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Grand cormoran : l'oiseau marin d'eau douce qui attise la colère des pêcheurs

Après une réintroduction réussie dans les années 2000, la multiplication du nombre de grands cormorans fait craindre aux pêcheurs un assèchement du nombre de poissons, alors que l'État interdit désormais toute mesure de régulation dans le département.

Après une réintroduction réussie dans les années 2000, la multiplication du nombre de grands cormorans fait craindre aux pêcheurs un assèchement du nombre de poissons, alors que l'État interdit désormais toute mesure de régulation dans le département.
Après une réintroduction réussie dans les années 2000, la multiplication du nombre de grands cormorans fait craindre aux pêcheurs un assèchement du nombre de poissons, alors que l'État interdit désormais toute mesure de régulation dans le département.
© Lukasz Kobus - EC

Qui viendra leur voler dans les plumes ? Avec plus de 100 000 oiseaux dans le pays, les grands cormorans, espèce en voie d'extinction il y a un demi-siècle, se portent aujourd'hui bien. De son petit nom Phalacrocorax carbo sinensis, le grand cormoran terrestre, sous-espèce de cet animal protégé au niveau européen depuis 2009 ne fait plus l'objet que d'une préoccupation mineure à l'échelle mondiale. À la fois espèce typique des côtes mais aussi de rivières et d'eau douce, son arrivée en Lozère date du début des années 2000, mais pose de véritables conflits avec les usagers des rivières, d'autant plus depuis la décision de l'État de restreindre à l'échelle nationale les conditions de tir.

Des années de contentieux en justice
Cette décision fait suite à une multitude de recours devant les tribunaux. Chaque année, les arrêtés de dérogation, pris par les préfets départementaux, étaient attaqués par certaines associations environnementales. En septembre 2022, pour en finir avec ces contentieux à répétition, les ministres de l'agriculture et de la transition écologique ont pris un arrêté commun limitant les tirs de prélèvements aux zones de piscicultures. Arrêté aussitôt contesté par la fédération nationale de pêche jusqu'à la décision finale du Conseil d'État qui est tombée en novembre 2022. Sa conclusion : il n'y a pas de preuve que le grand cormoran participait à la mise en danger de certaines espèces de poissons, rejet des griefs des pêcheurs. Un contresens pour Didier Persegol : « On veillait à ce qu'ils ne s'installent pas en tête du bassin-versant et restent en aval, plus près du littoral » raconte cet ancien garde de pêche et régulateur pendant 15 ans, aujourd'hui en charge du dossier à la fédération de pêche de Lozère. Cette dernière a lancé en janvier dernier une pétition en ligne pour protester contre cette interdiction, recueillant près de 1 800 signatures à ce jour.
Si pour l'heure, le grand cormoran ne niche pas en Lozère, l'oiseau remonte bien les cours d'eau de septembre à avril pour hiverner et se nourrir abondamment de 500 à 750 grammes de poissons par oiseau par jour. « Quand le grand cormoran arrive, c'est quatre à cinq ans de travail de conservation de la ressource qui disparaît en quelques minutes » déplore celui qui est aussi responsable de l'association locale (APPMA) des gorges du Tarn et vice-président de la fédération de pêche de Lozère. Premières victimes : les vandoises, un poisson d'eau douce qui « ne peut pas se défendre », puis viennent les truites, consommées en pleine en période de reproduction.

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