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Gestion des intercultures : et si on parlait de la gestion des repousses de colza ?

Au vu du climat de l’été, faut-il adapter sa gestion des repousses ?

 

Favoriser les repousses

Les repousses de colza sont une interculture bon marché et très efficace pour piéger les nitrates. Un déchaumage superficiel, aussitôt la récolte effectuée, favorise la levée des graines de colza tombées au sol.

Au bout d’un mois, les repousses peuvent avoir piégé entre 10 et plus de 100 unités d’azote, tout cela est fonction du reliquat post-récolte et du climat, favorable ou non au développement des repousses.

 

 

Un bon garde-manger pour les bioagresseurs et une technique d’évitement

À la suite du développement de la résistance des bioagresseurs d’automne, notamment grosses altises, et au retrait du phosmet, de nombreuses pistes alternatives ont été testées. 

L'une d'entre elles est très simple à mettre en place à l’échelle du territoire et mérite de retenir l’attention : garder les repousses de colza en place jusqu’à ce que les semis des nouveaux colzas aient atteint le stade "4 feuilles". En effet, à partir de ce stade, la plante sera suffisamment développée pour lui permettre d’éviter d’être détruite par les altises. 

Le risque larve sera alors géré en fonction du risque agronomique (notamment biomasse) à l’automne.

 

 

Quelques situations méritent d’intervenir

Il faut limiter le risque de colmatage dans les parcelles drainées en détruisant les chaumes qui repartent en végétation.

Les repousses de colzas levées après un déchaumage, détruites dans un laps de temps raisonnable, ne peuvent pas atteindre la profondeur des drains (80 cm en moyenne), surtout lors d’étés secs comme cette année où la biomasse produite est limitée par le manque d’eau.

A contrario, les pieds de colza encore verts après récolte, qui peuvent redémarrer et émettre de nouvelles feuilles, constituent un facteur de risque supplémentaire car la croissance racinaire se poursuit dans la continuité du chevelu racinaire existant. 

Cela contribue potentiellement à accroître la biomasse racinaire dans les drains. Sur les parcelles drainées, la destruction des chaumes reparties en végétation juste après la récolte par un déchaumage superficiel est donc conseillée.

En présence d’ambroisie à feuille d’armoise, qui fait l’objet d’un arrêté préfectoral de lutte obligatoire, la destruction des repousses peut s’avérer nécessaire.

 

 

Apparition d'un nouvel insecte

Depuis une quinzaine de jours, un nouvel insecte fait son apparition : mais de qui s’agit-il exactement et quels sont les risques ?

De nombreux agriculteurs ou riverains des bassins de Gannat, Saint-Pourçain-sur-Sioule et Vichy, installés aux abords de parcelles de colza, nous ont remonté des cas de pullulation de punaises.

Quelques cas dans le sud du département, mais pas dans les mêmes proportions, nous avaient déjà été signalés lors des étés 2019 et 2020, déjà très secs et chauds.

Il s’agit de Nysius cymoides, communément appelée « fausse punaise des céréales ».

Ces punaises polyphages cherchent des sources de nourriture et s’attaquent non seulement au colza, mais également à d’autres espèces végétales comme des céréales, des légumineuses voire des parcelles de maraîchage… 

La destruction de repousses de colza ou l’absence de repousses de colza dues à la sécheresse déclenchent le déplacement des populations à la recherche de nourriture et de fraîcheur.

Ce phénomène de pullulation temporaire est favorisé par les conditions sèches et chaudes de ces dernières semaines.

Il est à noter que cet insecte est inoffensif pour l’homme. Les conditions chaudes et sèches actuelles n’étant pas favorables aux semis et/ou à la levée du colza, les punaises n’ont donc pas, pour l’instant, d’effet direct sur les grandes cultures mais plutôt chez les particuliers (qui voient leurs terrasses, murs et fenêtres envahis).

En cas de colza levé, aucune spécialité n'est homologuée contre cet insecte, qui n’est pas classé « officiellement » en France parmi les ravageurs du colza. Les traitements testés par Terres Inovia semblent peu efficaces, quelle que soit la famille insecticide choisie. Seul un retour des pluies calme le phénomène en permettant la dispersion des larves, les insectes disparaissant alors généralement au bout d’une dizaine de jours.

Espérons donc une baisse des températures et un retour des pluies afin de réguler le phénomène et semer les parcelles de colza sereinement…

En attendant, le mieux est de laisser les repousses de colza en place pour fixer l’ensemble des insectes susceptibles de s’attaquer aux futurs semis.

 

Lire aussi : Connaissez-vous les punaises des champs ?

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