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Météo
" Il y a en Haute-Loire des potentiels d'adaptation et même de développement"

Vincent Cailliez, climatologue pour le projet AP3C, interviendra jeudi 7 décembre à St Paulien à l'occasion 
d'une journée spéciale sur le changement climatique et ses impacts sur les cultures et les systèmes d'élevage de Haute-Loire.

Vincent Cailliez interviendra lors de la journée sur le changement  climatique organisée jeudi 7 décembre par la Chambre d'agriculture  de Haute-Loire.
Vincent Cailliez interviendra lors de la journée sur le changement climatique organisée jeudi 7 décembre par la Chambre d'agriculture de Haute-Loire.
© © Vincent Cailliez

Pouvez-vous vous présenter ?


Vincent Cailliez : Je suis climatologue issu de Météo France et je suis à disposition du réseau des Chambres d'agriculture depuis 2012. Je m'occupe des volets climatiques des projets d'adaptation de l'agriculture au changement climatique et j'ai travaillé sur le projet de Recherche et Développement AP3C (voir encadré) sur le Massif central pour le compte du Sidam.
 

Quel sera l'objet de votre intervention le 7 décembre lors de la journée organisée par la Chambre d'agriculture de Haute-Loire et consacrée au changement climatique en Haute-Loire ?


V. Cailliez : Mon intervention qui s'étalera sur 1 heure consistera à présenter les résultats des évolutions climatiques en cours sur le département de la Haute-Loire. Il s'agit de montrer ce qui est en train de se passer sur ce territoire ; on ne parlera pas de projections climatiques globales ni de processus physiques. Je présenterai des trajectoires climatiques compatibles avec ce qui se passe sur le terrain avec une capacité de spatialiser au pixel de 500 mètres les évolutions climatiques et agro-climatiques.

Quelles sont les évolutions climatiques marquantes sur la Haute-Loire ?


On constate notamment une forte dégradation du déficit hydrique au printemps qui s’explique par une hausse marquée des températures et une baisse significative des précipitations ; et comme chacun sait, le printemps est une saison capitale pour la reconstitution de stock fourrager.
 

La Haute-Loire est-elle ou sera-t-elle concernée par des évolutions différentes par rapport aux autres territoires du Massif central ? 


V. Cailliez : Oui effectivement, on observe un phénomène centré sur la Haute-Loire et qui déborde sur les départements limitrophes ; il correspond à un cumul de précipitations estivales qui est en train d'augmenter, ce qui ne veut pas dire que la situation va nécessairement s'améliorer, d'une part car ces cumuls de précipitations supplémentaires sont assortis d'une grande variabilité spatio-temporelle et aussi parce que cette variabilité va augmenter à l'avenir. Ces pluies supplémentaires vont se traduire sous forme d'averses avec des intensités plus importantes. Mais attention, les périodes sèches quant à elles ne diminuent pas forcément ! L'enjeu pour les agriculteurs de Haute-Loire sera de valoriser au mieux ces précipitations supplémentaires pour une capacité de production supplémentaire.
 

Qu'en est-il de la remontée du climat méditerranéen sur notre territoire ?


V. Cailliez : C'est un phénomène général qui est en cours sur l'ensemble des territoires et qui a démarré de façon significative il y a 50 ans. Depuis les années 1970, on observe une vitesse d'évolution rapide d'environ + 4 degrés par siècle. On peut dire que le changement climatique réel sur le terrain est équivalent à une remontée en latitude de 100 à 150 km tous les 10 ans.
 

En matière d'évolution climatique, pensez-vous qu'un agriculteur averti en vaut deux ?


V. Cailliez : Il y a toujours quelque chose à faire pour s'adapter au changement climatique et il revient aux experts agronomes de s'exprimer sur la question. Ces derniers interviendront sur le sujet le 7 décembre prochain. En tout cas, comparé à d'autres départements et d'autres régions situées plus au sud, il y a en Haute-Loire des potentiels d'adaptation et même de développement. 

Les tendances que vous avez observées sont-elles vérifiables ?


V. Cailliez : Oui car je donne régulièrement à vérifier et on voit que la tendance réelle est bien plus rapide. Les projections climatiques (de type Giec *) sont des modèles explicatifs mais ne permettent pas de décrire ce qui se passe et donc de donner des tendances exactes. Or, il se trouve que nous sommes dans une région du monde où, en particulier pour les températures de printemps, la réalité du changement climatique va 3 à 4 fois plus vite que ce qui est simulé habituellement.
Dans le cadre de AP3C, on utilise des données vérifiées sur le terrain ; on cherche à donner des éléments pertinents aux agriculteurs pour qu'ils s'adaptent à ce qui se passe réellement sur le terrain.
 

Les travaux de recherche sur l'évolution climatique conduits dans le Massif-Central sont-ils précurseurs en France ?


V. Cailliez : Actuellement, dans le Massif central, nous sommes les seuls à travailler sur les trajectoires climatiques réelles puisque partout ailleurs nos confrères (français et européens) utilisent des projections standards qui les contraignent à rester dans des considérations conceptuelles et généralistes. Et nous sommes désormais en recherche de diffuser la méthode utilisée au sein de AP3C, pour une utilisation dans différents domaines.

*  GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

 

Rendez-vous le 7 décembre
La Chambre d'agriculture de Haute-Loire organise jeudi 7 décembre une journée dédiée au changement climatique et aux leviers d’adaptation des pratiques agricoles en Haute-Loire. Une journée qui prévoit l'intervention d'un spécialiste du climat, d'experts de la Chambre d'agriculture et de témoignages d'agriculteurs à travers notamment une table ronde.
Ouvert à tous, cet événement se déroulera à St Paulien, salle du Chomeil de 9h30 à 16h30.
 

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