tout à fait normal qu’un syndicat s’implique dans des élections professionnelles. Si on a souhaité y aller, c’est pour défendre le renouvellement des générations, un renouvellement plus indispensable que jamais avec les nombreux départs à la retrait d’exploitants dans les prochaines années. C’est aussi pour défendre notre vision du métier, un métier dont on doit pouvoir vivre, ce qui passe par du revenu mais également par des exploitations beaucoup plus vivables, l’agriculteur doit pouvoir se dégager du temps libre, prendre des week-ends, des vacances. C’est enfin pour promouvoir le métier, c’est notre rôle à nous, les jeunes : attirer des candidats, faire prendre conscience que l’agriculture est un métier intéressant, plaisant, avec une diversité d’activités. Notre ambition, c’est d’attirer d’autres profils, des hors-cadre familial, des jeunes d’autres départements et régions pour relever le défi du renouvellement.”


Pour installer, il faut du revenu”


Quelle politique d’installation défendez-vous ?
V. D. : “Notre grand principe, c’est d’installer tous les porteurs de projet, quels que soient leur système, leur production, à une condition : que cette installation soit viable par le biais du revenu et vivable, et permette donc de faire face à la charge de travail. Ce qui suppose qu’en cas de coups durs, de maladie, d’accident..., l’agriculteur puisse se faire remplacer.”

Régulièrement, le parcours à l’installation est critiqué, assimilé à un parcours du combattant. Que répondez-vous ?
V. D. : “On entend ces critiques mais les chiffres parlent pour nous : avec 82 installations aidées (en 2024), nous restons l’un des départements de France qui installent le plus de jeunes grâce à une politique d’installation viable, raisonnable, réaliste. Ce qui est confirmé par le fait que dix ans après leur installation, 90 % des jeunes sont toujours agriculteurs. Si le parcours à l’installation est exigeant, c’est parce qu’on estime - et on l’a toujours prôné - que quand on s’installe, c’est pour une carrière et que ce sont des chefs d’entreprise qui s’installent avec des capitaux lourds. On a donc besoin que le jeune prenne conscience de tout ça, bâtisse un projet viable qui lui ressemble.
On est conscient que ce parcours est encore perfectible et on y travaille tous les jours avec tous les acteurs qui y sont associés pour le rendre plus attrayant et le plus facile d’accès mais on ne peut pas faire n’importe quoi. Si on veut installer, il faut un parcours rigoureux.”
 

La DJA la plus élevée de France

Sachant qu’à l’issue de ce parcours, c’est la DJA (dotation jeune agriculteur) qui est en jeu...
V. D. : “Oui et la DJA la plus élevée de France. Quand la Région Auvergne-Rhône-Alpes a récupéré cette compétence il y a un an, l’État s’est désolidarisé d’une partie de la DJA. On avait alors deux choix : soit faire avec ce qu’on avait, soit aller convaincre les élus régionaux de mettre plus de budget. C’est ce qu’on a fait, avec au final une DJA de 46 000 € en moyenne. Là encore, le dispositif régional n’est pas parfait mais on a travaillé à l’améliorer avec la Région, petit à petit on y arrive et le parcours évolue dans le bon sens.”

Pour installer, il faut aussi que les exploitations changent de main, que les cédants fassent le choix de transmettre à un jeune, comment les y encourager davantage ?
V. D. : “Malheureusement, le choix le plus simple pour un cédant, c’est de vendre son exploitation à l’agrandissement. Ce n’est pas notre ambition. C’est pourquoi on revendique des allègements fiscaux conséquents pour les cédants qui font le choix d’installer un jeune, il faut qu’il y ait de réelles incitations. Parallèlement, nous avons proposé (JA national) dans le projet de loi d’orientation agricole le regroupement en un seul service des point accueil installation et point accueil transmission pour identifier plus facilement les freins à la transmission et mettre plus rapidement en relation jeunes et cédants.”

“Il faut une nouvelle dynamique laitière”

Quelles sont vos autres priorités ?
V. D. : “Il y a tous les sujets d’actualité autour du volet sanitaire, de la future Pac ainsi que la nécessité de faire appliquer la loi Egalim pour être payés en prenant en compte nos coûts de production. On n’installera pas sans revenu ! On a aussi une autre ambition : remettre la production et la filière laitières au centre des débats. La production laitière départementale est en train de s’essouffler alors que le Cantal a toujours été une terre d’élevage laitier. Il faut insuffler une nouvelle dynamique, de nouvelles idées pour qu’il le redevienne et pour donner des perspectives aux producteurs de lait.”

Qu’expriment les jeunes sur le terrain lors des réunions de ces dernières semaines ?
V. D. : “Ils veulent vivre du métier dignement et sereinement, avoir une visibilité sur un, deux, trois ans et pas à trois mois, que ce soit sur le prix du lait ou des bovins. C’est cette incertitude au quotidien qui est le plus difficile. Il faut une visibilité à long terme.”

On imagine que voter à ce scrutin n’est pas forcément la priorité des jeunes qui viennent de s’installer, comment les convaincre ?
V. D. : “Effectivement, pourtant ça devrait l’être car s’ils ont pu s’installer dans de bonnes conditions, c’est grâce à une chambre d’agriculture performante et à un syndicalisme fort qui est allé défendre et obtenir des acquis, dont la DJA. On a besoin que tous les jeunes aillent voter pour avoir demain une profession agricole forte et entendue, une chambre d’agriculture forte et compétente. Pour continuer à faire reconnaître notre modèle d’agriculture, engranger des acquis comme ceux qu’on a eus sur la sécheresse, le FMSE,..., il faut des agriculteurs qui soutiennent notre liste FDSEA-JA via le vote.”
(1) Valentin Delbos est installé depuis 2018 en Gaec à trois à Chaussenac.

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