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Gestion durable : la haie, un outil agricole à valoriser

L’association Symbiose Allier a convié, mercredi 18 février, agriculteurs et collectivités locales à un atelier Haies qui s’est déroulé sur l’exploitation de François Giraud, à Besson. L’objectif : la valorisation économique des haies, afin de sensibiliser à la gestion durable du bocage.

Depuis 2022, Maxime Durieu est chargé de mission à Symbiose Allier, association qui accompagne les agriculteurs dans la valorisation de la biodiversité et des infrastructures agroécologiques

À Besson, sur l’exploitation de François Giraud, une journée technique était consacrée aux haies et à la production de plaquettes bocagères

« La plaquette, c’est le produit de la haie, les arbres et arbustes coupés puis broyés par la déchiqueteuse, qui peuvent ensuite servir à chauffer une maison, une commune ou être utilisés en litière dans les bâtiments d’élevage », explique-t-il.

Dans un département comme l’Allier, riche en linéaires, l’enjeu est de mieux organiser l’entretien pour réduire les coûts et créer de la valeur.

« À Symbiose Allier, nous voyons la haie avant tout comme un outil agricole : brise-vent, abri pour les animaux, ressource énergétique, avec un cycle complet de la plantation à la repousse, afin qu’elle soit perçue comme un atout plutôt qu’une contrainte réglementaire. »

 

 

Une approche globale

Président de l’association depuis 2021, Christophe Pignot défend une approche globale : « notre objet, c’est d’identifier toutes les pratiques permettant d’avancer vers une meilleure prise en compte des questions environnementales, tout en combinant production et respect des écosystèmes ». 

Portée par des organisations professionnelles du territoire, Symbiose Allier mise sur la diffusion de références scientifiques et techniques pour encourager les agriculteurs à s’emparer des leviers agro-environnementaux.

 « Nos partenaires sont fidèles, et même si nous espérons toujours davantage d’agriculteurs, la participation est satisfaisante. »

Participante à l’atelier, Christine Deffner, exploitante en fourrage bio à Le Brethon, est aussi élue municipale : « je m’intéresse aux haies car sur la commune, nous broyons beaucoup et les fosses sont remplies de matières organiques ; nous cherchons un système pour valoriser ces déchets. »

 

 

De la contrainte à la ressource économique

Sur son exploitation très boisée (11,5 hectares de haies et bosquets), François Giraud valorise le bois depuis 2014. 

« Nous avons décidé de valoriser les arbres morts, l’élagage et la coupe des haies, notamment pour alimenter notre chaudière à plaquettes et celle de la commune de Besson. » 

Chaque année, 250 à 300 m³ sont produits : 40 m³ pour le chauffage familial, 200 à 220 m³ pour les bâtiments communaux, et 20 à 30 m³ pour la litière. 

La plaquette est vendue 30 € le m³ ; le déchiquetage, réalisé par la CUMA, représente environ 1 800 € HT pour 250 m³. 

« Ce chantier s’anticipe sur toute une année : tas accessibles, bois sain, puis déchiquetage en une journée. »

Référent Auvergne à la Mission Haies à la Région Auvergne Rhône-Alpes, Pierre Bordage rappelle l’évolution des pratiques : « les haies taillées au carré ne servent plus à grand-chose, à part faire barrière pour les animaux et tenir un vieux barbelé ». 

Il plaide pour une gestion en rotation, avec des haies d’âges variés, certaines maintenues basses pour la visibilité, d’autres laissées en hauteur pour le brise-vent et l’ombrage. 

« Bien gérer ses haies, c’est valoriser quelque chose qui aujourd’hui vous coûte du temps et de l’argent. » 

Une logique que Symbiose Allier et ses partenaires accompagnent par du conseil et des financements à la plantation, afin de faire du bocage un véritable levier agronomique et économique.

 

Lire aussi : INRAE et changement climatique : anticiper les impacts sur l’agriculture

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