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CIVO : journée génétique en VSLM : l’insémination artificielle, un levier de performance et de revenu pour les éleveurs limousins

Naves, 19 mars 2026 – À l’initiative du CIVO (Comité Interprofessionnel du Veau sous la mère), et de la coopérative d’insémination Altitude, techniciens et professionnels de la filière vide se sont réunis sur l’exploitation de Sébastien Dieuaide, en Corrèze.  Cette journée génétique a permis de mettre en lumière le rôle central de l’insémination artificielle (IA) dans l’amélioration de la qualité des veaux sous la mère, la maîtrise de la reproduction et finalement, la rentabilité des élevages.

VEAUX SOUS LA MÈRE
© UP19


L’insémination artificielle, un outil au service de la qualité et de la valorisation des veaux


En Corrèze, le veau sous la mère est bien plus qu’une simple production : c’est un savoir-faire reconnu, exigeant technicité, précision et anticipation. Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés, l’augmentation des charges et la diminution de la production, la maîtrise de la reproduction devient un levier stratégique pour sécuriser la rentabilité des exploitations.
Sébastien Dieuaide, éleveur en Corrèze, a ouvert les portes de sa ferme pour partager son expérience. 80 % de ses saillies sont réalisées en IA, un choix qui lui permet de produire des veaux de qualité constante. 

L’IA nous oblige à suivre nos vaches de près. On ne peut pas se permettre de rater une chaleur », explique-t-il. 

Résultat : des veaux mieux conformés, plus gras, et une meilleure valorisation à l’abattage.
Les chiffres présentés lors de la journée confirment cette tendance. Sur les trois dernières années, le poids moyen des carcasses est passé de 140 kg en 2023 à 156,55 kg début 2026, avec une augmentation de la note de gras, très recherchée par les abattoirs. 

Les veaux issus d’IA sont globalement mieux classés, avec une différence de prix qui peut atteindre 200 € par tête par rapport à la monte naturelle », souligne Dimitri Octavie, technicien au CIVO.


Maîtriser la reproduction, clé du revenu


Un message fort est revenu tout au long de la journée : la reproduction est le premier levier économique pour les éleveurs. Une étude du réseau Inosys montre que la performance de reproduction et le niveau génétique du troupeau ont un impact bien plus significatif sur le revenu que le simple prix de vente des veaux.
En Corrèze, l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) moyen est de 417 jours, mais les écarts entre les élevages sont importants. 

Un IVV de 400 jours au lieu de 365 jours représente une perte de 7 gestations par an pour un troupeau de 60 vaches, soit 9 579 € de chiffre d’affaires en moins », précise Maëva Faure, technicienne du CIVO.


L’IA, souvent perçue comme un outil génétique, est aussi un moyen de mieux maîtriser la reproduction. 

Les élevages qui utilisent l’IA ont un IVV similaire à ceux en monte naturelle, mais avec une meilleure détection des chaleurs et moins de surprises », explique Marine Giroux, technicienne. 

« L’échographie systématique, la détection des chaleurs (colliers, boucles, taureaux vasectomisés) et une alimentation adaptée sont autant d’outils pour réduire l’IVV et éviter les vaches improductives ».
 

L’IA n’est pas une contrainte, mais un outil pour produire mieux et gagner plus. À condition de bien la maîtriser et de ne pas négliger la diversité génétique, clé de la pérennité des troupeaux », affirme Franck Terrieux, éleveur présent à la journée.


Diversité génétique : un enjeu majeur pour la filière


Si l’IA offre des avantages indéniables, elle pose aussi la question de la diversité génétique. 

Aujourd’hui, on tourne en rond avec deux ou trois grandes lignées. Il faut absolument élargir l’offre pour éviter la consanguinité », alerte un autre éleveur.


Les techniciens présents ont présenté de nouveaux taureaux en testage, issus du schéma génétique Crealim adapté à la production VSLM, comme Vito ou Gimli, issus d’origines différentes pour diversifier les croisements. 

Le testage est crucial : sans retour terrain, les index ne valent rien. Il faut que les éleveurs jouent le jeu et déclarent leurs résultats », insiste Dimitri Octavie.


La coopérative Altitude propose des remises sur les doses pour encourager les éleveurs à tester de nouveaux taureaux, mais la communication reste un défi. « Beaucoup d’éleveurs ne connaissent pas ces offres. Il faut mieux les informer », reconnaît un inséminateur.


Des outils concrets pour progresser


Pour améliorer la reproduction, les experts recommandent plusieurs bonnes pratiques. Séparer les veaux des vaches en journée favorise la reprise de cyclicité, tandis qu’analyser les fourrages et adapter les rations permet d’éviter les carences énergétiques. L’utilisation de taureaux à facilité de naissance limite les vêlages difficiles et relance rapidement la cyclicité. Enfin, les échographies systématiques permettent de détecter les vaches vides et de rationaliser la reproduction

L’échographie, c’est comme un passage obligé. Ça devrait être automatique, comme une analyse de sol », insiste Marine Giroux.


Un avenir à construire ensemble


La journée s’est conclue sur un constat partagé : l’IA et la génétique sont des leviers puissants, mais leur succès dépend de l’implication de tous les acteurs. 

Il faut que les éleveurs, les techniciens et les coopératives travaillent main dans la main pour tester, évaluer et communiquer. Ensemble, faisons naître l’excellence ! », résume Dimitri Octavie.
 

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