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Inséminations : La coopérative XR Repro souhaite accélérer sur la donnée et l’IA

Dix ans après sa création, XR Repro poursuit sa structuration entre ancrage territorial et montée en technicité. Réunie récemment en assemblée générale à Brignais (Rhône), la coopérative a posé les bases d’un nouveau cap : mieux valoriser les données d’élevage grâce à l’intelligence artificielle.

Jean-François Aléo, directeur de l'entreprise de services du numérique Ouidou, a été invité à expliquer comment la data et l'intelligence artificielle peuvent quotidiennement améliorer la performance des élevages.
Jean-François Aléo, directeur de l'entreprise de services du numérique Ouidou, a été invité à expliquer comment la data et l'intelligence artificielle peuvent quotidiennement améliorer la performance des élevages.
© Apasec - Léa Rochon

Quels sont les résultats de la coopérative XR Repro ?

Avec un chiffre d’affaires en hausse, passé de 16 à 19 millions d’euros (+19 %) depuis sa création en 2016, la coopérative XR Repro, spécialisée dans la reproduction de bovins et de caprins, a progressivement renforcé sa présence sur le terrain. Le nombre de techniciens est ainsi passé de 88 à 105, tandis que le panier moyen par élevage atteint désormais 3 800 €, contre 2 600 € il y a dix ans (+ 46 %). Sur le plan géographique, la coopérative continue d’élargir son périmètre, avec la création de nouveaux secteurs dans le Cantal et au cœur des monts et coteaux du Rhône.

Des inséminations en progression en 2025

Concernant le cœur de métier, les indicateurs sont au vert. En 2025, XR Repro s’est distinguée en étant la seule coopérative à afficher une progression des inséminations (+ 2,26 %), à rebours d’une tendance nationale en recul (-1,64 %). Selon Julien Segalen, directeur de la coopérative, « les outils de suivi de la reproduction ont également fortement évolué ».

  1. L’échographie se démocratise désormais comme un outil de suivi, avec une utilisation multipliée par 1,5 en dix ans.
  2. Le monitoring des troupeaux connaît également une progression notable, avec plus de 200 élevages équipés, contre une cinquantaine auparavant.
  3. Même tendance du côté des innovations internes : les actes d’insémination artificielle opérés par le dispositif Xtrem’iA ont été multipliés par trois depuis 2016. Ces évolutions se traduisent par des gains concrets.
  4. Sur les secteurs couverts par la coopérative, le coefficient d’utilisation des paillettes est inférieur à la moyenne nationale (1,62 contre 1,91), signe d’une meilleure efficacité technique et économique.
  5. Concernant la génétique, le recours au génotypage a été multiplié par quatre en moins de dix ans, dépassant les 13 400 prélèvements en 2024-2025, dont plus de 10 000 réalisés en race montbéliarde (+6 %).
  6. Enfin, toujours en montbéliarde, le taux de pénétration de la semence sexée a également fortement progressé, passant de 36 % à 62 % en dix ans, tandis que le transfert embryonnaire poursuit sa montée en puissance.2

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L'intelligence artificielle au service de l'insémination artificielle

Invité à intervenir au cours de cette assemblée générale, le spécialiste Jean-François Aléo, a élargi la réflexion en abordant un sujet encore émergent dans la filière : l’exploitation des données collectées par les éleveurs et leur valorisation par l’intelligence artificielle.

« Un troupeau laitier de 100 vaches génère jusqu’à 50 000 données par jour, dont une grande majorité n’est pas utilisée pour piloter l’exploitation et demeure largement sous-exploitée », a-t-il dit. 

Détection précoce des troubles sanitaires via des capteurs, identification du moment optimal d’insémination, ajustement des rations alimentaires en fonction des performances réelles… Selon l’expert, l’intelligence artificielle permettrait aux éleveurs de « passer d’une analyse a posteriori à une logique d’anticipation ». Pour autant, le message reste mesuré.

L’intelligence artificielle ne peut pas remplacer l’expérience de l’éleveur

Elle apporte des alertes, des analyses, des recommandations, mais la décision finale doit rester humaine. Après dix ans de développement, XR Repro aborde ainsi une nouvelle phase. Pour renforcer encore son accompagnement auprès des éleveurs, la coopérative envisage de développer des outils intégrant l’intelligence artificielle d’ici les cinq prochaines années.

Lire aussi L’insémination artificielle, un levier de performance et de revenu pour les éleveurs limousins

Virginie Garnier est présidente de la coopérative XR Repro et agricultrice en Haute-Loire

Nous avons des colliers qui détectent les chaleurs, la rumination et le comportement. Ces derniers m’avertissent lorsqu’une vache est en chaleur. Mais pour être certaine qu’elle soit inséminable, je suis obligée d’aller chercher plusieurs informations dans des outils différents : dates des derniers vêlages et des dernières chaleurs, taux protéique et butyrique… J’aimerais disposer d’un outil qui rassemble toutes ces informations et qui soit capable de m’indiquer si la vache est inséminable ou non. Actuellement, aucune application ne le permet.

Que répondriez-vous à un éleveur qui vous rétorquerait que rien ne vaut le carnet de santé papier, qui empêche également une fuite des données ?

Véronique Garnier : Contrairement à une application sur téléphone, un papier peut facilement se perdre ou rester dans un coin de l’étable. Quant à la question de la sécurité, ces données ont une valeur et doivent être sécurisées, mais je ne crois pas que l’on puisse considérer les chaleurs d’une vache comme étant une information ultrasensible.

 

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