Aller au contenu principal

Immobilisation/amortissement du cheptel allaitant : quelles modalités ?

Une clarification récente de l’administration fiscale apporte un nouveau levier fiscal intéressant via l'immobilisation du cheptel allaitant reproducteur. Explications.

L’éleveur bénéficie à la fois d’une déduction progressive via l’amortissement et, au moment de la vente, d’une plus-value potentiellement exonérée.
© L'union du Cantal

Fin 2025, la direction de la Législation fiscale et de l’Autorité des normes comptables, a précisé que l’exonération des plus-values peut s’appliquer aux ventes des animaux reproducteurs destinés à la boucherie, ce qui était déjà le cas pour les ventes de bovins reproducteurs à l’élevage. De ce fait, le dispositif de l’immobilisation et de l’amortissement du cheptel présente un nouvel intérêt.

Un principe simple : une méthode comptable 

Les bovins affectés exclusivement à la reproduction peuvent être immobilisés et amortis. Pour un élevage de bovins allaitants, cela concerne les taureaux et les vaches ou les génisses en reproduction. Les cheptels laitiers ne sont pas éligibles à ce dispositif.  Le mode d’amortissement des animaux est obligatoirement linéaire. Au bilan, chaque bovin est inscrit dans les immobilisations. La durée d’amortissement varie selon l’âge. Ainsi, par exemple, une génisse gestante sera amortie sur une durée de 7 ans, alors qu’une vache de 8 ans et plus le sera sur 2 ans. Les taureaux à 18 mois seront eux amortis sur une durée de 5 ans. 

Un avantage : l’exonération des plus-values

Les vaches et les taureaux du cheptel initial, qualifiés de reproducteurs, sont inscrits au bilan le premier jour de l’exercice comptable suivant la décision d’amortir. Les taureaux sont généralement considérés comme aptes à la reproduction à partir de 18 mois. Les génisses sont immobilisées dès l’instant où elles sont aptes à la reproduction. En pratique, il faut définir une date de saillie moyenne à partir de laquelle elles sont inscrites au bilan.  Lorsque ces animaux sont immobilisés et amortis, leur cession relève du régime des plus-values professionnelles.
Dès lors que vous remplissez les conditions d’exonération des plus-values à savoir - justifier de 5 ans d’activité et avoir un chiffre d’affaires inférieur à 350 000 € par exploitant -, ces plus-values sont totalement exonérées. 
Concrètement, cela signifie que la plus-value égale au prix de vente moins la valeur nette comptable est exonérée. 
Exemple : un éleveur vend dix vaches pour 2 300 € chacune, ces dernières sont totalement amorties. La plus-value résultant de ces cessions sera exonérée pour un montant total de 23 000 €. 
Ce dispositif peut s’avérer avantageux fiscalement : l’éleveur bénéficie à la fois d’une déduction progressive via l’amortissement et, au moment de la vente, d’une plus-value potentiellement exonérée. 

Chaque situation mérite une analyse spécifique

L’amortissement du cheptel doit être un choix raisonné, car lorsqu’un exploitant fait ce choix de gestion celui-ci est irrévocable. Selon le système d’élevage, le taux de renouvellement et le résultat de l’exploitation, il peut constituer un outil efficace. Il est indispensable de consulter votre comptable ou conseiller pour en apprécier l’intérêt à travers une étude. 
 

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière