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Santé animale
Grasl : une situation sanitaire préoccupante

Deux mille neuf : une année éprouvante pour l'agriculture avec, pour fait marquant, l'effondrement des revenus des éleveurs. Un effondrement qui n'est pas sans conséquences.

Le Groupement régional d'action sanitaire du Limousin (Grasl) s'est fait l'écho de ces difficultés lors de son assemblée générale du 30 juin dernier. Ainsi que l'ont rappelé le président et le directeur du Grasl, c'est dans une grande incertitude économique et sanitaire qu'a débuté l'année 2010. Etats généraux du sanitaire, réforme des services publics, baisse généralisée des aides, comment maintenir le cap dans ce contexte ? Pourtant, aujourd'hui plus que jamais, une présence accrue sur le terrain apparaît incontournable si l'on considère la recrudescence de certaines pathologies : diarrhée virale bovine (BVD), affections néo-natales, etc. Cette montée en flèche est à relier sans équivoque possible au recul des actions de prévention et d'insémination artificielle réalisées sur les cheptels, recul lui-même lié à la situation financière des éleveurs. L'impasse faite sur la prévention n'a donc pas tardée à être suivie d'effets. Des carences en minéraux, une flambée du parasitisme, une réapparition de la gale chez les ovins ont notamment été observées. Des cas de tuberculose, maladie théoriquement éradiquée, ont également été recensés. Face à ces problèmes, une seule conduite à tenir pour le Grasl : ne pas faire l'impasse sur la prévention. Le bilan sanitaire et le protocole de soins que le vétérinaire traitant peut établir sont également des outils à ne pas négliger.

 

Une vigilance accrue

Si certaines pathologies sont en augmentation, de nouvelles maladies contagieuses font aussi leur apparition. Lors de l'assemblée générale, l'accent a notamment été mis sur la maladie de Lyme. Causée par une bactérie spirochète, transmise aux hommes et aux animaux par les tiques, la maladie est à l'origine de troubles locomoteurs, cardiaques, neurologiques, etc. En l'absence de vaccin, les traitements antiparasitaires sont de mise. Autre sujet de préoccupation et de vigilance pour le Grasl : l'épidémie de fièvre Q qui sévit aux Pays-Bas. Transmissible à l'homme, 6 cas mortels ont été relevés en 2009.

 

Sur un plan plus positif, les travaux les plus récents sur la génomique ont été abordés. Concernant le programme Qualvigène, initié en 2002 sur les races limousine, charolaise et blonde d'Aquitaine et après une période de recueil d'information et de constitution de bases de données ADN, la recherche se poursuit sur les aptitudes bouchères. Des études sont également menées sur les qualités maternelles. Des travaux à suivre de près pour le Grasl. Georges Biron, précise : « Nous devrons être au rendez-vous lors de la diffusion de ces outils pour pouvoir apporter un service de qualité à nos éleveurs ».

 

L'ensemble des évènements survenus durant les derniers mois conforte la nécessité d'une structure telle que le Grasl qui « demeure un des éléments essentiels de la stratégie sanitaire » a indiqué Georges Biron. Président et directeur ont par ailleurs réaffirmé la détermination de l'organisation à poursuivre ses missions ainsi que la nécessité d'une veille sanitaire active de la part de l'Etat, clé de voute d'un système sanitaire efficace.

Des programmes menés hardiment

 

En 2009, plusieurs programmes d'action régionaux ont été menés. En 2008-2009, 546 élevages ont été contrôlés dans le cadre du programme d'éradication du varron avec un résultat négatif. Au 31 décembre 2009, 7 933 cheptels étaient engagés dans le programme régional IBR (Rhino-trachéite infectieuse bovine) soit un recul de 3 %. Parmi eux, 79 % étaient indemnes. Enfin, 1 412 élevages étaient engagés cette année dans le programme sur la paratuberculose bovine. Une amélioration de la qualité sanitaire de ces cheptels a été observée. Concernant le Plan sanitaire d’élevage (PSE), une baisse de 12 % du montant des prescriptions a été observée ainsi qu'une diminution des prescriptions de plus de 16 %. Même chose pour le nombre d'adhérents : - 7 %. Le prix moyen de l'ordonnance délivrée s'élève à 142 euros. La consommation d'antiparasitaires est en baisse.

P. Dumont

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