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Grottes aménagées : la nature privatisée

Avec une centaine de cavités aménagées, le tourisme sous-terrain français compte parmi les premiers d’Europe. En Lozère plusieurs sites remarquables sont gérés par des privés devant jongler entre exploitation et conservation.

Inquiétants chez Dante, mystérieux chez Jules Verne, les grottes, gouffres et abîmes inspirent le respect.
Inquiétants chez Dante, mystérieux chez Jules Verne, les grottes, gouffres et abîmes inspirent le respect.
© Sabrina Khenfer

Ploc ! Ploc ! Pendant des centaines de milliers d’années la nature a joué les architectes de génie, faisant naître stalactites, stalagmites, colonnes et draperies précieuses. En la matière, la Lozère compte plusieurs sites d’exception : l’aven Armand, l’abîme de Bramabiau ou la grotte de Dargilan. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre au cours d’une visite mon guide déclarer : « Nous sommes sur un site privé. Si mes patrons décident de faire une boîte de nuit, ils le peuvent ! » Comment ? Ainsi ce milieu délicat serait à la merci de toutes les lubies ? Une chose est sûre, c’est qu’en France une majorité des cavités touristiques appartiennent à des particuliers, en vertu de l’article 552 du Code civil qui stipule que « la propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous ». Autrement dit, si vous possédez un terrain, vous appartient tout ce qui se trouve en dessous jusqu’au centre de la Terre. Du coup cette boîte de nuit ? « Impossible, tranche Alain Français, président de l’Anecat*. La majorité des cavités aménagées sont des sites classés, donc protégés. Chaque projet est soumis à une autorisation préfectorale ou ministérielle. On ne fait pas n’importe quoi ! »
Des sites classés pas comme les autres
Marisol Escudero est inspectrice des sites classés au sein de la Dreal**. Elle précise que des autorisations sont obligatoires dès lors que des travaux importants (élargissement, nouveau passage…) risquent de modifier l’état des lieux de la grotte, « c’est-à-dire son caractère pittoresque. Une boîte de nuit c’est la destruction des concrétions qui lui donnent ce côté unique. Je rendrais donc un avis défavorable. » Peu de chances, donc, de voir un DJ mixer au sommet d’une méduse de calcite, même si certains évènements sont parfois autorisés, comme des concerts à l’aven Armand.

* Association nationale des exploitants des cavernes aménagées pour le tourisme
** Direction régionale environnement aménagement logement

La suite dans le Réveil Lozère, page 7, édition du 1er décembre 2016, numéro 1386.

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