Grégory Fabro, simple comme un coup de fil !
Rugby - Pilier du Stade aurillacois (2014-2020) et originaire de l'Isère, Grégory Fabro a fait le choix de rester dans le Cantal où il gère désormais un portefeuille clients pour le compte d’un fournisseur téléphonique.
Rugby - Pilier du Stade aurillacois (2014-2020) et originaire de l'Isère, Grégory Fabro a fait le choix de rester dans le Cantal où il gère désormais un portefeuille clients pour le compte d’un fournisseur téléphonique.
L'arrivée au Stade aurillacois
Il est arrivé dans le Cantal en 2014, avec sa compagne, en provenance de Grenoble. Après six années passées en rouge et bleu, Grégory Fabro a fait un choix de vie, celui de rester dans le pays vert en y fondant une famille dans un premier temps, en y travaillant ensuite. “C’est Jeremy Davidson qui m’avait recruté et Alice, ma compagne, m’a suivi. Au début, elle m’a dit mais qu’est-ce qu’on va foutre là-bas ?, rigole-t-il. J’avais besoin de temps de jeu que je n’avais plus à Grenoble et le projet de jeu d’Aurillac était plaisant.”
“Je voulais sortir de ma zone de confort”
Pilier champion de France de Pro D2 en 2012 avec les Isérois, Grégory Fabro touche également au Top 14, à la coupe d’Europe même, avant de voir sa feuille de route sportive ralentie. À Aurillac, il revit. “Quand j’arrive ici, j’ai
28 ans, je n’avais jamais bougé de chez moi, donc je voulais aussi voir autre chose, se souvient-il. Je voulais sortir de ma zone de confort. J’arrivais également avec un nouveau statut et donc la quasi certitude de pouvoir jouer. De plus, les bons rapports avec Jeremy et Thierry Peuchlestrade, c’était top.” De plus, dans sa manière de concevoir les choses, Grégory Fabro accorde beaucoup d’importance à l’aspect humain, l’amitié.
J’avais envie de retrouver un club avec des valeurs familiales. Et quand je suis arrivé, j’ai eu l’impression de trouver une bande de copains. J’ai été bien intégré et je me suis dit : mais c’est ça le rugby de copains. On n’était peut-être pas les meilleurs sur un terrain, mais on avait créé une cohésion de fou !”
Quand il évoque le sujet, tout s’illumine chez Grégory Fabro. D’ailleurs, ceux qui le connaissent savent à quel point le sourire et la bonne humeur font partie intégrante de sa vie, même s’il regrette bien sûr sa blessure au genou (en avril 2016) peu avant la finale face à Bayonne.
Un changement de rythme “très très raide”
Des regrets sportifs, “mais sûrement pas de mon choix d’être venu ici. On y est très bien, la preuve !” En 2016, Grégory prolonge pour quatre ans avec le Stade aurillacois “et du coup, on a décidé de faire construire à Naucelles (...) La vie ici n’est pas chère. Pour le prix d’un appartement à Grenoble, tu as une maison. Donc, c’était logique. Et puis arrivent les garçons (ses fils).” Conjuguer rééducation du genou (dont il vient d’être opéré) et enfant en bas-âge, les premières semaines sont délicates. Il vient d’avoir 30 ans et les dernières années de contrat sont compliquées avec un genou devenu fragile puis un Covid qui n’arrange rien. Peu avant la fin de son contrat, il s’adresse à Provale, le syndicat des joueurs de rugby : “Je passe un bilan de compétences. J’avais déjà des diplômes de BEP et Bac Pro comptabilité et je voulais savoir vers où, vers quels domaines je pouvais m’orienter.” Ce qui ressort de ce bilan : la logistique et le commerce.
