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Garantir la qualité avec le label rouge « Agneau du Bourbonnais »

L’Association pour la Défense de l’Élevage Traditionnel en Bourbonnais (ADET) commercialise chaque année près de 12 000 agneaux issus de 117 élevages ovins sous le label « Agneau du Bourbonnais ».

© AA03

Agé de trente ans, Charles Thuard a décidé de reprendre l’exploitation familiale développée par ses parents, en mai dernier, suite à leurs départs en retraite. Le domaine de la Palisserie est situé sur la commune de Franchesse. Il s’étend sur une SAU de 84 hectares de prairies dont huit hectares de céréales afin de répondre aux besoins du troupeau composé de 450 brebis de race Ile-de-France et de 32 vaches de race charolaise.
Avant de s’installer, Charles a obtenu un BTS Acse au lycée agricole du Bourbonnais, à Neuvy. Il a ensuite travaillé pendant sept années au sein des équipes de Sicaba, à Bourbon-l’Archambault, en tant que bouvier et classificateur de carcasses. Une solide expérience formatrice au cœur de la filière agroalimentaire avant de devenir éleveur.
Si, dans l’immédiat, Charles Thuard, souhaite, tout simplement continuer le travail accompli par ses parents en faisant vivre la structure agricole dont il est désormais à la tête, il s’est investi auprès de l’Adet avec laquelle il produit sur son exploitation l’agneau label rouge du Bourbonnais :
« L’ensemble des moutons, qu’il s’agisse d’agneaux ou de brebis, est commercialisé par Sicaba. Une véritable liaison de confiance s’est établie avec eux. Depuis j’ai même rejoint le Conseil d’administration de l’Adet ».

Un label lié à un IGP
Outre son parcours professionnel, Charles est épaulé par Olivier Melloux, responsable technique à Sicaba et également administrateur de l’Adet. Il nous explique tout l’intérêt de ce label : « Le label rouge « Agneau du Bourbonnais » a été créé en 1990. Il est lié à un IGP depuis 1996. Les spécificités du cahier des charges sont liées à l’origine géographique de la production auxquelles s’ajoutent les conditions du label rouge, notamment celles de la race herbagère qui sont au nombre de cinq (Texel, Charollais, Suffolk, Ile-de-France et charmoise) ainsi que leur croisement. Sont également prises en compte des spécificités en élevage garantissant des qualités bouchères supérieures (poids, âge, conformation, état d’engraissement) et des produits homogènes ».
En amont, côté élevage, ce sont les aspects raciaux, la reproduction et l’alimentation du troupeau qui doivent être respectés. Les précisions de Charles Thuard : « Les OGM sont strictement interdits dans la composition des aliments. Les fournisseurs doivent obligatoirement être référencés ». Olivier Melloux complétant : « Des conditions qui répondent au niveau de la conformation E.U.R. avec un état d’engraissement 2 et 3 et un poids de 14 à 23kg. Un cahier des charges label rouge qui impose des agneaux de 80 à 210 jours avec une possibilité de labéliser jusqu’à 240 jours pendant trois mois de l’année du 15 octobre au 15 janvier. Sur l’IGP, on a  la spécificité de 90 à 210 jours. On peut ainsi avoir des agneaux qui sont label rouge et non IGP ».

De nombreux contrôles
Les Organisations de producteurs réalisent un contrôle par an sur les exploitations et l’Organisme Certificateur (Certipaq) contrôle chaque année une partie des exploitations ainsi que les OP, l’Adet, l’abattoir, les points de vente et les fournisseurs d’aliments habilités.
En 2019, ce sont environ
12 000 agneaux labélisés issus de
117 exploitations en contrat label rouge qui ont été commercialisés par Sicaba. Des adhérents principalement situés en Allier et dans des cantons limitrophes des départements voisins comme le précise Olivier Melloux : « Les éleveurs livrent eux-mêmes les animaux à l’abattoir de Bourbon-l’Archambault, seul abattoir agréé pour le label agneaux du Bourbonnais ». Un label qui suit une évolution favorable ces dernières années, avec, tout de même, une nouvelle tendance liée au marché : « le nombre d’agneaux labélisés n’a fait qu’augmenter depuis sa création. Nous constatons cependant que le nombre d’éleveurs ovins a tendance à diminuer dans notre région. Une situation liée à la pyramide des âges qui augmente et à la reprise ou non des exploitations. A cela s’ajoutent les évolutions climatiques qui influencent les repreneurs d’exploitations vers plus d’extensification. Nous sommes donc à la recherche d’éleveurs comme Charles Thuard pour pouvoir répondre aux besoins ». Sicaba concentrant 85% de ses éleveurs dans un rayon de trente kilomètres autour de son laboratoire de Bourbon-l’Archambault.
Répondre à la demande des consommateurs
Un label rouge répondant à une véritable demande des consommateurs. Des qualités bouchères supérieures bien sûr mais aussi en ce qui concerne le bien-être animal avec un chargement à l’hectare faible, des conditions d’accès aux bâtiments et aux pâturages favorables, une litière propre ainsi qu’une alimentation avec une eau de qualité.
Sicaba, à ce jour, c’est une cinquantaine de contrats commerciaux signés principalement avec des boucheries de détails et le secteur de la restauration.

Sébastien Joly

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