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Horizon : La marque des t-shirts fermiers fête ses 15 ans !

Tout est parti d’un clin d’oeil, d’un cadeau personnalisé. 15 ans plus tard, avec une bonne dose de passion, de travail et d’audace, Laëtitia Bidaud a fait de «Provaches» une marque de qualité et reconnue.

80% des acheteurs de tee-shirt provaches sont agriculteurs.
80% des acheteurs de tee-shirt provaches sont agriculteurs.
© @DR

2000. Laëtitia Bidaud est chargée de communication dans le domaine de la finance. Jacques Moulène, régisseur. Ils vivent à Paris. Rattrapés par une furieuse envie d’échapper à un quotidien qui ne leur ressemble plus, leur projet de vie prend une nouvelle orientation : «un beau jour, on s’est posé et on s’est demandé après quoi on courrait. On avait des situations confortables mais étaitce une fin en soi ?». Jacques, agriculteur de formation, a alors l’opportunité de reprendre la ferme familiale à la Chapelle Saint-Géraud, près d’Argentat. Le projet séduit Laëtitia. Ils déménagent.

Le tee-shirt commevecteur d’optimisme

Les valises à peine posées sur le sol corrézien, Jacques se met au travail sur l’exploitation familiale. Laëtitia, très créative, n’entend pas se tourner les pouces et déborde de projets. Noël arrivant, dans un contexte où la maladie de Creutzfeldt Jakob sévit, elle décide d’offrir à ses proches, agriculteurs, des tee-shirts revendiquant l’amour de leur métier : «je voulais faire un pied de nez à une médiatisation du sordide, aller à l’encontre de ceux qui cassent du sucre sur la profession et offrir, sans prétention, un peu d’optimisme à mes proches». Rapidement, son concept fait des émules et dépasse l’idée du cadeau fait maison. Elle franchit le pas et lance son entreprise «T-Xaintrie» et la marque «Provaches».

Des tréteaux, une planche et un parasol jaune

Laëtitia se souvient des débuts de «cette belle aventure qui partait de rien, où il fallait beaucoup d’énergie. On se levait à pas d’heure, on mettait les tréteaux, la planche et mon parasol jaune dans la BX et on faisait les foires». Des anecdotes, les deux fondateurs en ont à la pelle, et ils en rient encore : «Une fois, on est parti vendre nos tee-shirts au Sommet de l’élevage à Clermont en… bétaillère pourrie ! Sur place, les organisateurs voulaient nous imposer un contrôle vétérinaire, alors qu’on transportait que des vêtements» se remémore Jacques, amusé.

De l’aventure humaine à l’entreprise en expansion

Avec des slogans comme «Paysan et fier de l’être» ou «Agriculteur Homme d’utilité publique», la marque vient de dépasser les 100 modèles commercialisés, en boutique, sur les salons agricoles, sur Internet et dans plus de 100 magasins revendeurs en France, dans tous les départements. Le fichier clients compte 15 000 contacts de tous horizons. La demande est croissante, le rythme exponentiel pour la petite entreprise qui agrandit son espace de stockage et qui compte entre deux et quatre employés : «Souvent, je reçois des appels d’interlocuteurs qui souhaitent parler au directeur des ressources humaines ou au responsable marketing» s’amuse la cheffe d’entreprise multi-casquettes.

Un message fort qui dépasse les frontières

Côté fabrication, les tee-shirts sont confectionnés en respectant les règles Fairwear, préservant les conditions de travail des ouvriers. Le textile est ensuite imprimé en France, dans des ateliers partenaires éco-certifiés : «Pour moi la qualité est primordiale. C’est 30 % plus cher à l’achat, mais c’est une volonté forte et j’en démords pas. C’est un véritable argument de vente pour nous» martèle Laëtitia. 80 % des acheteurs sont agriculteurs. Mais la marque attire aussi les touristes, l’été, qui repartent avec ce souvenir de vacances. Une grande majorité des ventes se fait grâce à Internet, mais aussi sur les salons. La réussite dépasse ainsi les frontières de l’Hexagone. La fierté agricole aussi, de fait : «On vend dans des pays francophones, et nos t-shirts voyagent au delà des frontières : aux États-Unis, en Russie et au Pérou ! Ça montre que le message est compris partout et qu’il dépasse la barrière des langues».

«Les paysans ont la classe et c’est l’image que je veux en donner»

Après 15 ans d’existence, l’entreprise s’attache à conserver «un esprit particulier qui colle à la marque, loin du grotesque et du tee-shirt alimentaire destiné à des magasins de farces. Mes vêtements traduisent une vision sincère d’une profession essentielle et digne. Pour moi, les paysans ont la classe et c’est l’image que je veux en donner» revendique Laëtitia. En s’adaptant constamment à l'actualité et aux évolutions sociétales, la marque se développe. Laëtitia compte désormais conquérir la Suisse et la Belgique. L'équipe Provaches prendra bientôt la route, peut-être à bord de sa vieille bétaillère, vers de nouveaux marchés, en emportant avec elle cette fierté d’appartenance à la Corrèze et une belle image de l’agriculture de chez nous.

CAROLINE FROTIN

CHAMBRE D’AGRICULTURE 19

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