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Il ne manquait plus que ça...

Par dessus la sécheresse, la grêle...

Des dizaines de toitures sont à refaire.
Des dizaines de toitures sont à refaire.
© JG

Alors que l’on s’inquiétait fortement de la sécheresse, particulièrement précoce cette année, la prévision de pluie pour le week-end de la Pentecôte avait été reçue avec un sentiment de soulagement. Malheureusement, cette prévision est rapidement devenue une alerte orange aux orages pour MétéoFrance. L’observatoire des orages Keraunos avait lui placé une grande partie du territoire, des Pyrénées à la Bourgogne, en alerte aux oranges violents avec des prévisions de grêlons supérieurs à 5 cm entre 15 et 30% et une très forte activité électrique (foudre).
La soirée du 4 juin n’a fait que confirmer ces prévisions, l’ensemble du Massif central a effectivement été fortement touché. En Creuse c’est surtout la partie sud-est qui a été frappée, avec notamment la formation de « supercellules » des orages à la fois très localisés et violents. À l’échelon national, l’Observatoire des orages a relevé 50 000 impacts de foudre, ce qui fait de la journée du 4 juin la plus orageuse depuis août 2019. Une personne est décédée à Rouen.
En Creuse les pompiers ont largement été mobilisés dans la nuit du samedi au dimanche, comptant déjà 181 interventions à 5 h du matin. Ils ont paré au plus pressé en dégageant les routes et en bâchant les toitures endommagées. Rien que sur la commune de Dontreix, ils sont intervenus plus d’une centaine de fois.
C’est justement à Dontreix que les responsables agricoles de la FDSEA et de JA23 se sont rendus en fin de matinée afin de mesurer l’ampleur des dégâts.
Au Gaec de la Perrière, Dimitri Ramain, revient douloureusement sur l’épisode de samedi soir : « Pendant la traite, tout le paysage s’est bouché, on ne voyait plus rien, tout était brouillard, nos bêtes se sont affolées, étaient agacées. On a été obligés d’ouvrir les barrières pour les lâcher. Elles étaient choquées de prendre des cailloux gros comme des balles de tennis ». Installé depuis 2015, Dimitri Ramain a vu ses outils de travail anéantis : « La grêle a tout cassé, les fortes pluies ont tout inondé, une catastrophe ». Pour Christian Arvis, président de la FDSEA de la Creuse « il faut que l’État soit très réactif en actionnant tous les leviers en sa possession pour venir en aide à tous les sinistrés. Nous avons besoin d’une rapidité exemplaire pour des réponses, des décisions et des aides ». Pour Philippe Monteil, exploitant et maire de la commune du Chauchet « être reconnu en catastrophe naturelle c’est un minimum, mais il faut faire reconnaître toutes les communes touchées en Zones Sinistrées afin d’être prioritaire ».
L’urgence est désormais à la réparation des nombreux bâtiments touchés dans le secteur, dans un contexte ou les matériaux de constructions sont difficiles d’accès, rares et coûteux.
Les syndicats s’alarment également de nombreux retours d’éleveurs moralement très affectés, subissant le cumul de la sécheresse, des difficultés de trésorerie et de la prédation et pour lesquels ce type d’épisode de grêle sont un véritable coup de poignard.
En déplacement dans le Gers et en Gironde pour constater les dégâts, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Marc Fesneau a indiqué tout mettre en œuvre pour « activer le plus rapidement possible les leviers et dispositifs de soutien ». Il a indiqué notamment travailler sur la prolongation des prêts garantis par l’État (PGE) « pour accorder aux agriculteurs une trésorerie suffisante face aux charges qui leur incombent ». Il a également réaffirmé que « la loi assurance-récolte, opérationnelle en 2023, permettra à plus d’agriculteurs de s’assurer pour couvrir mieux leurs besoins, avec 300 M€ de solidarité nationale en plus par an. »
Pour Christian Arvis, cet épisode ne doit pas être considéré comme ayant neutralisé la sécheresse, au contraire, le nord du département n’a reçu que quelques gouttes d’eau, et sa situation vis a vis de la sécheresse est très préoccupante. un travail sur ces deux dossiers en parallèle est essentiel pour bien répondre aux besoins de tous les agriculteurs et ne laisser personne sur le carreau.

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