OcciCom, l'opportunité payante
Grégory n’est pas homme à se reposer sur ses lauriers et fait savoir aux clubs amateurs qu’il s’engagera chez celui qui pourrait lui offrir un travail, tout en proposant ses services pour encadrer les jeunes dans le rugby. Le club de Decazeville tape à la porte et le met en contact avec OcciCom, basée à Rodez. “À la base, il ne cherchait pas quelqu’un sur le Cantal. Mais l’opportunité s’est créée.” Lui n’y connaît rien au commerce, rien aux télécom, mais sa détermination et sa personnalité convainquent le patron et réciproquement. Un pari dingue quand il y repense.
Quand j’entre dans la boîte en décembre 2020, on est 13 dans la structure. Cela a été vraiment dur au début car entre la formation et les entraînements, les journées étaient bien remplies. Le changement de vie est très très raide”, s’amuse-t-il aujourd’hui. Pas de quoi lui faire peur, d’autant plus que le poste de commercial vient de se libérer. J’ai commencé à travailler de chez moi et, par la suite, on a pris des bureaux sur le site de Tronquières, à Aurillac.”
Conscient de la chance d’avoir eu un patron qui croit en lui, Grégory Fabro lui en est reconnaissant. OcciCom est un opérateur téléphonique implanté dans le Tarn, le Tarn-et-Garonne, l’Aveyron, la Corrèze, la Lozère, le Lot et donc le Cantal. “Un véritable partenaire de proximité, appuie Grégory Fabro, qui accompagne au quotidien les entreprises et les collectivités.” C’est d’ailleurs cette proximité qui semble faire la force d’OcciCom, dans un secteur pourtant très concurrentiel de solutions en téléphonie fixe, mobile et Internet.
De 10 à 250 clients
Aujourd’hui, il est fier de faire partie des 25 salariés de cette entreprise et d’avoir à sa charge le Cantal, mais aussi le Lot et une partie de l’Aveyron également. De dix clients en 2020, il s’occupe désormais de 130 entreprises, collectivités et associations pour le Cantal, à l’image d’un Stade aurillacois dont il a récupéré la téléphonie, mais dont il est également partenaire depuis quatre ans(1). Plus globalement, son portefeuille est de 250 clients !
Dans son nouveau job, l’ancien pilier est heureux de convaincre “les gens de changer d’opérateur car c’est loin d’être évident. Il faut faire pas mal de prospections, rencontrer les bonnes personnes, arriver au bon moment... Et puis je n’oublie pas que j’engage aussi ma crédibilité et celle de l’entreprise”. Et d’appuyer : “J’ai retrouvé dans l’entreprise les mêmes valeurs que j’avais au rugby. Sans mes techniciens je ne fais rien ; sans mes ADV (administration des ventes) je ne fais rien ; sans mes patrons je ne fais rien...” Visiblement, Grégory Fabro a parfaitement relevé le défi de sa reconversion, s’épanouissant dans son boulot comme dans sa vie privée.
“Aujourd’hui, on a un cadre de vie incroyable. Bien sûr qu’on s’est posé la question, en 2020, de rentrer ou pas à Grenoble, vu ce qu’il s’y passe. Aujourd’hui, on a ici une tranquillité de vie. Les gens ne se rendent pas compte de la chance qu’on a ! Je pense qu’il faut avoir vécu ailleurs pour s’en rendre compte. Oui il n’y a pas d’autoroutes, et alors ?”
Toujours en relation avec ses anciens coéquipiers, il aime à se retrouver avec eux, tout comme il apprécie amener son “grand” au rugby, au Saca, le “petit” au foot à l’US Vallée de l’Authre. “Tous les samedis on est pris, on ne se refuse rien. Pour moi, ma vie est accomplie. Même si demain j’ai une opportunité ailleurs, je ne quitterai pas ce que j’ai réalisé ici.”
(1) Le partenariat est aussi quelque chose que Grégory Fabro a beaucoup développer dans le Cantal, notamment avec d’autres clubs de rugby comme Arpajon ou encore Saint-Simon.