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« Il faut travailler sur l’interdépendance des territoires »

Interview de Pascal de Lima, enseignant en économie à Sciences Po Paris.

© Photo Plateforme

Jeudi 27 avril, à l’occasion de l’AG du Cerfrance Lozère, vous allez animer une conférence intitulée « de la crise économique à l’essor de nos territoires ». Quels points allez-vous aborder sur ce sujet ?
En premier lieu, j’aimerais aborder le sujet d’un point de vue théorique. Expliquer quelques fondements économiques et les différents points de vue des économistes par rapport aux territoires me paraît important pour comprendre quels sont les principaux travaux qui permettent de travailler dans ce domaine si peu mis en avant dans le débat public. Dans la même veine, je ferais une rapide présentation de la « science du territoire », qui n’en a encore qu’à ses balbutiements mais qui devrait à terme permettre d’avoir une vision globale du sujet. Elle devrait aussi aider à déterminer les limites de la démarche en prenant mieux en compte les atouts des territoires.

Justement, comment mettre l’accent sur les atouts des territoires ?
Nous sommes en train de vivre une évolution au moins aussi importante que l’évolution numérique et ce sont bien les territoires qui sont au centre de cette démarche. Pour moi, les territoires sont plus adaptés aux économies du futur. Ils pourront aussi porter plusieurs innovations et mettre l’accent sur le développement durable. Nous en avons récemment eu l’exemple, alors que la crise frappe le pays, certains territoires ont su réagir et ont su garantir un faible taux de chômage. Dans tous ces cas, les atouts visibles des territoires ont été mis en avant mais les atouts peuvent se révéler moins évidents, presque cachés cela peut relever du climat, de l’ensoleillement ou de la terre comme en Lozère où le terroir et la production agricole sont des atouts indéniables du département.

Concrètement, en Lozère, quels sont les axes de travail possible ?
Comme je viens de le dire, il faut mettre en évidence les atouts de ce territoire mais il faut aussi travailler sur l’interdépendance des territoires. Je m’explique. Sur la région parisienne, nous avons remarqué que la métropole est en partie financée par des banques extérieures. Ces territoires, moins isolés financièrement bénéficient alors des retombées économiques de la métropole. En Lozère, concrètement, il faudrait augmenter les échanges avec des pôles économiques importants pour que le département devienne lui aussi un pôle important. La mise en place de cela doit passer par la création d’entreprise, d’un maillage de petites entreprises créant ainsi un écosystème riche en termes d’entreprenariat. Pour pouvoir développer cela, il faut que la Lozère du futur exploite au mieux ses avantages comparatifs, que les différents atouts du territoire soient comparés sur chaque point par rapport aux autres.


Propos recueillis par Aurélie Pasquelin

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