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Hélismur : un Léonardo dans le ciel cantalien

L’EC 135 du Samu d’Aurillac a été remplacé la semaine dernière par un nouvel hélicoptère plus performant.

Deux hélicoptères sur une piste d'aéroport.
Le Leonardo Agusta Westland a officiellement été mis en service le 31 octobre. L’ancien appareil sera revendu par Saf pour “aller vers une flotte plus moderne”, explique le directeur de l’opérateur.
© Marie Varnieu

Il faudra s’y habituer, l’hélicoptère blanc du Samu a viré au jaune depuis vendredi 31 octobre. L’EC 135 a laissé sa place à un Leonardo Agusta Westland, livré par l’opérateur Saf hélicoptère, basé à Albertville, dont le marché avec le centre hospitalier Henri-Mondor d’Aurillac (CHHMA) a été reconduit pour les dix prochaines années. 
Sur le tarmac de l’aéroport de Tronquières, le personnel médical a pris le temps d’apprivoiser ce nouvel appareil, plus grand. À l’avant,  deux sièges pour les personnels navigants - le pilote, formé par Saf à son nouvel outil de travail, et son assistant de vol - ; à l’arrière, la place pour le patient, et maintenant trois soignants au lieu de deux avant(1). Un strapontin supplémentaire qui permet une équipe médicale renforcée et optimise ainsi la prise en charge pendant le transport. 

 


Cinq minutes de moins sur un Aurillac-Clermont 


“Le Leonardo, de fabrication italienne, est aussi plus puissant en termes de motorisation mais ne fera pas forcément plus de bruit”, détaille Jean-Nicolas Collinon, directeur de Saf hélicoptère. Concrètement, cela se traduit par un gain de temps de cinq minutes pour un vol Aurillac-Clermont, qui tangente ainsi sous la demi-heure. “C’est 30 km/h de vitesse en plus, et c’est un vrai plus sur les longues distances.” La biturbine augmente également la puissance de l’appareil, qui pourra adopter un profil de décollage plus vertical.
Le confort des passagers a également été amélioré, avec la climatisation de la cabine et un rotor dit plus souple, pour une meilleure stabilité en vol. Autre point fort : des vitres plus larges sur le côté, pour éviter de rentrer le patient par l’arrière. Le pilotage automatique quatre axes va permettre au pilote de se concentrer sur l’environnement de bord, et il sera désormais doté de jumelles à vision nocturne (JVN). Car même si l’Hélismur ne vole pas de nuit (dernier décollage à 20 heures l’hiver, 21 heures l’été), la visibilité devient vite mauvaise avec des jours qui raccourcissent en cette période... 


Des travaux sur l’hélisurface


Ce nouvel appareil a également nécessité des travaux de mise en conformité sur l’hélisurface de l’hôpital, toujours en cours, avec l’assistance du bureau d’études Pelagos Aéro. Une hélisurface qui deviendra, à terme, une hélistation soumise à un arrêté préfectoral de création, homologuée pour un vol à vue (VFR). Cette surface d’atterrissage et de décollage, située au sein de l’hôpital, sera équipée d’un éclairage et d’un balisage neufs, permettant une utilisation nocturne. En plus de l’installation d’une nouvelle aérobulle qui protègera l’aéronef, un poste carburant sera installé, afin d’éviter les allers-retours à l’aéroport pour le ravitaillement, qui se fera moins souvent puisque l’autonomie a également été améliorée, passant d’une heure environ à 1 h 45 de temps de vol. De quoi permettre d’enchaîner plusieurs missions en secours primaires(2). Un vrai confort de travail et une empreinte carbone diminuée, se satisfait Jean-Nicolas Collinon : “Nous avons 22 bases en France et beaucoup pleurent pour avoir, comme à Aurillac, une bulle et du kérozène sur place.”
L’arrivée du Leonardo à Aurillac va de pair avec le même équipement fourni aux CHU de Clermont-Ferrand et de Saint-Étienne dans le cadre d’un “achat groupé”, explique Séverine Morin, directrice adjointe du centre hospitalier. Cette interadaptabilité facilitera notamment le remplacement des appareils, en cas de maintenance par exemple.
“Notre territoire compte deux spécificités : il est isolé et montagneux. Et le centre hospitalier Henri-Mondor est l’un des établissements en France le plus éloigné de son centre hospitalier de référence, qui est Clermont, rappelle la directrice adjointe. L’hélicoptère fait partie des moyens de locomotion du service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) et sans lui, aller à Clermont par la route prend 2 h 30. Ce qui constitue une perte de chance pour les patients cantaliens.” C’est dire l’importance de cet Hélismur disponible toute l’année, 12 heures sur 24 et sept jours sur sept, qui, en 2024, a réalisé  378 sorties et 359 heures de vol.        

(1) Ou avec une couveuse si nécessaire.
(2) Mission primaire : intervention sur des lieux d’accidents ou auprès de patients en urgence vitale (174 réalisées en 2024) ; mission secondaire : transfert vers des CHU (204 en 2024).

 

 

 

L’opérateur Saf met à disposition de l’hôpital d’Aurillac trois pilotes et trois assistants de vol et assure la maintenance de l’appareil toutes les 200 heures de vol environ.

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