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Innovation
Haies solaires : une première en France !

Le vendredi 14 octobre, Engie Green et l’INRAe inauguraient le projet Camelia, un démonstrateur agrivoltaïque
installé à Laqueuille (63) ayant pour vocation de tester pendant 3 ans des haies solaires dans des prairies d’élevage.

 

  

Haies solaires
Installée à seulement 3 km du site, la laiterie de Laqueuille récupèrera 100 mégawatts par an grâce au prototype
© Léa Durif

Dans le contexte de la transition énergétique, Engie Green, acteur de référence des énergies renouvelables en France, explore les possibilités offertes par l’agrivoltaïsme. Depuis un an, le groupe travaille avec l’Herbipôle de l'INRAe (unité qui rassemble les installations expérimentales de ruminants en AuRA) qui a accepté d’installer sur une de ses parcelles un démonstrateur inédit en France : 9 haies composées de 252 panneaux solaires verticaux dans des prairies d’élevage bovin. Durant trois ans, les deux groupes pourront vérifier leurs prédictions concernant la production électrique et les impacts environnemental, agronomique et zootechnique de l'installation.

Éviter les pénuries de fourrages

L’INRAe étudiera l’impact de l’installation sur les prairies permanentes en termes de qualité de l’air, de tassement des sols (dû au chantier), de végétation et de comportement animal.
Pour Catherine Picon-Cochard, directrice de recherche à l’Institut, « l’intérêt de ce projet photovoltaïque réside dans sa capacité à pallier au manque de fourrage en été et à atténuer les effets de la sécheresse ».
En plus de créer une ombre favorable à l'enherbement et aux bêtes, la position verticale des panneaux arrangés en haies permet le passage des machines agricoles. Deux écartements sont testés : l’un de 12 m et l’autre de 18 m.
À terme, un seul écartement sera choisi pour être dupliqué sur les exploitations qui souhaiteront mettre en place ce système. « Chaque projet photovoltaïque doit être adapté au contexte agricole auquel il s’adosse » explique Aline Chapulliot, responsable du service nouvelles offres chez Engie, qui évoque une forte demande émanant des exploitants. Ce qui motive les agriculteurs selon la responsable, c'est la recherche de moyens pour lutter contre les aléas climatiques, valoriser leurs terrains et créer de nouveaux revenus.
Si l’installation de panneaux solaires en position verticale peut paraître contre-intuitive, Aline Chapulliot annonce un écart de production électrique minime (5 à 10% en moins) par rapport aux panneaux inclinés classiques, grâce à l’utilisation de panneaux bifaciaux (sensibles sur les deux faces). Leur orientation est-ouest leur permet de recevoir la lumière du matin et du soir, contrairement aux panneaux solaires inclinés majoritairement exposés en milieu de journée. « On fait souvent le reproche au solaire de tout envoyer au même moment sur le réseau. L’enjeu est d’injecter un nouveau profil de production, complémentaire » explique Aline Chapulliot. L’équipe technique d’Engie aura 3 ans pour apporter des ajustements à l'installation afin d'optimiser la réception de la lumière en fonction des observations réalisées sur le terrain. Au total, les haies devraient produire 100 kW/an (l’équivalent de la consommation électrique de 25 foyers moyens sur un an).

L’altitude, propice au solaire

Pour qu’un panneau solaire produise de l’électricité, seule la lumière compte. Paradoxalement, plus la chaleur est élevée, moins le panneau produira d'électricité. Avec ses températures modérées en été, la montagne représente donc un terrain favorable à l’implantation de projets photovoltaïques. C’est pourquoi le site de Laqueuille, situé à 1 000 mètres d’altitude, est particulièrement adapté pour le démonstrateur.

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